‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 81 sur 579 · T6 LA MORT DE DUPHOT · texte numérisé non relu

T6 LA MORT DE DUPHOT

ces conjonctures, abandonner son poste, c'est Joseph qui se rend chez lui ; il lui raconte ce qui vient de se passer, il lui demande une protection efficace.

Mais, comme il revient à son palais, voici qu'il entend un violent tumulte et une décharge de mousqueterie. — La seconde colonne de jacobins s'est portée au pont Sixte, pour donner la main au rassemblement de la place d'Espagne, dont Bouchard, le matin môme, préparait la formation et pour enlever de vive force le dépôt d'armes qui se trouve auprès. Elle poursuit une patrouille qui passe, conduite par le chef Macchiola; elle la contraint de se réfugier dans le poste du comte Montani, qu'occupe la compagnie du capitaine Amadei ; mais elle ne parvient pas à l'y forcer. Survient une autre patrouille de quatre dragons; la multitude la menace, le poste de garde fait une sortie pour en dégager les abords. C'est en vain que le comte Montani a distribué des cartouches aux hommes, pensant intimider les mutins ; ils n'ont pas interrompu leurs quolibets, mais ils fuient maintenant, espérant à leur tour se cacher dans la juridiction française; Montani les pousse devant ses hommes jusqu'à la porte Settimania, où il laisse une petite troupe, commandée par le caporal Marinelli, avec la consigne d'arrêter tout rassemblement en armes ; puis il revient au poste du pont!, tandis que les dragons poursuivent la foule du côté du palais de France, et, pour achever de la disperser, tirent quelques coups de fusil.

L'ambassadeur vient de se mettre à table, sans prendre le temps d'ôter son uniforme. Au bruit des balles, il descend, suivi de Duphot, de Beauharnais et de Sherlock ; il entend que la juridiction française soit respectée de tous; il espère faire comprendre aux mutins qu'ils ne peuvent espérer son appui et qu'ils doivent quitter son palais, dont ils encombrent les portiques et le jardin. A la vue de Joseph, revêtu de ses insignes, la cavalerie

étrang. Corr., Rome, copie n» 1), et lettre du même jour, huit heures et demie du soir.

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