‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 8 sur 579 · PIE VI · texte numérisé non relu

PIE VI

Telle était la situation lorsque, en 1774, le cardinal Braschi devint Pape sous le nom de Pie VI. Trésorier général du Saint-Siège durant quinze années, il avait été à même d'en étudier le système économique et financier ; il avait conçu tout un plan de réformes dont on attendait la réalisation ^ Il y travailla de toutes ses forces, cherchant à augmenter les revenus de l'Etat sans accroître les charges de ses sujets, améliorant môme le sort des ouvriers agricoles et celui des pauvres. Il entendait supprimer le grand nombre des impôts qui atteignaient surtout les petites gens, qui paralysaient la liberté du commerce, contrariaient le développement des manufactures et des industries paysannes; il comptait les remplacer par quelques contributions peu nombreuses, mais qui auraient atteint tout le monde-, particulièrement les classes riches: les exemptions qui les dérobaient à l'impôt devaient être supprimées, les abus des fermages réformés'^; de fait, il annula toutes les concessions de survivance aux emplois vacants de la Curie '*.

Ces projets de réformes économiques obligeaient le Pape à transformer d'abord le système administratif en vigueur dans ses Etats. Trois Congrégations détenaient réellement toute l'autorité : la Congrégation d'Etat, qui dirigeait la politique générale; celle de la Sacrée Consulte, qui contrôlait l'administration civile; celle du Bon Gouvernement, qui surveillait la vie économique du pays^. La Chambre apostolique était plus puissante encore^'; elle centralisait tous les services financiers. L'influence du cardinal Camerlingue, son

\. Jl Governo di Roma (Fiorini, I, 13). Bendete à Cesare (Fiorini, I, 54).

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