Alem. stor., p
bO BONAPARTE A TOLENTINO
demain' » ; et il écrit le même soir au ministre des Relations extérieures : « Je nai point parlé de religion, « parce qu'il est évident que l'on fera faire à ces gens « là par la persuasion beaucoup de démarches qui pource ront être vraiment utiles à notre tranquillité inté- (( rieure. Si vous voulez donner vos bases, je travai- « lerai là-dessus et je ferai faire à la Cour de Rome « lesdémarchesque vous pourriez croire nécessaires-. » Quelques semaines après, les élections du mois d'avril 1797 (floréal V) prouvent qu'il apprécie avec exactitude la force des catholiques; ceux-ci obtiennent une majorité formidable, prévue, du reste, dès la fin de la Convention; n'a-t-elle pas cherché, sinon à en prévenir la formation, du moins à en retarder l'avènement ; par un coup d'Etat légal, n'a-t-elle pas prorogé dans les conseils nouveaux le tiers de ses membres? Quoi qu'il en soit, l'efficacité de ces précautions est désormais usée; les catholiques persécutés par les républicains, contraints par eux de s'unir aux ennemis de la République, — pour le plus grand malheur de la France, — sont en passe de reconquérir le pouvoir; Pichegru. qui s'est livré aux Bourbons, est président des Cinq-Cents, et Barthélémy est entré au Luxembourg. Ses collègues en sont furieux; ils ne se font pas faute de le montrer par les persécutions qu'ils infligent en France à l'Eglise 3. Mais ils, n'osent pas s'en prendre au Pape; il est môme curieux de constater que, s'ils ménagent d'abord la personne du Pape, c'est bientôt la papauté elle-même qu'ils veulent respecter.
Par l'arrêté du 6 prairial V (25 mai 1797), sans doute, ils donnent mission à Bonaparte d' « établir à « Rome une démocratie représentative, en cas que « le Pape vienne à mourir » ; mais voici que, le 14 messidor (2 juillet), ils doutent qu'il soit possible
1. Mendizabal au prince de la Paix, 12 mars 1797 (cité dans Séché, I, 116).