‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 400 sur 579 · Sala, III · texte numérisé non relu

Sala, III

directeur de l'instruction publique au ministère, ils se décidaient à prêter serment, selon la formule requise, sauf l'abbé Androsilla et le lecteur de grec de Dominicis^.

Les vengeances jacobines s'exerçaient d'autre manière encore sur les nobles et sur l'Eglise. Plusieurs familles, ne sachant comment subvenir aux contributions dont elles étaient chargées, s'étaient décidées à mettre leurs terres en vente : telle la maison princière des Massimi, qui, par une affiche, avait annoncé au public qu'elle allait se défaire de tous ses domaines sur territoire romain. Le consulat en fut fâché : il lui déplaisait que l'on pût croire au dehors que la vie n'était plus possible sous le régime républicain : un décret, en date du 3 janvier, interdit désormais à tout citoyen d'annoncer au public, par affiche imprimée ou manuscrite, la vente de ses terres sans en avoir reçu l'autorisation du ministre de la Justice-. Quoique le consul Zaccaleoni eût protesté avec autant d'habileté que d'énergie, on résolut de sévir contre les nobles qui avaient fait partie des gouvernements insurrectionnels protégés par les Napolitains; on mit sous scellés les biens de ceux qui n'étaient pas revenus^ de Naples ; on dressa la liste de ceux qui avaient mal parlé du régime jacobin '*. Mais la haine engendre souvent des effets contradictoires : quinze jours ne s'étaient pas écoulés que le Quirinal revenait sur sa décision première : il ordonnait à tous les exilés rentrés de quitter Rome dans les vingt-quatre heures et le territoire romain dans les huit jours ^.

Vis-à-vis du clergé, sa politique est aussi complexe, méfiante et tracassière, agressive et dominatrice. Au début de janvier, on expédie un exprès à toutes les municipalités: ordre d'arrêter tous les prêtres, citoyens

1. Galinitierli, 21 janvier. Le 20 février, le consulat envoyait prendre chez M*' Boni l'original du bref pontifical, condamnant le serment constitutionnel (Galimberti, 2ti février^.

2. CoUezione, 111, 354. Sala, III, 6-7. La première infraction au décret était punie d une amende de 500 écus ; la seconde d'une année de fers.

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