Orioli, 102. Fontanet
3. Méchin, 22-36. Giovanni Scrofi, l'avocat des pauvres et un abbé qu'on appelait le Philosophe, passèrent la nuit avec les Français pour arrêter le peuple au cas où il envahirait la maison. Le cocher de Zelli, Gaetano, faisait d'abord communiquer les ])risonniers avec leurs femmes ; le P. Martinelli les conduisit même chez elles, le 29 novembre, à sej)t heures du soir. I^'cvéque d'Acquapendente, Paolo Bartholdi, sauva la vie a plusieurs Français : le gouvernement du Quirinal le nomma jilus tard tribun...
DÉCliMBRE 1798 377
son cours au palais Pazzaglia: nobles Italiens, émigrés Français, Jacobins des deux pays, réunis par le hasard, également menacés de mort, passaient le temps le plus agréablement qu'il se pouvait faire, comme les prisonniers de l'Abbaye, à la veille de comparaître devant le tribunal révolutionnaire : M'"' Méchinet M™" Saint-André chantaient, M""" Mangourit disait des romances, et M"*' Fellaporte des chansons languedociennes. Le chevalier Polci, officier au service de Bavière, divertissait la compagnie par ses bons mots; aussi courtois, du reste, que spirituel, il ne voulait pas porter sa croix de Malte afin de « ne pas choquer les principes républicains de ses hôtes ». Comme la fête delà comtesse Zelli revenait parmi ces jours troublés, ses invités « malgré eux » avaient réuni 12 piastres d'Espagne pour lui offrir un présent : mais elle refusa quoi que ce fût et fit envoyer les 12 piastres à trois soldats français blessés qu'avait recueillis chez lui, au péril de sa vie, un émigré français, l'abbé Salles. Et ceux-ci, le lendemain, « envoyaient, en échange, des remerciements « à la « Française », je veux dire une chanson pleine d'esprit « et de gaieté, sur l'air : la Bonne Aventure^ ô gué! ^k Le lendemain, c'est une autre surprise. On tirait une tombola, au milieu des conversations et des rires, lorsque l'on entend, tout d'un coup, un grand bruit dans l'antichambre : trente crosses tombent à terre ; « la porte du salon s'ouvre, et (l'on voit) entrer un petit « homme blond, vêtu de bleu, portant des boutons « fleurdelisés et une aiguillette d'or sur l'épaule « gauche ».
— « Où sont les officiers français », dit-il?
— « Il n'y a point ici d'officiers français, répond le « comte, mais des Français : les uns agents politiques, « les autres employés dans les administrations mili- « taires ».
— « Vous êtes tous mes prisonniers ! »
— « Nous nous eu félicitons,.. Monsieur l'officier