LE COMTE ZELLI ET SES PRISONNIERS
surveiller et presque conduire les événements dans Viterbe insurgée. Gomme on vient de se mettre à table, le jour même de la révolte, des coups de fusil éclatent tout d'un coup aux portes de la ville : c'est le bataillon de Gività Vecchia, conduit par son chef Sancerno, qui revient sur ses pas afin de dompter les rebelles^. Voici le comte Zelli et sa famille qui tremblent à leur tour et implorent la protection de leurs hôtes. Mais le moment n'est pas encore arrivé oii elle pourra leur servir: après un combat de quatre heures, le bataillon bat en retraite sur le couvent de Gradi, et, le soir, toute la ville est illuminée en l'honneur de sainte Rose et pour la gloire de la Madone^. Un gouvernement provisoire s'organise, dès le lendemain, formé de l'archiprôtre Menicozzi, du marquis Paolo Especo^ et de Francesco Polidori délia Rocca: Giovanni Savini est nommé secrétaire, Francesco Risenzi lieutenant-criminel, Innocenzo Gaudini chancelier; mais tous subissent l'influence du comte Zelli et de ses prisonniers, bientôt devenus ses conseillers et ses amis. Le peuple vit dans une surexcitation continuelle : le bonheur de la délivrance, l'espérance de l'extermination complète de ces Français impies entretiennent une agitation dangereuse : le comte Zelli reçoit plusieurs députations qui lui demandent la tête des prisonniers. Il tergiverse, il insiste sur l'intérêt du peuple à les garder comme otages; et l'on se retire, mécontent ; et son crédit s'use à la longue ; et l'un de ses domestiques apprend un soir, chez le perruquier Petrucci, que, la nuit passée, on avait voulu égorger tout le monde.
Malgré ces circonstances tragiques, la vie avait repris
1. D'après Mangourit, Especo était le chef du parti napolitain.