De l’enseignement de répétition et des cours du soir
À leur sortie de l’école primaire, les élèves qui ont fini leur temps de scolarité peuvent, s'ils le désirent, recevoir « l’enseignement de répétition ». Ce sont à proprement parler des sortes de cours d’adultes organisés par les communes ou par les établissements privés. Qu'ils soient publics ou libres, ces cours sont subsidiés par l'État à raison de 30 cents (60 centimes) par heure de classe faite par des instituteurs diplômés (art. 49 et 59 de la loi sur l’enseignement primaire).
Non contente d'encourager l’organisation des cours d'adultes, la loi du 7 juillet 1900 sur l’école obligatoire ordonne aux communes d’en établir partoutoù il se présente des élèves pour en profiter. À l’heure actaelle, il y a près d’un millier de communes (exactement 957 au début de 1908) qui font donner l’enseignement de répétition. Leurs cours étaient, au 15 janvier 1908, fréquentés par 23.706 garçons et 11.200 filles, tandis que ceux orga-
nisés par lés écoles libres ne réunissaient que 3.782 garçons et 912 filles. Malgré ces chiffres, les inspecteurs se plaignent beaucoup que cet enseignement soit peu suivi. « C’est une remarque générale, disent-ils dans le compte rendu de 1907-1908, que partout se produit le même phénomène : que la rétribution scolaire soit plus ou moins basse, que les élèves soient de la campagne ou dé la ville, que l’enseignement comprenne quelques matières enseignées à l’école primaire ou s’étende aux langues étrangères, toujours la participation à l’enseignement de répétition est médiocre ». Et ils concluent en ajoutant qu'on ne peut indiquer avec précision les causes de cette indifférence (1). |
L'enseignement de répétition (herhalingsonderiwis) est, comme son nom l'indique, la répétition de l’enseignement primaire. Mais il peut le dépasser et s'étendre à des matières qui ne sont pas comprises dans le programme de l’école primaire. C’est encore une innovation de la loi du 7 juillet 1900: auparavant, il se bornait purement et simplement à la répétition. Légalement, il lui faut embrasser au moins quatre matières dont deux au moins tirées du programme de l'instruction primaire ordinaire.
L'enseignement de répétition n’est pas obligatoire. Au moment de la discussion de la loi sur l'obligation scolaire, certains députés firent de grands efforts pour y introduire cette nouvelle exigence ; mais ils n’y parvinrent pas et la question reste à l’ordre du jour. Elle présente, en effet, un intérêt considérable, parce que l’organisation de l’enseignement de répétition fait partie du
(4) Verslag, p. 12.
problème du développement de l'instruction et de ses rapports avec la formation professionnelle.
Il ne faut pas confondre avec les cours d'adultes, l’école du soir. Là où elle existe encore, cette dernière est une subdivision de l’école primaire ordinaire, s'adressant aux seuls enfants qui la fréquentent. Autrefois, les écoles du soir étaient fort nombreuses. L’instituteur faisait classe le matin, l'après-midi et le soir de 5 à 7 heures. Actuellement, surtout par suite du développement de lenseignement de répétition, leur nombre a beaucoup diminué. En 1892, elles existaient dans 90 communes et étaient fréquentées par 25.000 élèves ; en 1908, elles n'étaient plus suivies dans les écoles publiques que par 4.823 élèves et par 2.598 dans les écoles privées. Sur ce total de 7.421, il y en avait, de plus, 1.888 qui se rendaient uniquement à l’école du soir ; et, en dehors de certaines localités où elle était maintenue concurremment avec les cours d'adultes, la vieille école du soir subsistait dans quatre communes seulement.