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LES MARCHES ADRIATIQUES

Adriatiques^ longue et mince plaine accidentée, coupée de petites vallées, celle du Métaure, de TEsino, du Musone, du Chienti, du Tronto, qui, après s'être dégagés des contreforts apennins, courent perpendiculaire ment à la côte. C'est un longue route ouverte par la nature, du nord au sud et au centre de l'Italie, toujours suivie par les invasions^ et le commerce; d'où l'importance des places de guerre, telles qu'Ancône-, base offensive des Français dans leurs projets sur les Balkans et sur l'Orient; d'où l'importance aussi des villes commerçantes comme Senegallia^, dont la foire était comme celle de Beaucaire, de Leipzig et de Nijni-Novgorod, une des plus célèbres du monde ; on y troquait contre les produits de l'Orient les produits de l'Europe entière. Car ceux des environs, ceux mômes de tout l'arrièredays et de l'état romain, n'eussent pas suffi à faire naître et à entretenir le mouvement commercial. Si l'on excepte les campagnes du Musone ou de FOmbrie, la terre est partout osseuse et dénudée ou marécageuse et malsaine; le bétail fait défaut *, la culture ne peut prospérer ; la population doit souvent attendre du dehors le blé dont elle vit; la famine ou la misère sont toujours à craindre, en temps de paix comme en temps de guerre^, il y a cent ans comme aujourd'hui. Seules les châtaignes des montagnes, les oliviers des collines, les vignes des coteaux, les produits de quelques manufactures de rubans, de satins et de velours, à Rome, à Bologne et à Pérouse*', fournissent quelques ressources aux trois quarts de l'état ecclésiastique. Au rebours de l'Italie du Nord, l'Italie du Centre est un pays naturellement pauvre.

1. Vidal de la Blache. Etats et nations autour de la France, 484.

2. Ancône est actuellement le quartier général du 7" corps d'armée italien.

^3."m/?0>-fan5O..., XVI, p. 293. Zecca di Gubbio, II, 401. 4! Levesque, Tableau politique de Monte, p. 310.

5. Dans l'antiquité, pour assurer la prospérité de leurs vignes et de leurs oliviers, les Romains arrachaient les vignes et les oliviers de la Gaule (Gicéron, République, III, 6).

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