ASSASSINAT DE BASSEVILLE
çais do Rome, d'Ancôrie et deCività Vecchia^ veulent arborer les emblèmes de la République à la place des lys d'or de la monarchie, le Pape adresse au consul de Rome un Mémoire où il proteste qu'il ne reconnaît pas la République française et qu'il ne permettra pas qu'on en arbore les armes dans ses Etats. Le Consul envoie le mémoire à Paris et informe du fait l'ambassadeur de France à Naples, Mackau. La réponse de celui-ci arrive quatre jours après : injonction est signifiée au cardinal Zelada de laisser arborer, dans les vingt-quatre heures, les emblèmes républicains ;on ne !ui demande pas la reconnaissance de la République; on respecte l'autorité spirituelle du Pape ; on affirme seulement qu'il n'a pas à discuter le droit d'un peuple à changer son gouvernement national (12janvier 1793). Cette sommation est portée au Vatican par l'officier de marine La Flotte, accompagné d'Ugo Basseville, secrétaire de légation qui, malgré son caractère diplomatique, fait une ardente propagande républicaine. Il redouble d'activité et d'audace pendant qu'il attend la réponse du Saint-Père; il se réunit avec ses amis jacobins chez le banquier Moutte, et il célèbre un sacrifice en l'honneur de la Liberté. Le d3 janvier, la petite bande parcourt le Corso dans des carrosses décorés de cocardes tricolores. Le peuple murmure; on lance des pierres; le tumulte grandit, les deux Français se réfugient dans une maison oi: les assaillants les poursuivent au cri de Viva San Pietro. Basseville est frappé à mort, et La Flotte n'échappe que par miracle; la populace saccage le palais de l'Académie de France et pille quelques boutiques au Ghetto. Mais !e Pape est informé de l'émeute; il envoie aussitôt un piquet occuper le quartier juif; il mande à Basseville soigné par le jacobin Buzani son médecin Gerucico Flajani et, lorsqu'il meurt, le lendemain 14, il lui fait faire de solennelles funérailles à Saint-Laurent in Lucina. Son gouvernement n'en est pas moins compromis ;