‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 84 sur 579 · Relation de Piranesi · texte numérisé non relu

Relation de Piranesi

tiraillements de jadis, étant données les divisions du Directoire, la surexcitation du public, la faiblesse des modérés depuis le coup d'Etat, il sera désavoué par les directeurs s'il reste d'avantage. A dix heures du soir, il envoie demander ses passeports à la secrétairerie d'Etat; comme il ne les tient pas encore à onze heures, il les envoie chercher de nouveau ; et, après avoir fait ses préparatifs en toute hâte, après avoir confié l'expédition des affaires courantes au directeur de la poste, Moltedo, et la protection des intérêts français à l'ambassadeur d'Espagne, il quitte Rome, avec toute l'ambassade, le 29 décembre, à cinq heures du matin.

Tandis qu'il court sur la route de Toscane, d'abord très entouré par le peuple qui craint la guerre, puis insulté, à Viterbe surtout, ovi les paysans brisent les glaces de son carrosse •, la terreur règne à Rome: on s'attend à une révolte jacobine, à un pillage effréné des richesses accumulées dans les palais; «nobles et riches com- « mencentà partir- » ; Consalvi et Santini, qui ont passé la nuit du 28 au 29 à leur quartier général de la place Colonna-\ postent leurs troupes aux points menacés ; le cardinal Doria, conformément aux édits des? et 13 juillet 1796, donne l'ordre de s'assurer même par la force « de toute personne sujette ou étrangère, de quelque « nation qu'elle soit, demeurant dans la ville, qui man- « querait du respect dû à la troupe de ligne comme aux « troupes civiques^ ». — ^ A ces craintes s'en ajoutent d'autres encore : que fera le Directoire de Paris lorsqu'il apprendra la fatale nouvelle ; que répondre à cette répétition de l'attentat de Rasseville ? Le corps diplomatique prend parti pour la France : Piranesi et Angiolini attaquent le Vatican avec vivacité, tandis que Manfredini le condamne et que son protecteur habituel, son médiateur attitré, le chevalier d'Azara, refuse au car-

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