Des écoles publiques
Les écoles publiques relèvent directement de l'autorité municipale. C’est la commune qui est chargée de veiller à ce que, suivant les prescriptions légales, « un enseignement primaire satisfaisant soit donné dans un nombre d'écoles suffisant ». À elle revient la mission de préparer les locaux scolaires, de décider la diminution ou l’augmentation du nombre des écoles, d'organiser l’enseignement. Elle ne peut se dérober à cette obligation ni sous prétexte d'insuffisance de ses finances, ni sous aucun autre motif. Néanmoins, il lui est permis de s'entendre avec une ou plusieurs communes ‘voisines pour fonder ensemble une seule école unique. Ces conventions intercommunales doivent recevoir l'approbation des Etats députés et deviennent de véritables contrats qui font la loi des parties en présence. C’est pour cette raison qu’au
cas de différend, la législation hollandaise attribue la compétence, non à l'autorité administrative, mais aux tribunaux judiciaires.
Le nombre des conventions de ce genre a une tendance à diminuer. Il y en avait 31 en 1907 contre 39 en 1892, ::
Par ailleurs, une commune reste libre d'admettre dans ses écoles les enfants d’autres communes, sans aucune convention. Mais le plus souvent, on a recours à une entente basée presque toujours sur la réciprocité et qui est assujettie, elle aussi, à l’approbation des Etats députés.
Tous les enfants d'une commune ont accès à l’école publique. S'il y a plusieurs écoles dans la localité, ils ont le droit de choisir entre elles; mais ce droit peut être limité par le Conseil communal qui possède la faculté, au cas d’une population scolaire trop dense, de diviser la commune en sections et d’assigner à chacune d'elles une ou plusieurs écoles. C’est une simple faculté pour la commune, mais cette faculté devient une obligation quand il existe des hameaux éloignés du centre. S'il s'y trouve un certain nombre d'enfants en âge scolaire, une école doit y être établie pour eux. Seulement, quand l’éloignement du centre est-il suffisant et quand les enfants sontils assez nombreux pour nécessiter cette création? C’est -une question d'appréciation que dans le silence de la loi les autorités communales tranchent sous le contrôle des Etats députés. On cite, à ce sujet, une décision des Etats d'Overijssel reconnaissant la nécessité d’établir une école dans un hameau distant d’une lieue du centre de la commune, lorsqu'il s’y trouve une vingtaine d'enfants en âge scolaire et que les parents en font la demande.
Il y a quelque temps, les villes importantes avaient
coutume de s'acquitter de leurs obligations en matière d'enseignement par la création d'immenses écoles comprenant 14, 16 classes, même davantage et réunissant fréquemment de ‘500 à 600 élèves. Deux fois par an, on admettait de nouveaux élèves et, vu la population scolaire, on était obligé de multiplier les classes parallèles. Mais ce système perd actuellement beaucoup de sa faveur et on en revient à l’idée de construire plutôt des petites écoles qu’un de ces grands établissements où le personnel enseignant se connaît à peine et ignore presque forcément les enfants. Des écoles moins importantes présentent l’avantage d'établir entre les élèves et les maitres un contact plus intime; l'éducation y gagne et la fréquentation scolaire aussi ; car les enfants ont en général moins de distance à parcourir pour s’y rendre.
Dans l’organisation de ses écoles, la commune est tenue dans l'intérêt de l'hygiène publique, d'observer des prescriptions minultieuses édictées par les décrets et règlements. Avant de choisir l'emplacement de l’école, elle doit envoyer à l'inspecteur du district un extrait du cadastre indiquant l’état des lieux dans un rayon de 200 mètres. Les bâtiments scolaires, dont le plan doit être joint à l'extrait cadastral, doivent être écartés de tout établissement insalubre et, autant que possible, isolés d’autres constructions. A moins d’une autorisation spéciale, aucune école publique ne peut contenir plus de 600 élèves. Le décret du 4 mai 1883 ajoute que les classes elles-mêmes ne peuvent recevoir plus de 100 élèves. Les classes pour plus de 50 élèves doivent pouvoir être séparées en deux compartiments. Les locaux scolaires doivent avoir au moins #4 m. 50 de hauteur depuis le sol jusqu’au plafond, donner à chaque élève
3 m.6 d’air et 0 m. 80 de surface : l’aérage, l'éclairage et le chauffage doivent être soignés, et les règlements entrent dans de tels détails qu'ils vont jusqu’à indiquer la couleur de la peinture des murs, la forme et la grandeur des bancs qui doivent tous être à dossier, ete. Mais on ne saurait traiter d’excessive cette minutie ; car, il s’agit de la santé des enfants et nul ne conteste qu'un local bien aménagé, bien entretenu, à l'aspect propre et coquet fait bonne impression sur l'esprit des élèves et les attache davantage à l'école. Les hollandais estiment qu'en matière de pédagogie, les plus petits détails ont leur importance, par exemple, la couleur qui doit flatter l'æil sans le fatiguer, les corridors dont la largeur facilite l’ordre, le mobilier scolaire qui doit être pratique et commode, etc.
La commune détermine, toujours sous l'approbation des Etats députés, l’âge auquel les enfants seront admis dans les écoles. Sous ce rapport, la loi n'édicte pas de règle générale et laisse aux municipalités le soin de, prendre une réglementation, si elles le jugent utile, mais elle ne les y oblige pas. Pour l’âge de sortie,il n'existe jamais ou presque jamais de limite ; mais pour l’admission; les dispositions sont assez variables. Il semble même qu'il règne une certaine indécision sur ce point. Un décret du 2 février 1906, en effet, a établi que l’âge de cinq ans était trop bas . tandis que d’autres en date du 22 octobre 1901 et du 28 janvier 1903 avaient déclaré que celui de : six ans était, en général, trop élevé, alors surtout-que les nouveaux élèves n'étaient admis qu'une fois par an, Heureusement que les usages locaux viennent corriger cette imprécision et ordinairement, les enfants vont à l’école depuis l’âge de six ans jusqu’à celui de quatorze ans,
Une coutume assez générale aussi est d'établir des écoles séparées pour garçons et pour filles, mais certaines communes y font exception et se rallient au système d’écoles pour les deux sexes.
D'autres, en particulier dans les grandes villes, sont affectées à chaque classe spéciale de la société; il y a ainsi l’école pauvre, l’école intermédiaire et l’école riche qui se départagent d'après la rétribution scolaire exigée des enfants qui les fréquentent.
Toutes les décisions du Conseil communal concernant ces divers points, de même que celles ayant trait à la fermeture d’une école ou à la réunion de deux écoles en une, ne sont pas exécutoires par elles-mêmes, elles ne le sont qu’à la suite de l’approbation des Etats députés.
Excessivement rares sont les communes qui ne possèdent pas d'école publique. On en compte en tout 19. Quelques-unes n’en ont pas, parce que les écoles privées contiennent tous les enfants en âge scolaire, d’autres, parce que les enfants sont reçus dans les écoles des communes voisines.
Les écoles publiques étaient, en 1908, au nombre de 3.274, et elles abritaient une population scolaire de 563.187 enfants dont 312.372 garçons et 250.945 filles.