‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 30 sur 579 · LA CONSTITUTION CIVILE DE · texte numérisé non relu

LA CONSTITUTION CIVILE DE

hostiles au Saint-Siège. Jansénistes pour la plupart, ils poursuivaient en lui l'auteur responsable de la Bulle. Après avoir dépouillé le clergé, comme la noblesse, de ses privilèges religieux, politiques et sociaux, ils entreprirent de réorganiser l'Eglise de leur pays. Si les titres III et IV de la Constitution! civile du clergé présentée à la Constituante, le 29 mai 1790, par le député de Paris, Maitineau, ne contiennent aucune disposition antiromaine, on n'en saurait dire autant des titres I et II qui traitent des offices ecclésiastiques et de la nomination aux bénéfices. Comme Joseph II, les Constituants remanient les diocèses, imposent à la vie religieuse les cadres de la vie administrative et suppriment les appels à Rome; plus hardis que lui, ils font élire les curés et les évoques et interdisent soigneusement à ceux-ci de demander aucune confirmation au Pape; ils méritent les félicitations de Honthcim, qui meurt à ce moment, en pleine victoire, semble-t-il, le 2 septembre 1790, au château de Montquintin, dans le Luxembourg. Par le détachement del'épiscopat d'avec Rome, par son rattachement à l'organisme administratif français, c'est, en fin de compte, l'asservissement de l'Eglise à l'Etat, l'absorption, la nationalisation de celle-là par celui-ci. Le mouvement fébronianiste a utilisé les traditions anti-ultramontaines de la France ; il a profité des bouleversements révolutionnaires; il s'est épanoui, en France, plus librement que nulle part ailleurs. Pie VI pourtant hésite à le condamner; la crainte de perdre Avignon, qui, le 11 juin 1790, s'est donné à la France, pèse sur sa politique et l'empôche, sans doute, de proscrire la Constitution civile aussitôt qu'elle est votée, le 12 juillet suivant. Par égard pour l'Assemblée, qui, le 27 août, a ajourné la question du Comtat, il montre la môme réserve, lorsque le roi la promulgue le 24 du môme mois ; mais les catholiques de France ont déjà pris parti. Le Comité ecclésiastique a trop compté

1. Ils l'éKlaient le traitement des ministres et la loi de résidence.

Page 1