KELLERMANN MENACE VITERBE
« veut-il s'asseoir à la tombola », poursuit, souriant, le comte Zelli. C'était au baron de Redlick, aide de camp de Mack, arrivé à Viterbe avec une colonne de 300 hommes, que la comtesse Zelli devait cette petite scène impromptue'.
Le petit baron blond, vêtu de bleu, par malheur pour ses prisonniers, ne devait pas longtemps rester dans la ville. Le 10 décembre, Kellermann avait emporté Ronciglione'^, paraissait devant les murs de Viterbe et fai- , sait fuir de peur les Napolitains : Championnet, aussitôt 1 après avoir occupé Cantaluppo, lui avait donné l'ordre < de lever le camp de Cività Castellana, de soumettre le ] Cimino et de venir ensuite attaquer Rome au nord, parle Ponte Molle. Et c'était à cette manœuvre que l'on devait l'émotion extraordinaire qui, depuis le 10 décembre, soulevait Viterbe: voilà donc quelle confiance il fallait avoir dans les Napolitains, qui prétendaient qu'avant deux mois ils seraient à Paris.
Le 19, le peuple, surexcité parla retraite de Kellermann, parti à la poursuite de Damas, et par la promesse qu'il a faite de réduire par la force les insurgés à la raison le peuple se rue avec rage sur le palais Zelli : il lui faut trente tètes, il y a trente personnes dans le palais! On ferme les portes; on barricade les entrées, et, comme lesémeutiers vont chercherdes haches, le comte envoie quérir à sept heures du niatin le cardinal évoque Muzio, âgé de quatre-vingt-deux ans. On habille à la hâte le vieux cardinal : s'il tarde quelques minutes, peut-être sa dignité sera-t-elle méconnue, sa robe rouge tachée de sang et trente personnes assassinées dans la chambre étroite oii elles se cachent; et la porte du palais résonne sous les coups de hache, près de céder. Enfin voici son Eminence. « Soutenu par deux ecclé- (( siastiques, il se transporte au balcon, il demande (( silence ; il l'obtient, et, à peine a-t-il prononcé