VICTOIRE DE CIVITA CASTELLANA
dirigent de ce côté, afin d'opérer une diversi derrières : le 30 novembre, notre bataillon est débusqué de Magliano, Macdonald est coupé de Lemoine et de Championnet. Si c'eût été Mack lui-môme avec le gros de ses forces qui eût occupé Borghetto, farmée française risquait fort d'être coupée pour toujours, successivement battue, et bientôt détruite. Par bonheur pour elle, ce n'était qu'un détachement qui lui portait ce coup dangereux. Macdonald, avec beaucoup de décision replie, sur Cività Castellana, son avant-garde, qui occupe Nepi et Uignano ; il passe le Tibre avec le gros de ses forces, se déploie dans la plaine sur la rive gauche, et le l" décembre, avant même que le jour soit levé, il lance à la baïonnette les Polonais de Kniasevitz sur les Napolitains ahuris'. Il réoccupe les marais de Magliano, qui sont vraiment la clé du passage : il y laisse cette fois non plus un bataillon, mais une demi-brigade, qu'il confie à Maurice Mathieu, demande à grands cris au général en chef d'assurer lui-même la défense de cette position capitale ; fait demi-tour et se porte au pas gymnastique sur Cività Castellana, où l'attaque napolitaine ne peut tarder.
Il était temps qu'il revînt : les villages qu'il avait évacués s'étaient joints aux rebelles, qui battaient la campagne, et Mack terminait ses dernières dispositions : Kellermann devait enlever Nepi de vive force 2, la légion polonaise prendre d'assaut Fabbrica et San Maria de Fallari avant de s'y établir"^ : Lahure seul réoccupait Rignano sans encombre, au moment où Mack concentrait ses troupes entre Monte Rosi et Baccano, en avant de l'antique cité de Veies. Le 4 décembre, la ligne française est attaquée de grand matin. Lahure, qui en commande le centre, lancé en flèche en avant des ailes, recule lentement, évacue Rignano, se replie sur Cività
1. Macdonald, à Championnet, de C. Castellana, H frimaire (C hampiom) et, 23G). Ghodzko, 11,90-91.
2.-3. Ghodzko, 11, 93. Macdonald à Championnet. 12 frimaire, de C. Castellana '' Championnet. 'JSb).
Castellana, dont il défend le pont « comme un nouveau Goclès' » ; à sa gauche, Kellermann refoule facilement les colonnes qui l'assaillent dans Nepi; à sa droite, le brave Kniasevitz, avec ses Polonais et les débris de la légion romaine, s'élance sur le centre napolitain du prince de Hesse. Un moment troublé par la brusque attaque du prince de Saxe qui débouche à l'improviste des bois de Fallari sur la gauche napolitaine, il se remet rapidement; il oppose au centre ennemi ses 1" et 3' bataillons, sous les ordres de Bialoweyski ; tandis que, avec le 2" et les Romains, il se jette sur la colonne du prince de Saxe, la rejette en désordre dans la plaine, se rabat alors sur le centre du prince de Hesse, que Bialoweyski contient toujours et le met en fuite : comme la nuit tombe, les Napolitains se retirent en désordre, poursuivis par les chasseurs du 19% que mène le chef d'escadrons Brue, « Le résultat de cette glo- « rieuse affaire est que nous avons pris 23 pièces de i( canon de tout calibre, 4.000 fusils, 8 à 900 chevaux « et mulets, nombre de drapeaux et d'étendards, la « caisse de l'armée, 52 officiers, 2.000 prisonniers, tous « les bagages... Nous n'avons eu parmi les nôtres « qu'une trentaine d'hommes de tués et le double « de blessés'. » 7.000 Français ont battu plus de 40.000 ennemis ; « la journée fait grand honneur à « Macdonald^ ».
Mack conçoit alors, un peu tard, le plan qu'il aurait dû d'abord choisir : couper Macdonald de Lemoine en occupant fortement le massif de Buono. Tandis que le prince de Saxe réorganisera sa division, si rudement bousculée par les Polonais, et tâchera de joindre la brigade de Damas, débarquée à Livourne, afin d'inquiéter, de concert avec elle, les Français dans Nepi et de les retenir dans leurs positions, lui-môme passera