CONSÉQUENCES RELIGIEUSES DE LA RÉVOLUTION
décret du 6, d'organiser en France la liberté des cultes, elle n'en reste pas moins anticatholiqiie dans l'âme. Elle travaille h détruire par une lutte implacable les catholiques romains qui, en Vendée, identifient leur cause avec la cause royaliste; elle s'efforce d'attirer les catholiques plus tièdes dans l'Eglise constitutionnelle, pour les soustraire ainsi à l'influence de Rome; enfin elle acclame le déisme, dans les discours de Robespierre et le consacre, comme la religion officiolh^ de la France, dans la Fête fameuse offerte à l'Etre suprême, le 7 mai 1794.
Proscrits, divisés, débandés, les catholiques ne se trouvent donc pas en posture de retenir les gouvernements révolutionnaires, si ceux-ci s'avisent de s'attaquer vigoureusement à Rome. Le 14 septembre 1791, on proclame l'annexion à la France d'Avignon et du Gomtat, où, le 2 mai, ont et éenvoyés deux commissaires pour s'assurerdes vœux réels du pays. En 1792 Anselme pense que la République peut envoyer une armée à Rome, disperser la curie, détruire la Papauté. Riron songe à débarquer 12.000 hommes à Cività Vecchia, sous la protection d'une escadre, que conduira l'amiral Truguet^ Mais on ne donne aucune suite à ces deux projets. Et cependant, en 1791, Pie VI <i refusé de recevoir M. de Ségur, nommé ambassadeur à Rome, à la place du cardinal de Bernis, qui a refusé de prêter serment. Et cependant, le 30 mai, le Pape a rappelé son nonce de Paris; et il a accueilli, au mois d'août, un Mémoire de l'abbé Maury qui deman- <lait le retour à l'ancien ordre de choses; il l'a nommé archevêque de Nicée en 1792, ambassadeur à Francfort, évêque de Montefiascone, enfin cardinal (1794). Avec l'abbé Maury, Pie VI a encore accueilli les tantes du roi, M™"' Adélaïde et Victoire, ainsi que nombre de prêtres et d'émigrés français.
Un grave incident, survenu en 1793, a fourni un nouveau grief au cabinet de Paris. Comme les consuls fran-