LA PAPAUTE
mouvement nationaliste italien, on voit qu'elle n'est pas sans avoir exercé peut-être quelque action sur lui.
La Papauté ne fut pas ébranlée par cette brusque et courte bourrasque : sa force apparut clairement en ces jours d'épreuve. La révolte populaire, qui commence après l'invasion napolitaine et qui, peu à* peu, embrasse tout l'état ecclésiastique, puis la plus grande partie de péninsule, n'est pas moins dirigée contre les persécuteurs de l'Eglise que contre les pillards patentés. Bonaparte avait raison de dire que, si l'on mettait aux prises la « superstition » avec la « liberté », la première l'emporterait toujours dans l'esprit du peuple : et comment s'en étonner si l'on se rappelle ce que déguise le mot « superstition », ce que décore le mot « liberté» : c'est le christianisme que défendent contre l'hypocrisie avide du Luxembourg lesiB durs paysans de la montagne apennine. Avec la mer- veilleuse patience, avec la résignation héritée du peuple, ils ont beaucoup supporté ; vint un moment ohjM l'on passa la mesure : et, sans s'embarrasser de théologie ni de philosophie, poussés par leur conscience et poussés par la faim, ils se levèrent en armes pour la défense de leur foi. Ici, comme en France, le mouvement de révolte était en grande partie un mouvement religieux : la persécution violente que les Révolutionnaires avaient dirigée contre l'Eglise aboutissait au même résultat que la persécution plus adroite organisée, sous l'inspiration du Fébronianisme, par les Etats de l'ancien régime. Les uns et les autres, avec une légèreté difficilement explicable, avaient touché aux choses de la conscience, et, dans leur imprudence