Tiburz , Memorie..., p
L'échec de l'insurrection, au début de cette année, explique la lassitude des rebelles et la tranquillité relative de ce pays.
Les mêmes raisons expliquent que l'on constate une situation analogue dans les Marches. Depuis la prise de Gorfou (3 mars), les coalisés complètent leurs préparatifs ; à Valona et dans les bouches de Cattaro, une escadre de cinq navires embarque des troupes turques qui réclament, il est vrai, qu'on les conduise, non pas en Italie, mais en Egypte. Dans le Monténégro, le commissaire impérial, comte de Bradi, s'abouche avec l'évêque grec entièrement dévoué aux intérêts russes, et il obtient par là que le comte d'Olvitz lui soit livré : chargé par l'empereur d'Autriche de lever une troupe de Monténégrins, cet émigré français s'était fait acclamer leur prince'. Ce n'est pas tout: en même temps qu'ils menacent le front de Monnier, les coalisés le tournent par son aile gauche, en déchaînant une grave révolte dans le département cisalpin du Rubicon, qui borde le département romain du Métaure. La révolte s'étend de proche en proche'-; le général en chef charge le général citoyen Lahoz de réunir vers Bologne 6.000 gardes nationaux et de nettoyer, de concert avec ] Montrichard, les départements transpadans. <
« Le chef d'état-major écrit à ce dernier : « Le « général Lahoz a une connaissance particulière du « pays, et vous êtes invité à vous aboucher avec lui. Il « sera sous vos ordres quand les circonstances l'exige- « ront... ; je ne doute pas qu'il ne serve très utilement « la chose publique^. » Mais Lahoz a été révolté du
1. Correspondance de la Commission marine d'Ancône avec l'Albanie, fin de germinal (Mangouril, 1, 121, 99).