‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 66 sur 579 · Cf. Lahdrieux, I · texte numérisé non relu

Cf. Lahdrieux, I

que Melchior Gioja, qui remporte le prix, propose de réunir toute la péninsule en une république unitaire. C'est le moment aussi où Matteo Gaddi défend la môme idée* ; oii le journal génois Diferuore délia Libéria^ fondé cette année même à l'imprimerie Frugoni et Lobero, entreprend une campagne ardente en faveur de l'unification; le moment enfin où le mathématicien Fontana dit dans un solennel discours : « Je lis à des <( signes certains dans le livre obscur de la destinée (' que, dans un court espace de quelques années [nel « brève periodo di pochi amii)^ notre République n'étant (( plus Cisalpine, mais devenue Italienne, portera ses « frontières et étendra son domaine par toute cette « glorieuse péninsule qui fut un temps l'arbitre et la « maîtresse du monde 2. »

Les espérances italiennes sont trop violemment surexcitées pour qu'elles puissent se contenir; et, ])uisque le Directoire se laisse dominer par les conseils de Talleyrand et les ordres de Bonaparte, puisqu'il ne veut point, dès maintenant, « démocratiser » Rome et « démocratiser » Naples, les unitaires se passeront de lui ; ils lui forceront la main ; ils réaliseront sans lui l'unité rêvée : comme après Villafranca, lorsque l'alliance française leur manquera tout d'un coup, ils se résoudront à poursuivre leur œuvre, sans elle. Et, comme l'attitude des unitaires de 1797 rappelle celle des nationalistes de 1860, pareillement les procédés de ceux-ci reproduisent exactement la tactique de ceux-là : c'est toujours l'alliance du gouvernement officiel, cisalpin ou piémontais, avec les partis révolutionnaires, d'Angelucci ou de Mazzini. En 1797, les Cisalpins comptent ronger, feuille à feuille, « l'artichaut pontifical »,

t. Franchetti, p. 41. — Gioja disait: « itali, cercate la félicita in una sola repubblicaindivisibile...; tante repubbliche isolate formerebbero tante sferedifferenti di patriottismo... ; une repubblica federativa reca seco moli pericoli. — (Jiusejipe Fantucci proposait la constitution d'une ré])ublique une et indivisible, divisée en dix petits états (Tivaroni, II, 453 sq.).

•l. Tivaroni, II, 415. Et lettre à Bonaparte, 30 juillet 1797 iCorr. inédite... Panckouke, III, 99).

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