BATAILLE DE CASTELFIDARDO
par toute l'insurrection voisine; enfin le 12, pour la troisième fois, ils assaillaient Fano et, après une journée de combat, contraignaient à la retraite le capitaine Chevalier et ses braves de la 55^ Et ce môme jour, Lahoz enlevait Jesi avec un égal bonheur; il insurgeait Macerata, Recanati, Gastelfidardo, emportait Lorète et cernait très étroitement Ancône au sud, tandis que la prise de Senogallia, conquis le 18 juin par les rebelles après un furieux assaut, rejetait sur FEsino, tout près du corps de la place, les lignes de défense française au nord^.
Bien que le 14, à la tète de la 16* légère et de la 3" légion romaine, Pino eût repris Jesi sur Gellini et Lahoz et rompu ainsi le cercle d'investissement, Monnier se trouvait refoulé dans la place, bientôt peut-être bloqué dans ses murs. Par bonheur le succès même de la manœuvre ennemie en préparait l'échec final; en refoulant leurs ennemis devant eux, les rebelles les avaient concentrés. Monnier resserra ses lignes, rappela à lui tous les postes qu'il avait jusque-là éparpillés dans le Musone et profita des horreurs -que les Turcs avaient commises au sac de Senegallia pour exciter contre eux le ressentiment populaire et ranimer l'ardeur des gardes nationaux. Son ilanc droit était découvert par la prise de Senegallia ; il le couvrit en élevant un camp retranché à Humicino, qui commandait le passage de l'Esino, et quelques ouvrages à Jési sur la rive gauche du môme fleuve. En arrière et tout près du corps de place, il construisit une redoute à Montagnola afin de protéger son front de défense. Sur sa gauche enfin, avec le gros de ses forces, il s'établit à Camurano et à Osimo, en face du gros des insurgés qui campaient sur le Musone aux alentours de Gastelfidardo. C'est là qu'il avait résolu de porter son effort.
Le 19 juillet, il lance sur l'ennemi la 6" légère, les