Galiniberti, 29 mai
protègent les manifestations jacobines, comme il arrive le 24 juin, alors que des bandes couvrent le Corso de la porte du Peuple à la place des Charrettes, chantant, criant, hurlant à tue-tête : « Malheur aux aristocrates ! « Mort aux Russes : mort au tyran de l'Autriche ^ »
Le peuple ne paraît pas sensible à ces provocations. On a beau, par une loi, interdire aux ecclésiastiques le port de leur costume traditinnel-, ou môme, le matin de la Fête-Dieu, fermer et vendre l'église royale des Portugais ^^, il souffre tout sans dire mot; il ne sort de son apathie que pour fêter avec dévotion les anniversaires chers à sa piété. C'est au milieu d'une foule immense que le dimanche, 26 mai, on célèbre à la Chiesa- Nuova la fête de saint Philippe de Néri'^; le 13 juin, il n'y a pas moins de monde à Saint-Antoine : c'est l'Eglise Portugaise que la piété d'un sellier a rachetée à l'Etat et permis de rouvrir le jour où l'on vénère le saint; le 21 du même mois, revient l'anniversaire de saint ■ Louis de Gonzague, qui est célébrée à Saint-Ignace avec plus de pompe encore que les autres années ; ce peuple, . saigné à blanc par mille contributions vexatoires, sait ■j donner plus d'argent qu'il n'est nécessaire, afin d'assurer l'éclat de la cérémonie \ Voici enfin que reviennent les solennités de la Saint-Pierre ; quoique la vieille statue de bronze ne revête point ses ornements coutumiers^, le concours du peuple est immense ; la basi- __ lique est assez parée; quelques maisons même ont ||| l'audace d'illuminer en l'honneur du prince des apôtres ; il semble qu'un frisson d'espérance fasse très- -saillir les anciens sujets de Pie VL La récolte, du || reste, est exceptionnellement abondante", bien que les accapareurs s'efforcent de maintenir la hausse sur le