‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 54 sur 579 · COMBAT DE FAËNZA · texte numérisé non relu

COMBAT DE FAËNZA

à sa guise avant d'y être invité par le Directoire ou contraint par les circonstances.

C'est qu'il est résolu, plus fermement que jamais, à ménager le Saint-Siège. « Quelque chose qui puisse arri- « ver, écrit-il au cardinal Mattei le 22 janvier 1797, je « vous prie d'assurer Sa Sainteté qu'Elle peut rester à « Rome, sans aucune espèce d'inquiétude. Premier mi- « nistre de la religion, il trouvera, à ce titre, protection (( pour lui et son Eglise... Mon soin particulier sera de « ne point souffrir qu'on apporte aucun changement à « la religion de nos pères'. » On n'est pas plus explicite. Néanmoins Bonaparte ne s'en tient pas là; il expédie à Pie VI, pour le rassurer, le Général des Camal- ■dulles, Michel-Ange Fumé 2, et il reçoit à Tolentino les ambassadeurs qui lui sont adressés, le cardinal Mattei, le duc Braschi, M*^"" Galeppi, le marquis Massimo, et l'ambassadeur de Naples, prince de Belmonte-Pignatelli. S'il les effraye comme à Bologne, comme à Bologne aussi, il les sauve (19 février 1797). Au lieu de détruire l'Etat romain, d'y installer une république ou do le partager entre l'Espagne, Parme, Naples et la France, il en maintient l'existence ; il se contente des trois légations, de la cession définitive du Comtat Venaissin, du droit d'occuper Ancône et d'une contribution de 15 millions.

La vraie raison de cette modération inattendue, qui lui coûte pourtant la gloire d'entrer à Rome, vainqueur, on la saisit sans peine dans la lettre qu'il écrit au Pape et qu'il lui fait porter par Marmont, lettre oii il se glorifie d'avoir contribué à son repos et où il manifeste pour sa personne autant de dévouement que de vénération ; ce n'est pas la crainte de l'archiduc Charles qui la lui dicte, mais le souci de ne pas être rangé par l'opinion catholique parmi les ennemis de l'Eglise. Le soir même de Tolentino, il dit au cardinal Mattei : <( Si j'étais le maître, nous aurions un concordat

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