HOSTILITÉ DU PAPE
du resto, il apaise un nouveau mouvement populaire contre les Français, au mois de février: il permet à Monti de célébrer dans la liasvilliana l'émeute sanglante du Corso. Au mois de mars, il refuse d'autoriser les prêtres à jurer suivant la nouvelle formule proposée par la Législative, le 15 août 1792, à moins que ce serment soit purement civique. Le P' avril 1794, il va plus loin et défend de jurer <( dans le doute ». Et cependant, malgré ses marques multipliées d'hostilité, malgré le meurtre d'un citoyen français revêtu d'un caractère diplomatique, la Convention reste muette : c'est le moment oii elle a sur les bras la moitié de l'Europe et la moitié de la France.
Le relèvement des catholiques coïncide à peu près avec l'invasion de l'Italie par Bonaparte, et c'est à cette coïncidence que le Pape doit son salut. La journée du 9 thermidor (27 juillet 1794), œuvre des terroristes, tourne au profit des modérés ; l'opinion publique force la main aux conventionnels. Si, le 21 décembre 1794, ils refusent à Grégoire les garanties effectives de la liberté des cultes, ils les accordent, le 21 février 1795, à la demande de Boissy-d'Anglas^ Le 30 mai, ils vont plus loin, quoique la rentrée en masse des réfractaires indispose l'opinion : sur la proposition de Lanjuinais, la Convention ordonne de restituer aux citoyens, pour les assemblées légales et les exercices du culte, les églises qui n'ont pas été aliénées. En dehors des quinze édifices que le Gouvernement leur a accordés à Paris, constitutionnels et réfractaires en occupent une trentaine d'autres : les premiers, par les Annales de la religion et la propagande des évêques réimis ont à peu près reconstitué leurs cadres ; les autres, par les Annales catholiques et les mille canaux de leur organisation secrète, se groupent, tant bien que mal, autour des vicaires généraux de leurs évoques émigrés -. Et