OBÉSITÉ
Karell, Mockricki, Weir Mitchell, ont publié des observations très concluantes sur Futilité du régime lacté dans V obésité ; 'pa.r l'adjuinistration régulière du lait écrémé, ces auteurs ont constaté la diminution de poids et la résorption notable de la graisse chez leurs malades.
Les mêmes résultats peuvent être obtenus avec le lait non écrémé, comme le prouvent une observation de Worthington et plusieurs faits rapportés par M. Tarnier en 1876 ; ce qui semble démontrer que, tout en régularisant la nutrition, le lait, à la dose moyenne de 4 litre^ par jour, paraît principalement agir en favorisant la sécrétion urinaire et en diminuant notablement la quantité des hydrocarbures introduits par l'alimentation.
En effet, à cette dose précitée, le régime lacté, comparé à la ration d'entretien de Voit et Pettenkofer, introduit environ 50 grammes de substances grasses en excès, tandis qu'il contient moitié moins de carbures d'hydrogène, lesquels contribuent pour une large part à la formation de la graisse dans l'économie. Il est probable que l'augmentation des premières ne compense pas le défaut des autres (Debove). En tout cas, le régime du lait non écrémé parait produire les mêmes effets que lorsqu'on le prive de sa matière
grasse, mais il agit peut-être plus lentement. M. Tarnier l'a vu réussir chez deux l'emmes polysarciques qui présentaient l'une de ïaménorrhée avec albuminurie, l'autre delà dysménorrhée, et qui guérirent toutes deux aussi bien de l'obésité que des troubles utérins et rénaux dont elles étaient atteintes. Le lait répond donc, pour la plupart de ces malades, à des indications multiples, car, tout en influençant le processus nutritif dans le sens de la résorption du tissu adipeux, il assure la perméabilité du rein régularise les fonctions hépatiques, dont le trouble entraîne si souvent l'apparition de l'albuminurie dans l'urine, chez les malades en question.
Mais, dans ces cas encore, il est important de se rappeler l'action anémiante de ce régime, qui, même en assurant l'équilibre chimique, est loin de satisfaire à l'équilibre vital (Lécorché et Talamon) et qui peut exagérer les symptômes d'anémie, de débililation qu'on observe chez bien des obèses. Si l'on ajoute qu'un certain nombre d'entre eux présentent un alTaiblissement de l'action cardiaque causé par la surcharge graisseuse et même par la stéatose du myocarde, on comprendra que cette alimentation exclusive ne convient qu'à des individus chez lesquels l'état du cœur reste parfaitement normal, et qu'on ne doit pas le continuer sans s'être assuré qu'il n'exerce aucune influence déprimante sur les battements cardiaques et sur le pouls.