‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 489 sur 579 · MARS-AVRIL 1T · texte numérisé non relu

MARS-AVRIL 1T

de ses finances; Filippo Friggieri s'était même permis d'imprimer un factiim très blessant pour la municipalité, et l'on s'attendait à ce que celle-ci l'attaquât en justice. Mais l'autre s'était rétracté, et les édiles s'étaient « pénétrés de la pensée de Philon : nihil prorsus erroris committere ^ proprimn est hominis divini ; ab errore antem redire^ prudentis est. » Et ils s'étaient désistés de leur poursuite ^ Les bons Pérugins, du reste, s'occupaient avec plus de soin de leurs intérêts financiers; ici encore les administrations officielles étaient assaillies de mille réclamations au sujet des impôts et des indemnités de guerre. Ce n'est pas tout : le fermier du théâtre que la commission française, pour charmer ses loisirs et dissiper ses soucis, a fait établir à Pérouse, au moment de l'incursion napolitaine, réclame avec insistance la gratification qui lui a été promise par le décret du 26 glaciale-.

Mais voici qui est plus grave. Au temps des Papes, la famille Garatanti a installé à Pérouse une fabrique de lainage, elle a emprunté à la chambre apostolique, dans un moment de crise, 4.000 écus afin de ne pas fermer ses ateliers; la France, héritière de Pie VI, a hérité de ses créances et exige du citoyen Robaglia, à ce titre, que les 4.000 écus lui soient sur-le-champ versés. Garatanti a payé, pour les contributions, près de 20.000 écus en cédules; il en a perdu 5.000 à la démonétisation ; il a avancé aux troupes, sans toucher un sou, des fournitures qui en valent 12.600; il a déjà dû congédier deux cents de ses ouvriers qui meurent de faim sur le pavé de la ville; les 4.000 écus qu'on exige, c'est sa ruine définitive. La municipalité le comprend; la Gentrale se joint à elle; toutes deux demandent an Quirinal qu'il s'entremette auprès de Bertolio et abandonne un domaine national à Garatanti, en remboursement de ses avances et en indemnité de ses pertes.

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