‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 82 sur 579 · Baldassari, 130. Mémoires... d'un homme d'iHat, Y · texte numérisé non relu

Baldassari, 130. Mémoires... d'un homme d'iHat, Y

papale recule ; les patriotes se reforment naturellement derrière lui; ils ont vite compris que les soldats du Pape seront gênés dans leur défense, puisqu'ils voient l'ambassadeur devant eux; et, du coup, leur audace est revenue. Ils refusent d'écouter Beauharnais et Arrighi, qui les engagent à se disperser, tandis que Joseph et Duphot parlementent avec les Papalins et les somment d évacuer la juridiction française; à mesure que ceuxci avancent, poussant devant eux, jusqu'à la porte Settimania, les troupes du Pape impuissantes et frémissantes, ceux-là sont débordés par les conspirateurs jacobins : loin de se disperser, ils suivent Joseph et Duphot, accablant de sarcasmes et de coups les dragons qui se retirent : des bagarres s'engagent que Joseph et Duphot s'efforcent en vain d'apaiser. A la porte Settimania, l'agitation redouble : le caporal Marinelli, fidèle à sa consigne, interdit le passage et fait charger les armes de sa petite troupe. Des fusils partent; Joseph prononce quelques mots pour apaiser le tumulte : il conseille le calme; plus impétueux, Duphot, le sabre à la main, prétend l'imposer'; il l'augmente; les jacobins tirent quelques coups de feu; les fusiliers de Marinelli ripostent par une décharge générale, Duphot tombe, mortellement atteint; les émeutiers fuient sous les balles ; en un instant, les alentours du palais sont couverts de cadavres, tachés de sang; Joseph se sauve par miracle, rentre chez lui par les jardins, tandis que Duphot, transporté sur les petits murs de la porte Settimania, y rend le dernier soupir, au moment où arrive le curé de San Giovanni. Et l'émeute s'évanouit, comme par enchantement : il paraît que le Pape est décidé à se défendre; à San Carlo, à Gatinari, la troupe a également tiré: à onzeheuresdu soir, parmi les rues obscures, encombrées de troupes, tout est calme^.

1.II a reconnu ^tarnii les émeutiers des émigrés corses à la solde de l'Angleterre! un d'eux notamment, qui est borgne, est l'ennemi mortel des Bonaparte (Lettre de d'Azara. Séché, I, 170).

2. Cf. Lettres de Bussi, Pirenesi, Joseph Bonaparte; le récit d'Antonelli. ^^

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