MACERATA ET FANO REPRIS K
lève, il arrive devant Macerata^ et débusque l'ennemi par surprise du couvent des Récollets qui domine la ville et la route de Tolentino. Le tocsin sonne ; les brigands garnissent les remparts ; quoique les obus allument le feu partout et que les murs menacent ruine, ils se maintiennent avec énergie; Monnier, impatienté, fait avancer ses pièces à 40 toises d'une porte que soutient un bastion où il veut ouvrir la brèche et lance Pino par un long détour sur la position des Capucins. Finalement on donne l'assaut : on pénètre dans la ville parmi les carrefours occupés par des autels et, sur la place du Dôme, devant une statue de Saint-Georges éblouissante d'or qu'on y a tramée tout à l'heure, les derniers soldats de Vanni continuent de lutter et de mourir.
La prise de la ville rétablit la paix dans la Musone, d'autant que Filotrano, le 8 juillet, a dû se rendre au capitaine Madier. Mais les rebelles de Tronto tiennent toujours, Acquaviva est toujours harcelée, inquiétée, bloquée : Monnier voudrait la secourir; il lui faut pourtant remonter au nord, revenir à Ancône et tiler sur Fano^.
Le 2 juillet, l'avant-veille de son départ pour le sud, Lahoz avait repris cette place ; après s'être vigoureusement battu, à la tête de la 4" légion romaine et d'un détachement français. Chevalier et Zenardi avaient dû l'abandonner et se replier sur Senegallia; et voici que les rebelles, soutenus par 800 Esclavons, menaçaient de nouveau cette ville. Monnier ne voulut pas attendre d'être refoulé pour la seconde fois sur Ancône; c'eût été renoncer au profit de ces deux courses glorieuses sur Macerata et Fabriano. Le 9 juillet, il reprend la route de Rimini, arrive devant Fano, le 10 au soir, confie à Pino Fattaque des murs depuis la porte Saint-Léonard jusqu'à la mer et ordonne à Lucotte
1. Descrizlone délia caduta di Macerata (Grivellucci, 185, note 2).