Des écoles moyennes publiques
L'enseignement public est, d’après l’article 2 de la loi, celui qui est donné dans des écoles fondées et entretenues, soit séparément, soit conjointement, par les com: munes, par les provinces et par l'Etat.
Ces écoles se divisent, toujours aux termes de la loi : 1°en écoles moyennes inférieures ; 2 en écoles moyennes supérieures ; 3° en écoles d'agriculture.
Mais, ce serait une erreur de croire que cette énumération est complète. La loi, en effet, ne parle ni des écoles moyennes pour jeunes filles, ni des autres écoles professionnelles qui sont venues rapidement prendre place à côté des écoles d’agriculture. De telle sorte, qu'il nous paraît préférable de grouper les nombreux établissements où se donne l’enseignement public moyen sous quatre rubriques :
1° Des écoles moyennes inférieures (burgerscholen ;
20 Des écoles moyennes supérieures (hoogere burgerscholen);
3° Des écoles professionnelles ;
4° Des écoles moyennes pour jeunes filles,
A) Des écoles moyennes inférieures.
Dans le plan du législateur, les écoles moyennes inférieures devaient former le premier degré de l’enseignement moyen. Elles étaient destinées essentiellement, et la loi prenait la peine de le spécifier dans son article 43, aux jeunes gens de la classe ouvrière et de la elasse agricole.
Chaque commune dont la population dépassait dix mille âmes était obligée, dans un délai de six ans à partir de la mise en application de la loi, d'établir une école moyenne inférieure, à la fois école du jour et école du soir. Ne pouvaient en être dispensées par le Roï que les villes qui pourvoyaient d’une autre façon aux besoins de l’enseignement ou dont la population était trop disséminée pour que la fréquentation fut sérieuse. De même là où l'école du soir était suffisante, la création d’une école du jour pouvait être temporairement ajournée.
a) Ecoles du jour. — Les dispenses de l’école du jour furent nombreuses. Les communes montraient peu d’enthousiasme pour la fondation des établissements ordonnés par la loi, et celles qui les établirent constatèrent bientôt qu'ils recueillaient peu de faveur auprès des populations. Dix ans après la mise en vigueur de la loi, en 14876, sur 41 communes ayant plus de 10.000 âmes, 4 se trouvaient dispensées pour avoir atteint depuis peu ce chiffre, 9 parce que leur population était trop disséminée, 2 parce qu’elles avaient des établissements libres assurant une instruction moyenne satisfaisante, 20 parce que l’école du soir suffisait aux besoins de l'enseignement. De telle sorte que cinq villes seulement avaient obéi aux prescriptions légales : La Haye, Amsterdam,
Utrecht, Leuwarde et Groningue. Et encore ces cinq écoles moyennes inférieures qui comprenaientun cours de deux années ne réunissaient-elles que 330 élèves. Sur ce total, la classe ouvrière n’en fournissait que 133, tandis que la classe agricole restait complètement indifférente à ce genre d'instruction. La plupart des élèves appartenaient à la bourgeoisie attirée vers les écoles moyennes inférieures par la modicité de la rétribution scolaire. Le but du législateur était manqué: ces écoles ne servaient en aucune manière à la formation des artisans et des cultivateurs. Elles continuèrent, du reste, à péricliter et ne tardèrent pas à se fermer l’une après l’autre. En 1893, il n'en restait plus qu'une seule, celle de Leuwarde qui comprenait 38 élèves et qui disparut à son tour en 1904. b) Ecoles du soir. — Si les écoles moyennes : inférieures du jour sombrèrent dans cet insuccès, les écoles du soir, au contraire, prirentun certain développement. Les motifs de cette différence de fortune résident prineipalement dans le caractère plus pratique de Fenseignement des écoles du soir et dans les cours de dessin qu’elles organisaient. Elles étaient au nombre 57 en 1894: et, en 4907, ce chiffre était monté à 45, en y comprenant l’école libre de Leyde fondée en 1851 par la société Mathesis Scientiarum Genitriæ: te 2 0 La durée de l’enseignement dans ces‘ écoles:‘varie entre deux et six ans. Des matières assez diverses y sont comprises : assez souvent le hollandais, lé: français, les mathématiques, la physique, toujours le dessin. L’instruction se double parfois d’un enseignement-professionnel, enseignement industriel comme à Utrecht, cours de métier comme à Arnhem, etc. Le programme en est fixé par le décret royal qui accorde dispense de l’école du
jour : c’est une différence avec cette dernière qui se voyait imposer son programme par la loi elle-même.
Les écoles du soir sont soumises à l'autorité du Conseil communal qui fait choix des matières supplémentaires qu'il veut y faire enseigner. C’est lui aussi qui nomme les professeurs et qui fixe leur traitement, mais sur ces deux points, ses délibérations doivent être approuvées par les États députés. D’ordinaire, les professeurs des écoles du soir sont en même temps professeurs dans d'autres établissements d'instruction moyenne ou exercent une autre profession. C’est ce qui explique comment leurs traitements sont relativement peu élevés ; ils varient entre 400 florins — ce qui était le cas pour 339 professeurs sur les 587 qui constituaient le personnel enseignant en 1907 — et 1.800 florins. Quant aux directeurs, ils reçoivent pour le même motif un traitement très divers, oscillant entre 100 et 2.500 florins. Pour apprécier ces traitements, il faut considérer encore que l’école du soir n’est ouverte en général que pendant l'hiver ; et ils constituent pour les professeurs plutôt une rémunération accessoire pour les quelques heures qu'ils vouent à l’enseignement le soir et pendant une partie seulement de l'année.
Les élèves des 45 écoles moyennes inférieures du soir étaient en décembre 1907 au nombre de 8.255. Ils paient, en règle générale, une rétribution scolaire variable entre 4 1. 50 et 12 florins. Mais cette règle comporte des exceptions. D'abord, deux écoles : celles de Bréda et Harlingen dispensent un enseignement gratuit ; et ensuite, dans les autres établissements, les élèves indigents sont affranchis de la rétribution scolaire. Cette mesure a pour but d'enlever l'obstacle qui empêchait trop souvent les
enfants de la classe ouvrière de suivre les cours. En 1907, le nombre de ceux recevant ainsi l'instruction gratuite s'élevait au total de 1.883.
Pour entrer à l’école du soir, les élèves doivent subir un examen d'admission et quand ils ont suivi toutes les classes qui doivent durer au moins deux années, ils peuvent se présenter à un examen de sortie. Mais on constate toujours que le nombre des élèves se présentant à l'examen de sortie est très restreint par rapport à celui des admis. En 1907, par exemple, les rapports indiquent 4.798 candidats à l’admission, 1.217 admis, 784 candidats à l’examen de sortie et 673 reçus. Ce phénomène tient en grande partie à ce que la presque totalité des élèves de l’école du soir sont des jeunes gens ayant déjà choisi une carrière : apprentis menuisiers, ébénistes, vitriérs, etc, qui abandonnent les cours lorsque leur métier ne leur permet plus de les suivre facilement. Sur les 8.255 élèves qui en 1907 fréquentaient les écoles du soir, 580 seulement n'avaient pas encore fait choix d’un état.
La plus importante et la plus florissante de ces écoles est celle de Rotterdam, qui porte le nom d'Académie des Beaux-Arts et des Sciences techniques, où les cours durent huit ans, où le nombre des élèves était, en 1907, de 14462 et celui des professeurs de 75.
B) Des écoles moyennes supérieures.
En établissant ce second échelon d'instruction moyenne, le but du législateur était de remplacer les secondes sections des gymnases qui dispensaient l’enseignement des sciences et surtout des langues modernes que les écoles latines ne donnaient pas. Et, en 1863, ces sections, spé-
ciales existaient dans 31 gymnases communaux, fréquentés par 585 élèves.
Par suite, les écoles moyennes supérieures qui devaient les supplanter et procurer à cet enseignement « moderne » une extension plus considérable en même temps qu'une influence plus grande, répondaient au besoin de la bourgeoisie, de la classe aisée, de fournir à ses enfants une instruction plus pratique que celle des gymnases et ouvrant pourtant comme elle les portes de l’université.
Les écoles moyennes supérieures se divisent, d’après l’article 15 de la loi de 1863, en écoles à cours triennal et en écoles à cours quinquennal.
a) Ecoles moyennes supérieures à cours triennal. — Ces écoles eurent beaucoup de peine à s'implanter. Longtemps après la mise en application de la loi, leur nombre était encore fort restreint. En 1876, on en comptait 15 dont 9 fondées par l'Etat et 6 par les communes. Même actuellement, leur succès est très relatif. En 1907, il en existait 7 nationales et 14 communales. Dans certaines grandes villes comme Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht, elles ont pris un développement considérable, au point de devoir dédoubler ou même quadrupler l’école primitive ; mais, à part ces exceptions, ce genre d’établissements n'a rencontré ailleurs presqu'aucune faveur. La raison principale en est que les écoles à cours triennal ne délivrent à la fin des études aucun diplôme officiel. Il y a bien un examen dit « de fin de cours » que les élèves passent devant leurs professeurs, mais le certificat qui leur est délivré ne leur donne aucun droit. Aussi, de nombreuses familles préfèrent-elles envoyer leurs enfants aux écoles à cours quinquennal dont le diplôme officiel permet l'accès aux études universitaires ou aux hautes
études techniques en même temps qu'à la plupart des emplois dans les administrations publiques.
Le programme des écoles à cours triennal est fixé par la loi elle-même ; mais les communes peuvent l’étendre ou le restreindre suivant les nécessités locales, et elles usent assez souvent de cette faculté. Il comprend essentiellement les éléments des sciences physiques et naturelles et l’étude des langues modernes : hollandais, français, anglais, allemand. Dans les écoles de l'Etat, l’organisation de l’enseignement revient au Ministre de l'Intérieur, et aux écoles communales à la municipalité qui la règle selon les intérêts de la population. Il en résulte une variété qui est d'autant plus grande que la plupart des écoles communales ne reçoivent aucune subvention de l'Etat et qu’au contraire, plusieurs d'entre elles sont soutenues d'une manière efficace par l'initiative privée.
Les règles concernant les élèves et le personnel enseignant sontles mêmes pourles écoles à cours triennal que pour les écoles à cours quinquennal; nous les retrouverons plus loin.
b) Ecoles moyennes supérieures à cours quinquennal. — Le programme de ces écoles à cours quinquennal, indiqué par Particle 16 de la loi du 2 mai 1865, est plus étendu et surtout plus approfondi que celui des écoles à cours triennal. On le comprend facilement quand on songe qu’il consacre cinq ans au lieu de trois à l’étude des mêmes matières, avec en plus seulement la cosmographie et les institutions politiques de la Hollande. Mais, par ailleurs, les trois premières années sont assez semblables aux cours des écoles triennales et c'est une des raisons qui font préférer d'ordinaire les premières
aux secondes, même par ceux qui n’entendent pas aller jusqu’au bout des cinq années d’études.
Les écoles à cours quinquennal sont aussi les plus nombreuses. Sans parler des établissements privés, il en existe à l'heure actuelle 15 fondées et entretenues par l'Etat, et 32 communales dont 22 sont subventionnées par l'Etat, non compris l’école communale subsidiée d’Almelo dont le cours n’est que de 4 années. Ces chiffres, disons-le en passant, marquent un progrès notable sur ceux de l’année 1876 pour laquelle M. Steyn Parvé enregistrait 9 écoles de l'Etat et 22 écoles communales.
Comme on le voit, la disposition légale qui ordonnait à l'Etat de construire au moins 15 écoles moyennes supérieures dont cinq au moins à cours quinquennal, « réparties entre les diverses régions du pays où elles seraient jugées les plus opportunes », a été observée et les écoles moyennes supérieures publiques jouissent d’une certaine prospérité, puisqu’au 1° janvier 1908, elles fournissaient l’enseignement à 9.746 jeunes gens et à 2.182 jeunes filles.
C'est, en effet, un usage communément reçu en Hollande qu'aux écoles moyennes supérieures publiques, comme aux gymnases publics d’ailleurs, les jeunes filles sont admises aux mêmes cours que les jeunes gens. Il n'en fut pas toujours ainsi, et c'est seulement en 1871 que le ministre de l'Intérieur introduisit cette innovation en autorisant l'admission des jeunes filles aux écoles de l'Etat. Beaucoup de communes suivirent cet exemple, mais, au début, les familles ne montrèrent pas grand empressement : il n’y avait que 48 jeunes filles en 1874 et 61 en 1876 à fréquenter les cours des écoles moyennes supérieures publiques de garçons. En 1894, elles étaient
250 et leur nombre augmenta rapidement au cours des dix dernières années, au point d'atteindre déjà, au 31 décembre 1904, le chiffre de 1.578, supérieur de 192 à celui de l’année précédente. Cet accroissement s’explique par ce fait que beaucoup de petites villes ne possèdent pas d'établissement spécial d'instruction pour les jeunes filles et que, là même où il en existe, ces établissements ne fournissent pas les connaissances requises pour le diplôme de fin d’études de l’enseignement moen, diplôme qui donne aux titulaires le droit de continuer leurs études à l’université ou d'entrer au service de certaines administrations.
Sur cet usage lui-même, les avis peuvent varier : M. Steyn Parvé, en 1876, déclarait « qu'on ne saurait y voir autre chose qu’une dernière ressource pour les parents dans les localités où FPadministration ne pourvoit pas d’une manière satisfaisante à l’instruction des jeunes personnes, quoique la grande nécessité s’en fasse sentir de plus en plus » (1). Au contraire, M. de Loos, dit, en 1894, dans son rapport à l'Exposition universelle d'Anvers : « En général, la présence de jeunes filles ne met pas d’obstacle à la marche de l'instruction; les rapports de quelques directeurs sont même très favorables à cet égard (2). » Quoi qu'il en soit, il paraît bien que les inconvénients de ce système sont moindres en Hollande qu'ils ne le seraient en d’autres pays. Car, d’abord, le tempérament national et l'éducation familiale laissent de bonne heure les jeunes filles dans une grande liberté ;
(4) Steyn Parvé, Organisation de l'instruction dans le royaume des Pays-Bas, p. 137.
(2) D. de Loos, fOrganisalion de l'enseignement secondaire dans le royaume des Pays-Bas, p. 43.
de plus, les écoles moyennes supérieures publiques n’ont jamais d’internat; les élèves n'y viennent que pour suivre les cours sans y recevoir ni logement, ni nourriture.
Il ne faudrait pas croire, cependant, que les écoles ne sont fréquentées que par des élèves dont les familles résident dans la localité même. Ilen vient des communes environnantes soit en bicyclette soit en chemin de fer, et ceux qui habitent trop loin pour faire ce va-et-vient sont placés soit chez des particuliers, soit dans des pensionnats fondés par des professeurs ou par d’autres personnes.
Pour pouvoir passer l'examen d'admission aux écoles moyennes supérieures, les élèves doivent avoir d'ordinaire l’âge de douze ans et c’est à titre tout à fait exceptionnel que quelques-uns trouvent accès à l’école avant cet âge. Une fois admis, ils sont tenus de payer une rétribution scolaire qui varie en moyenne pour l’enseignement complet entre 30 et 100 florins, et pour quelques leçons entre 5 fl. et 30 florins par an. Il fautajouter que la base établie n'est pas toujours la même lorsqu'il s’agit de l’assistance à quelques leçons où la rétribution est assez souvent calculée par heure hebdomadaire, que certaines écoles, par exemple, celles d'Amsterdam, de Hilversum, etc., font payer les élèves proportionnellement à la situation de fortune de leur famille, — ce qui élève le maximum à 200 et même à 300 florins, — et que d’autres exigent une contribution plus forte des élèves de l'extérieur, ce qui se produit notamment à Rotterdam, Amsterdam, etc. La loi qui a pris la précaution de fixer un maximum de 12 florins pour les écoles moyennes inférieures communales et de 60 florins pour les écoles
moyennes supérieures de l’Etat n’en a pas établi pour les écoles moyennes supérieures communales, et le conseil communal détermine le taux de rétribution scolaire, sauf l'approbation des Etats provinciaux et du gouvernement. D'autre part, un certain nombre d'élèves (665 en 1907) sont dispensés de toute rétribution scolaire par suite de bourses fondées par la commune ou par des particuliers.
Dans les limites fixées par la loi, le ministre de l’Intérieur, pour les écoles moyennes supérieures de l'Etat, et le Gonseil communal, pour celles dela commune, règlent tout ce qui les concernent. Ce sont ces autorités qui fixent, en particulier, le traitement des professeurs.
Avec l’augmentation du nombre des élèves qui de 3.302 en 1876 est passé à 11.928 en 1908, le personnel enseignant des écoles moyennes supérieures publiques s’est accru dans une notables proportion. D’environ 600 en 14876, le chiffre des professeurs est monté à plus de 4100 en 1907, répartis entre les 48 établissements de l'Etat et des communes. Les traitements qui leur sont alloués sont assez variables. Au début, pour les écoles de l'Etat, ils étaient plus élevés que pour les écoles communales. Aujourd'hui, c’est le contraire que l’on remarque généralement. Les directeurs reçoivent, d'ordinaire, de 3.000 à 5.000 florins bien qu’il y en ait quelques-uns qui ne touchent pas plus de 1.900 à 3.000 florins. Les professeurs sont payés, en moyenne, de 1.800 à 2.400 florins, et, par exception, de 2.500 à 3.100 florins.
C) Des écoles professionnelles.
Au moment de l'introduction de la loi de 1863, l’enseignement professionnel était peu développé. Il n'existait guère que deux écoles qui le dispensaient: l’une, fondée
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à Amsterdam en 1860 par la Société dite de la classe ouvrière » (Maatschappij van den werkenden stand), donnait l'instruction théorique et pratique nécessaire aux futurs artisans ; l’autre, l’école libre d’agriculture, avait été établie en 1842 à Haren, dans la province de Groningue, également par l'initiative privée.
Dans son organisation de l’enseignement moyen publie, le législateur ne s’occupa que de l’enseignement de l’agriculture; mais peu à peu, à mesure que le besoin d'instruction professionnelle se faisait sentir davantage, à côté des écoles agronomiques vinrent s’ouvrir des écoles pratiques d’agriculture, des écoles de métiers, des cours de commerce, de dessin et de beauxarts, des écoles de navigation, des écoles de machinistes des écoles minières, etc. Un certain nombre d’entre elles étaient publiques et d’autres privées, et toutes ont réussi à former une ensemble où les unes et les autres se coudoient et rivalisent d'ardeur pour la diffusion de l’enseignement professionnel en Hollande.
a) Ecoles agronomiques. — L'article 49 de la loi du 2 mai 1863 portait « qu’il serait fondé un institut. agricole de l'Etat »; mais, au cours de la discussion, la majorité des Etats-généraux n’avait pas caché ses préférences pour un établissement libre subventionné par l'Etat. C’est pourquoi le texte ajoutait : « s’il n’est pas pourvu autrement à la nécessité de l’enseignement agronomique. » Le gouvernement essaya, par suite, de s'entendre avec l’école libre de Haren, qui comprenaient alors 12 professeurs et 26 élèves, pour sa réorganisation sur d’autres bases. L’instruction, en effet, y était exclusivement théorique pendant le semestre d’hiver et exclusivement pratique à la ferme modèle pendant le semestre
d'été et on y voyait un inconvénient. Seulement, les efforts faits par le gouvernement n’aboutirent pas et, en 1870, la société qui administrait l’école s'étant dissoute, l’école elle-même disparut.
La même année de cette suppression, une école communale s’organisait à Warffum, en Groningue également, avec l’appui de l'Etat qui lui accordait une subvention annuelle de 4.000 florins, tandis que fonctionnait en Gueldre un établissement identique fondé à Wageningen en 1863. annexé en 1869 à l’école moyenne supérieure de cette localité et subsidié par l'Etat à raison de 5.000 florins par an. Mais, ces tentatives n’eurent pas de succès. L'école de Warffum ne tarda pas à se fermer et celle de Wageningen ne réunissait plus en 4874 que 44 élèves.
. Ce fut alors que le ministre de l'Intérieur, frappé dela stérilité de l'initiative privée, même soutenue par l'Etat, proposa aux Etats-généraux la création par l'Etat d’une école d'agriculture. Sa proposition fut acceptée et, en 1876, s’ouvrit l'Institut agricole de l'Etat (R:7#ks/andbouwschoo!) de Wageningen.
Cet institut agronomique avait été divisé tout d’abord eu deux sections À et B différant entre elles par l’âge des élèves et l'étendue de l'instruction, et auxquelles s'ajoutait une école moyenne supérieure à cours triennal, Le décret du 10 août 1896 vint porter à quatre le nombre des sections, de telle sorte que l'établissement se décomposait en section supérieure agricole et forestière, section d'agriculture, section d’horticulture et section moyenne supérieure. Sous cette forme, l'institut agricole fonctionna jusqu'en 41904. Il comptait à cette époque 49 élèves dont une jeune fille pour la {" section, 73 pour
la 2°, 27 dont 6 jeunes filles pour la 8° ; 73 enfin pour la quatrième.
L'année 1904 vit une nouvelle réorganisation plus complète encore. Par le décret du 3 août 1904, la première section fut élevée au rang d’une école spéciale sur des bases nouvelles, et le décret du 10 août suivant opéra la même transformation pour les trois autres sections, étendant par surcroît le cours triennal de l'école moyenne supérieure en un cours quinquennal. Depuis le 4° septembre 1904, il existe donc actuellemeut à Wageningen quatre écoles distinctes ayant chacune leur direction, leur organisation et leur programme : 1° l’école supérieure agricole, horticole, et forestière de l'Etat ; 2° l’école
d'agriculture de l'Etat; 3° l’école horticole de l'Etat; 4° l’école moyenne supérieure de l'Etat.
Nous n'avons à examiner ici que les deux premières; car, la troisième, l’école horticole, ne fonctionne pas encore et la quatrième rentre, non parmi les écoles professionnelles, mais dans le cadre des écoles moyennes supérieures.
1° Ecole supérieure agricole, horticole et forestière de l'Etat. C’est cette école qui, à l'heure actuelle, donne satisfaction à la prescription formulée par l’article 19 de la loi de 1863 etson programme comporte, par suite, les matières énumérées par l’article 20 de la même loi.
L'école est administrée par un directeur assisté d’un Conseil d'administration de 12 membres au plus, choisis par le ministre de l'Agriculture, du Travail, du Gommerce et de l'Industrie, dont relève l'établissement, parmi les professeurs qui y sont attachés. Les attributions du directeur et du Conseil d'administration sont déterminées par le décret du 3 août 1904. IL leur revient en particu- -
lier de régler le budget de l’école et de le soumettre à l'approbation du ministre. Le directeur est tenu de verser un cautionnement en garantie de sa gestion financière. Chaque année, il doit, avant le 4° décembre, envoyer au ministre un rapport détaillé sur la situation de l’établissement pendant l’année scolaire écoulée, laquelle année scolaire s’ouvre le deuxième mardi de septembre pour se terminer le 15 juillet. Au cas d'empêchement de courte durée, il est remplacé par un membre du Conseil d’administration qu'il désigne à cet effet.
Les professeurs ne peuvent remplir aucune fonction publique ou privée, ni donner l’enseignement privé sans l'autorisation du ministre.
L'école elle-même est divisée en six sections, qui sont : l’agriculture hollandaise, l’agriculture coloniale, la culture forestière hollandaise, la culture forestière coloniale, l’horticulture et la chimie agricole. Dans chaque section, l'instruction est dirigée en vue de la carrière future des élèves. C’est le souci qui a présidé d’ailleurs à la réorganisation de l'établissement qui a pour but de former, tant pour la mère-patrie que pour les colonies, des agriculteurs ayant un haut degré de culture scientifique, des horticulteurs renommés, des administrateurs des domaines, des fonctionnaires pour le service forestier de l'Ftat, des chimistes agricoles, etc. À l’école se trouvent rattachés la ferme-modèle de Duivendaai, une station expérimentale, un jardin botanique, une installation de machines agricoles, etc. La durée des cours, dans chaque section, est de trois ans, mais elle peut être prolongée facultativement pendant une quatrième année par les élèves qui désirent sc perfectionner dans l’étude d’une ou de plusieurs branches spéciales. À la fin de la troisième
année, ils peuvent passer devant le directeur et les professeurs de l’école l'examen public qui doit leur obtenir le diplôme d’agronome, conformément aux dispositions de l’article 66 de la loi de 1863. À cet enseignement se trouve joint un cours particulier pour les officiers de l’intendance militaire : il fut suivi en 1907 par 5 officiers dont3 de l’armée néerlandaise et 2 de celle des Indes.
Pour pouvoir accéder à l’école, il n’existe pas d’autre condition que de se faire inscrire chez le directeur et de verser la somme de 40 florins exigée par la loi pour chaque année de scolarité de tous ceux qui veulent suivre l’enseignement complet ou une somme variable entre 5 et 20 florins, si l’on ne désire en suivre que quelques leçons: Mais au bout de la première année d’études, se trouveun examen pour l'obtention d'un certificat et ne sont admis à s’y présenter que les candidats qui possèdent un certificat d'aptitude aux écoles universitaires ou un certificat de fin d'études d’une école moyenne supérieure à cours quinquennal. En fait, les élèves de l’école possèdent tous l’un ou l’autre de ces certificats. Ainsi, en 1907, sur les 83 jeunes gens suivant dans les quatre années les cours de l’une ou de l’autre des six sections, 71 avaient le certificat de fin d’études moyennes, 1 le certificat de fin d’études d’un gymnase, 3 le certificat d'aptitude aux études universitaires, tandis que 8 s’y trouvaient en vertu de dispositions transitoires adoptées par le décret du 3 août 1904.
Les frais pour l’école supérieure se montaient en 1907 à 74.943 florins pour les appointements des professeurs et 52.000 florins pour les autres. dépenses contre 11.897 florins de recettes et une contribution de 20.000 florins versée par les Indes néerlandaises. .
2 Ecole d'agriculture de l'Etat. Elle procure un enseignement moins élevéet moins développé que l’école supérieure, bien que dans les grandes lignes le programme soit le même. Pour le suivre, il suffit de posséder une bonne instruction primaire. Les cours y comprennent deux années précédées d’une année préparatoire et com- -plétées par une « classe indienne ». Ils sont orientés en vue de la formation de futurs agriculteurs. Un certificat de fin d'études est délivré à ceux qui ont suivi avec succès l'examen sur les matières enseignées à l’école.
Une particularité à signaler est que dans la classe préparatoire, l'étude du français et de l’anglais sont facultatives et que dans les deux autres années, les élèves ont le choix entre les deux langues.
Au début de 1907, l’école d'agriculture comptait 77 élèves de 14 à plus de 18 ans pour l’enseignement complet et 6 pour quelques leçons. Parmi ces 77 élèves, 43 étaient fils d'agriculteurs et 11 suivaient la « classe indienne ». |
Durant la même année 1906-1907, les dépenses pour l’école d'agriculture de Wageningen se sont élevées à 31.484 florins dont 22.537 pour les. appointements des professeurs.
b) Écoles pratiques d'agriculture. — Sous ce titre, on peut ranger toute une série d’institutions qui ont pour but de dispenser aux fils d'agriculteurs les connaissances qui leur sont utiles pour l'exercice de leur profession et le progrès de l’agriculture: étude des terrains, maladies du bétail, culture des plantes, élève des bestiaux, théorie des engrais, comptabilité agricole, préparation du lait, etc... |
l° Ecoles d'hiver, En premier lieu, viennent les
écoles d'hiver de l'Etat qui se divisent en écoles d’agriculture et en écoles d’horticulture. Toutes sont organisées suivant le même type en deux années d'études comprenant le même programme, différant seulement d’après les régions et d’après les branches de l’enseignement. Comme leur nom l'indique, elles ne sont ouvertes que l'hiver : la durée du ‘cours complet est donc de deux semestres d'hiver ; mais là où la nécessité s’en fait sentir, on peut ajouter quelques leçons dans le courant de l'été. En général, pendant la belle saison, les élèves sont placés dans des fermes, d'accord avec le directeur de l’école et ils y font de la pratique. Et ainsi, on revient par un revirement curieux au système qui était en usage à l’école de Haren et qui y avait fait l’objet de vives critiques.
L'organisation des écoles d'hiver de l'Etat est réglée par le décret du 17 septembre 1904. A leur tête, se trouve un directeur assisté d'autant de professeurs fermes ou temporaires que le besoin s’en fait sentir. Le directeur et les professeurs sont nommés et révoqués par le ministre. Le montant de leur traitement est fixé de la même façon. La surveillance est confiée à l'inspecteur de l’enseignement secondaire qui est chargé de contrôler les écoles d'agriculture et à une commission de surveillance de cinq membres choisis par le ministre de l’agriculture sur la présentation des Etats députés de la province. Chaque année, au mois d'avril, le programme de l’année suivante est arrêté par le directeur et les professeurs et soumis à l'approbation ministérielle.
Les élèves qui veulent suivre les cours d’une école d'hiver doivent être âgés de 16 ans au moins pour la première année et de 17 ans:au moins pour la deuxième,
et subir avec succès un examen d'admission prouvant qu'ils ont des connaissances générales suffisantes, même en agriculture pratique, pour retirer profit de l’enseignement qui leur sera donné. Une dispense d’une année peut être accordée par le ministre. Ce dernier fixe aussi le montant de la rétribution scolaire qui est exigée de chaque élèveet qui peut atteindre aû maximum 10 florins par an. Ceux qui présentent de réelles dispositions pour l'enseignement et qui en seraient éloignés par suite du manque de ressources peuvent être exemptés de toute rétribution. Même certaines sociétés d'agriculture leur viennent en aide au moyen de bourses.
Les élèves qui ont suivi Ja 2° classe subissent un examen de fin d’études et un certificat leurest délivré en cas de succès.
Les écoles d'agriculture et d’horticulture sont fréquentées, en général, par des fils de cultivateurs ou d’horticulteurs qui désirent se DÉTRANNEE dans la profession paternelle, |
Les écoles d'hiver d’ ra de L'Etat. étaient en 4907, au nombre de 6, réparties dans les diverses par: ties du pays : à Groningue, :à Leuwarde, à Schagen, à Dordrecht, à Goes et à Sittard. Elles se sont augmentées. le 4% octobre 1908, par l’adjonction de l'écolede Veendam qui avait existé jusqu'alors comme établissement com: munal largement subventionné par l'Etat qui supportait 50 pour cent des frais. Dans ces sept établissements, l’enseignement était suivi, en 1906-1907, par 233 élèves dont 13 auditeurs. DE
Les écoles d'hiver d’horticulture, au nombre de re sont établies dans les provinces où l'horticulture est spécialement en honneur : en Hollande septentrionale à
Alsmeer, en Hollande méridionale à Naaldwijk et à Boskoop, et en Gueldre à Tiel.!Ces quatre écoles avaient, en 1906-1907, une population scolaire de 78 élèves recevant l’enseignement complet et de 8 auditeurs, soit une moyenne de 20 élèves environ par école. Le plus florissant des établissements de cette nature est une école privée qui a été fondée en Frise par M. Gérard- Adrien Van Swieten et qui comptait à la même époque 35 élèves.
Les frais effectués par l'Etat pour ses écoles agricoles et horticoles d'hiver sont assez élevés puisqu’en 1906- 1907, ils s'élevaient à 59.858 florins et représentent un effort assez considérable en vue de la prospérité de la culture nationale.
20 Ecole nationale de laiterie. La sollicitude de l'Etat pour l’agriculture se manifeste encore par l'établissement à Bolsward. en Frise, d’une école nationale de laiterie (Rrjkssuivelschoo!). L'école a pour but de former, par un enseignement théorique, de bons directeurs de laiterie, ayant une culture rationnelle ‘et scientifique. En Hollande où les laiteries et les fromageries sont si nombreuses et si importantes, elle répond à une réelle nécessité ; et, de fait, c'est elle qui fournit aux laiteries coopératives, dont la plupart sont à vapeur, des directeurs expérimentés.Ainsi,des premiers élèves qui avaient obtenu en mars 1906 le certificat de fin d’études, quatre étaient en 1907 directeurs de laiterie, deux directeurs-adjoints, un consulteur-adjoint, un directeur-adjoint d’une fabrique de présure et de colorant, etc.
Organisée suivant le modèle des écoles d'hiver par le décret du 19 septembre 1904, l’école nationale de laiterie en diffère pourtant en ce que les cours y sont d'un an et
demi, et qu’ils comprennent, par suite, trois semestres, commençant le 1* octobre et le 1‘ avril, coupés par quatre vacances : deux de dix jours, une de dix-sept jours et une de huit semaines. Pendant ces dernières huit semaines, les élèves doivent se livrer à la pratique dans des établissements indiqués par le directeur. De plus, l’âge d'admission est fixé à 18 ans et les candidats doivent, avant de passer un examen d'entrée dont sont dispensés en tout ou en partie les anciens élèves de l’école d'agriculture de Wageningen et des écoles agricoles d'hiver, avoir travaillé au moins un an et demi dans une laiterie ou une fromagerie. Enfin, la rétribution scolaire y est plus élevée qu'aux écoles d'hiver; ‘elle ne peut dépasser cependant 30 florins par semestre et varie entre 2 florins 80 et 10 florins par semestre pour ceux qui veulent suivre seulement certains cours.
Au 1° octobre 1907, l’école nationale de laiterie comprenait 12 élèves dont 7 seulement finirent leurs études. Pendant les huit semaines de vacances de 1907, un cours spécial y fut organisé par le directeur, à la demande du « Friesche Rundvee-Stamboek », pour l’étude du contrôle et du pesage du lait, cours auquel assistèrent huit élèves: ,
Les dépenses pour l’école nationale de laiterie ont atteint en 1907 le chiffre de 11.326 florins dont 6.752 florins pour le traitement du directeur et des 8 professeurs attachés à l’école. :. ; 3° Professeurs d'agriculture et d'horticulture et consulleurs. L'enseignement agricole est encore répandu par. l'Etat au moyen des professeurs d'agriculture et d’horticulture, des consulteurs et des professeurs ambulants,…
Les professeurs d'agriculture et d’horticulture s occupent des champs d'expériences établis dans le pays, donnent des conseils par écrit à ceux qui en demandent, font des cours et des conférences dans les écoles d'hiver, de même qu'aux instituteurs et aux cultivateurs d'une région.
Les consulteurs se rencontrent dans la laiterie(Zuivelconsulenten). Ils remplissent pour l’industrie laitière les mêmes fonctions que les professeurs pour l’agriculture : ils instruisent les directeurs de laiterie sur la façon de procéder à l'examen du lait, donnent leurs consultations font des conférences, organisent des cours pour le personnel des laiteries et fromageries, etc... Il y en a un par province et les rapports de l'instruction publique contiennent les preuves de leur activité.
Il existe aussi des professeurs ambulants, mais ils agissent non pour le compte de IlEtat, mais de sociétés particulières. C’est pourquoi nous n’en parlons pas ici.
c) Ecoles d'artisans (Ambachtscholen). — L'exemple donné à Amsterdam par la « Société de la classe ouvrière », qui avait créé en 1860 une école professionnelle d’artisans, fut suivi quelques années plus tard en d’autres villes. Les obligations imposées aux communes par la loi de 1863 et le peu de succès rencontré par les écoles moyennes inférieures hâtèrent encore le mouvement. Rotterdam en 1870, La Haye en 1873, Arnhem en 1874 eurent ainsi, à la place d’une école moyenne inférieure, une école d’artisans. Mais, presque toujours, ces écoles étaient dues à l'initiative privée d'associations soutenues par les subventions des communes et de l'Etat. La raison en était que les administrations communales craignaient
de rencontrer des inconvénients provenant de la concurrence faite par ces écoles aux producteurs ordinaires. D'autre part, les grands frais occasionnés par cet enseignement et les ressources relativement minimes apportées par la rétribution scolaire étaientun obstacle sérieux à l'établissement d'écoles de ce genre. Aussi, la création par des sociétés avec l’aide financière des pouvoirs publics et des particuliers sembla-t-elle presque toujours la meilleure solution.
C’est ce qui explique comment sur les 43 écoles professionnelles d’artisans qui existaient aux Pays-Bas en 1907, cinq seulement appartenaient à l’enseignement public : l’école communale de Bois-le-Duc, celle de Bréda fondée grâce à un legs de M. le docteur Van Cooth, celle de Deventer, l’école publique de Hulst et celle de Hoogeveen.
Les écoles d'artisans forment les jeunes gens à la pratique d’un métier. La plupart des élèves qui y entrent se destinent au métier de menuisier-charpentier, d’ébéniste, de forgeron, de peintre, etc. Ainsi, au 31 décembre 4907, sur 5.117 élèves qui fréquentaient les 43 écoles d'artisans, 1994 se préparaient pour la menuiserie, 394 pour l’ébénisterie, 2.263 pour le métier de forgeron; 544 pour la peinture. |
L'enseignement qui y est donné se divise en deux parties : une partie pratique qui est l’apprentissage d’un métier et une partie théorique qui est la continuation de l’école primaire. D'ailleurs, dans plusieurs de ces établissements, les élèves suivent les cours de l’école moyenne inférieure du soir. La durée de l’enseignement comporte ordinairement 3 ou 4 ans. Les élèves paient une rétribution très variable d’après les écoles, puisqu'elle oscille
entre À et 60 florins et, par contré, la plupart du temps, les indigents sont affranchis de toute rétribution. C'était le cas en 1907 de 741 élèves répartis dans 37 écoles. À la sortie, les élèves qui font preuve de connaissances professionnelles suffisantes reçoivent un diplôme de fin d’études.
d) Écoles de dessin et des Beaux-Arts. — Le développement qu'ontpris les écoles de dessin en Hollande est dû en grande partie à l’iniative privée, mais cette initiative privée est encouragée par les subventions des communes des provinces etde l'Etat. Il existe, en outre, un certain nombre d'écoles publiques, mais en quantité presque négligeable quand on les compare aux écoles privées. Ainsi, au 4°” janvier 1908, il y avait seulement 29 écoles publiques de dessin avec 1.361 élèves contre 160 écoles privées avec 10.667 élèves. La plupart sont des ‘écoles de jour, d’autres sont écoles du soir. L'enseignement y comporte, en général, toutes les branches du dessin; dans certaines écoles, on prépare plus spécialement à l’adaptation du dessin aux divers métiers. Il est à signaler aussi comme particularités que, parmi les écoles de dessin, se trouvent rangées l’école publique de navigation sur le Rhin (Riynschipperschool) de Rotterdam qui enseigne la théorie et la pratique de la batellerie et qui compte 48 élèves, la section d'électricité de l’école fondée à Leyde par la Société Mathesis Scientiarum Genitrix, laquelle section forme des électriciens et avait, en 4907, 89 élèves ; enfin l’école privée d’art décoratifet de dessin de Zutphen qui enseigne, en outre, les arts féminins.
Les Ecoles des Beaux-Arts et d’arts décoratifs sont dues en grande partie, elles aussi, à l’action des associations privées. Il en est pourtant plusieurs qui sont publiques.
Ce sont: l'Ecole nationale d’arts décoratifs d'Amsterdam divisée en quatre sections: architecture, sculpture, peinture et travaux d’art à l’aiguille, et comptant, au 1° janvier 1908, 82 élèves ; l’école royale d’art pratique et de beaux-arts de Bois-le-Duc, s’occupant surtout de l’architecture et fréquentée par 327 élèves ; l'institut communal de dessin de Maestricht contenant 201 élèves et celui de Ruremonde avec 154 élèves. La section des travaux artistiques à l’aiguille de l’école nationale d'Amsterdam a été établie afin de créer une nouvelle branche d'industrie pour les femmes, elle a donné déjà des résultats très appréciables, par exemple en ce qui concerne la restauration des Gobelins, et elle était suivie au 1° janvier 1908 par 31 élèves.
À Amsterdam, il existe encore une école normale de PEtat pour professeurs de dessin. Les derniers rapports parlementaires ne fournissent aucun renseignement sur cette école normale qui continue pourtant à fonctionner, puisque les frais en sont portés parmi les dépenses de l’enseignement moyen. Il y aenfin un cours normal de l'Etat pour professeurs de dessin à l’école prizée subventionnée des Arts décoratifs de Harlem. Ce cours était suivi au 1” janvier 1908 par 40 élèves.
Parmi les écoles privées de Beaux-Arts qui sont au nombre de sept, la plus importante est l’Académie des Beaux-Arts de La Haye qui ne compte pas moins de 48 professeurs et de 756 élèves.
e) Ecoles de commerce et écoles industrielles. — Les écoles de commerce sont généralement rattachées à une école moyenne supérieure; mais il en existe aussi séparées : telle l’école de commerce de Winschoten. Seulement, la plupart du temps encore, cet enseignement est donné par
des établissements privés et même par des pensionnats donnant l'instruction en vue du commerce et de l’administration (voor handel en administratie). 1 y a aussi de très nombreux cours dusoir tant publics que privés, rattachés à des écoles du soir ou dispensés par des associations particulières.
Les écoles d'enseignement industriel moyen sont assez peu nombreuses. Il n’y a guère que « l’école normale pour machinistes » à Amsterdam, institution communale qui réunit à ses diverses sections et à son cours du soir plus de 300 élèves et que l’on parle d'étendre davantage encore, et « l’école hollandaise pour le commerce et l'industrie » d'Enschedé dont l’enseignement était suivi en janvier 1908 par 155 élèves, qui répondent à ce type d’écoles. Pour ce-qui regarde l’école d'Enschedé, il est question de la diviser en deuxécoles séparées ; l’une serait une école textile, ce qui satisferait à une véritable nécessité dans cette région où l’industrie textile est très développée; l’autre serait une école moyenne supérieure à coeurs quinquennal en même temps qu’une école commerciale. . l I faut ajouter, pour être complet, l'école des mines de Heerlen, ouverte le 10 avril 1907 pour la formation des surveillants des usines. L'enseignement y est donné par des em loyés des mines de l'Etat. Trois jours de la semaine sont consacrés à l'étude et trois autres au travail dans la mine « Wilhelmina ». L'enseignement comprend un cours préparatoire suivi de deux années d’études pour l'obtention du titre surveillant. Le cours préparatoire comptait à la fin de 1908 12 élèves. La création de cefte école est devenue un besoin à la suite dé la mise en exploitation par l'Etat des mines récemment
di
découvertes dans le Limbourg hollandais et elle semble appelée à rendre de très grands services.
f) Ecoles de navigation. — Dans un pays maritime comme la Hollande et qui, malgré la diminution de sa puissance, a gardé sur mer, par son commerce et ses transports, une importance presque disproportionnée avec la grandeur de son territoire, il était évident que les écoles de navigation devaient se multiplier. Il en existe, en effet, de nombreuses qui se divisent en deux groupes ; les écoles de navigation (Zeevaartschoolen) et les écoles de pêche ( Visscheripschoolen).
Par écoles de navigation, il faut entendre, non l’école de la marine (Wi{{emsoord) au Helder destinée à fournir à la marine de l'Etat des officiers, mais les établissements où l’on s'occupe de former pour la marine marchande des pilotes et des capitaines de-vaisseau, pourvus des connaissances scientifiques et pratiques nécessaires pour diriger un navire. Bien que les lois du pays n'’exigent pas de diplômes spéciaux pour la conduite des navires marchands, les armateurs tiennent à rencontrer chez les capitaines au long cours, les capitaines-caboteurs, les pilotes, etc. des garanties sérieuses. C’est ce qui explique le nombre de ces écoles qui n’a guère varié depuis cinquante ans, mais dont la fréquention scolaire s’est accrue depuis la réorganisation de l’enseignement de la navigation en 1877. Il y en a onze dont six communales: Rotterdam, le Helder, Terschelling, Schiermonnikoog, Vlieland et Delfzijl; les autres sont institutions privées subventionnées par la commune et par la province, sauf la plus importante à Amsterdam : l’école normale de navigation (Kiweekschoo! voor de Zeevaart). Ge sont, à Amsterdam, la maison du marin (Zeemanshuis), les écoles de
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Harlingen, de Groningue et de Vlissingen. Presque toutes ces écoles ont deux sections ; la première pour ceux n’ayant jamais navigué, la seconde comprenant les cours de pilotage. Pendant l’année 1907, ces écoles ont été fréquentées par 862 élèves, dont 654 pour les cours de pilotage, mais la population scolaire qui suit ces cours es, d'ordinaire, assèz flottante par suite des voyages effectués par les élèves au cours de l’année.
Les écoles de pêche sont destinées à former des marins et des pilotes pour la pêche. Ces écoles qui sont au nombre de huit : Enkhuizen, Marken, Volendam, Ymuiden, Katwijk-aan-zee, Massluis, Waardingen et Scheveningen, ne sont ouvertes que pendant 3, 4 ou tout au plus 5 mois d'hiver. Les unes sont communales, les autres fondées par des sociétés privées. Elles rendent de grands services aux pêcheurs qui peuplent les côtes du Zuyderzée et de la mer du Nord, et, en même temps qu’elles complètent leur instruction souvent assez rudimentaire, elles leur donnent des connaissances professionnelles précieuses.
g) Ecole spéciale. — Pour terminer cette nomenclature des écoles professionnelles classées en Hollande parmi l’enseignement moyen, citons encore, l’école vétérinaire d’Utrecht qui, au début de 1908, comprenait 144 élèves répartis en quatre années d’études.
D) De l’enseignement moyen pour les jeunes filles.
La loi du 2 mai 1863 n’entre dans aucun détail en ce qui concerne le régime de l’enseignement moyen des jeunes filles. C’est à peine si, dans l’article 21, elle y fait allusion pour donner «aux communes, provinces ou particuliers qui créeront des écoles moyennes pour jeu-
nes filles avec ou sans subvention de l'État » la liberté de les organiser comme ils l’entendront. Le motif de cette abstention était que le besoin pour lés jeunes filles d’an enseignement moyen solidement organisé n'était pas encore à cette époque assez généralement reconnu. On “estimait qué les écoles primaires supérieures et les pensionnats suffisaient à leur donner les connaissances et la formation nécessaires à leur fonction sociale, et on se contentait pour elles d’une bonne instruction primaire agrémentée de l'étude des langues modernes et d’une “éducation distinguée sans songer à les initier aux sciences mathématiques, naturelles et physiques.
Mais bientôt, les résultats obtenus par les écoles moyennes de garçons appelèrent l'attention des autorités sur l'instruction moyenne des jeunes filles. Comme nous l'avons vu, on ne tarda pas à leur permettre, dans les écoles de l'Etat, de fréquenter les cours donnés aux garçons. Mais déjà auparavant, certaines villes avaient pris l'initiative de fonder des écoles moyennes spéciales pour jeunes filles. La ville de Harlem fut la première à en créer “une de ce genre en 1867, et son exemple fut imité en 1871 par Arnhem, puis par d’autres localités. De telle ‘ sorte qu’à l’heure actuelle, il y a onze écoles communales pour l’enseignement moyen des jeunes filles. Il faut y ajouter # écoles privées.
De plus, depuis quelques années, on commence à s'occuper de l’enseignement professionnel pour les jeunes filles. Diverses institutions ont été établies dans ce but. -Nous les examinerons brièvement après les écoles d’enseignent moyen proprement dit.
a) Enseignement moyen proprement dit. — Les com- ‘munes sont libres, en l'absence de toutes prescriptions
légales, d'organiser comme elles l’entendent les écoles moyennes pour jeunes filles. En fait, il y a peu de différence d’un établissement à l’autre en ce qui concerne les matières admises au programme. On y enseigne partout les mathématiques, les sciences physiques, l’histoire, la géographie, les quatre langues modernes: hollandais, français, anglais, allemand, et les travaux à l’aiguille. Dans quelques écoles, on y ajoute: l'hygiène, la gymnastique. le chant, des notions d'économie sociale et des données sommaires sur les institutions politiques du pays, l’histoire naturelle. Le programme se rapproche, par suite, beaucoup de celui adopté pour les écoles moyennes supérieures de garçons, mais ilrevêt un caractère plus pratique, étant issu de cette idée de dispenser avant tout les connaissances utiles à la femme.
Autrefois, les écoles se divisaient, suivant la durée de leur enseignement, en écoles à cours à quinquennal et en écoles à cours triennal. Toutes sont actuellement à cours quinquennal, sauf celle de Deventer où l'instruction ne dure que quatre ans.
A la tête de chaque école se trouve une directrice, — à Deventer, par exception, c’est un directeur — aidée d’un certain nombre de professeurs des deux sexes. Pour enseigner, les mêmes conditions et les mêmes certificats sont exigés d'une façon générale de ces professeurs que pour ceux des écoles moyennes supérieures de garçons. D'ordinaire, on confie l'enseignement des sciences physiques ou mathématiques, de l’économie sociale et des institutions politiques à des professeurs hommes. Mais le nombre des professeurs femmes est beaucoup plus élevé que celui des professeurs hommes. Ainsi, en décembre 1907, le personnel enseignant tant public que
nat nn, : : Le
privé se composait de 14 directrices recevant de 2.400 à 4.000 florins, un directeur à 4.595 florins, de 474 institutrices touchant en moyenne de 1.000 à 2.000 florins et 39 instituteurs ne touchant guère plus de 1.000 florins. Cette infériorité des traitements des professeurs-hommes s'explique par cette considération qu'ils sont en même temps chargés de cours à une école moyenne supérieure de garçons.
Des 11 écoles communales et des 4 privées qui sont disséminées dans les diverses provinces de la Hollande, sauf dans le Brabant et le Limbourg où il n’en existe pas, aucune ne reçoit de subvention du gouvernement. A l’origine, le principe contraire était admis et les écoles communales recevaient de l’État un subside de 3.500 à 5.000 florins. Mais on leur retira cette aide vers 1885 et la suppression de cette subvention amena immédiatement la fermeture de deux écoles: celles de Goes et de Middelbourg que la privation de ces ressources très importantes empêchait de fonctionner à l'avenir.
Pour être admises, les élèves doivent, en général, avoir au moins 12 ans. Elles sont tenues de payer une rétribution scolaire qui varie entre 50 et 350 florins, avec la même diversité que nous avons remarquée pour les écoles moyennes supérieures de garçons. À leur sortie de l’école, les jeunes filles qui en ont suivi les cours jusqu'au bout passent un examen de fin d’études qui leur fait acquérir un diplôme; mais ce diplôme ne leur confère pas les droits attachés à celui des écoles moyennes supérieures à cours quinqueénnal de garçons. C’est une des raisons pour lesquelles les jeunes filles fréquentent davantage ces dernières écoles que les établissements qui leur sont spéciaux. Au L* janvier 1908, tandis que les jeunes filles
suivant les cours des écoles moyennes supérieures de garçons étaient au nombre de 2.182, 1.610 seulement fréquentaient les écoles moyennes pour jeunes filles.
Il serait erroné, pourtant, d'évaluer d’après ces chiffres le degré du développement de l'instruction moyenne. parmi les jeunes filles ; car, il existe, en outre, de nombreux pensionnats qui, vu l’âge d'admission et les branches de l’enseignement, devraient se rattacher à l’enseignement moyen, mais qui, par suite de l’imprécision de la loi, ne sont pas classés et sont plutôt considérés comme des établissements ressortissant à la catégorie très vague en Hollande des écoles d'instruction primaire supérieure. s b) Ecoles profvssionnelles. — Dès 1865, fonctionnait à Amsterdam une école destinée à enseigner aux jeunes filles de la petite bourgeoisie une profession qui leur permit de pourvoir à leurs besoins personnels et plus tard à ceux de leur famille. Cette école avait été créée par la célèbre société dite « du Bien publie » (Maatschappij tot. Nut van’! Algemeen) et bien qu’ouverte dans des circonstances peu favorables, elle n’avait pas tardé à prospérer et à s'étendre grâce aux subventions de l'État, de la province et de la ville, En 1876, elle comptait 170 élèves et 18 professeurs, et son budget annuel atteignait 14.000 florins, dont 8.000 provenaient de subsides administratifs. SONT |
Cet exemple ne resta pas longtemps isolé : en 1876, La Haye imita la capitale et en 1904, il y avait dix écoles de ce genre qui passaient au chiffre de 24 au 1” janvier 1907. C'est dire. la. progression rapide qui s’est manifestée au cours de ces dernières années.
Les. écoles. professionnelles, pour jeunes filles se divi-
sent en écoles ménagères, écoles industrielles, écoles de cuisine et école de métiers. Mais cette division que l’on fait est loin «être précise et, le plus souvent, les écoles industrielles sont en même temps écoles ménagères, de même que dans les écoles de métiers, il y a des cours spéciaux pour la cuisine et la tenue du ménage. Ce qu’il faut en retenir, c'est que ces diverses écoles présentent un caractère particulier d’après le but principal qu’elles se proposent. Toutes, du reste, complètent aussi plus ou moins l'instruction primaire des élèves.
Les écoles ménagères tendent à former des ménagères diplômées (gediplomeerde huishoudsters) et des « professeurs d'enseignement ménager ». De plus, il existe un diplôme d’aide ménagère et un de domestique. Les candidates «ménagères » suivent les cours pendant deux années. Celles qui se destinent au professorat doivent, en outre, passer une année à étudier chacune des branches qui rentrent dans l’enseignement ménager: {° la cuisine et l’art culinaire ; 2° la tenue du ménage; 3° le blanchissage. De telle sorte que la jeune fille qui voudra pouvoir enseigner les trois branches devra faire trois années d’études supplémentaires. Ces diplômes ne sont pas déliyrés par l'Etat, mais par la « Ligue des professeurs d’enseignement ménager » qui reçoit une subvention de l'Etat pour les examens qu'elle fait passer. Ce sont surtout l’école ménagère de l’Avenue Van Meerdervoort à La Haye et la « nouvelle école ménagère » d'Amsterdam qui s’occupent de la formation des professeurs. Les « ménagères diplômées » sont placées par les soins du « Bureau de placement pour ménagères diplômées ».
Il faut remarquer encore que l’enseignement ménager n'est pas seulement donné dans des écoles spéciales,
mais aussi à Bréda, à l’école primaire de filles de la Société du bien public; à Hilversum, par un comité de dames, à une vingtaine d'élèves de l’école populaire ; à Enschedé, par des particuliers et à Hengelo, par la commune aux jeunes filles travaillant en fabrique ; et que, de plus, il fait partie du cours de répétition de l’enseignement primaire dans une douzaine de villes.
Les écoles industrielles (industriescholen voor meisjes) initient les jeunes filles aux travaux du costume, de la lingerie, etc. La « Ligue des directrices des écoles pour industries féminines » n’a établi jusqu'ici qu’un diplôme, celui de costumière ; mais, on en réclame un autre pour la lingerie. À ces écoles, outre la formation professionnelle que l’on donne, on complète les connaissances acquises aux écoles primaires et on enseigne le dessin dans ses applications pratiques. Au bout de trois ans, l'élève trouve place dans un atelier dépendant de l’établissement et où son travail commence à être rémunéré.
Les professeurs aux écoles industrielles et ménagères sont en général diplômées, bien que les certificats de capacité ne soient requis que par les professeurs de dessin (certificat de l’enseignement moyen) et pour les travaux utiles et d'agrément (certificat de l’enseignement primaire).
Les écoles pour le travail féminin (twrouwenarbeidscholen) sont une variété d'écoles industrielles. On n'y donne pas autant d'importance au dessin, mais davantage au travail manuel. Après un an et demi d’études communes, commence la spécialisation des élèves en vue de la cuisine, du costume, de la lingerie, etc. La scolarité de ces écoles est ordinairement moins coûteuse que celle des écoles d'industrie.
En un mot, les écoles professionnelles forment les jeunes filles à toutes les fonctions qu'elles pourront remplir, jusqu’à celles de comptable, de femme de chambre ou de bonne d'enfants. Il y a même à Amsterdam une école communale (de Amsterdamsche werk-en leerschoo!) qui s'occupe de former plus spécialement des domestiques.
Au {* janvier 1908, il existait 24 écoles professionnelles féminines, la plupart privées, toutes écoles du jour et quelques-unes, par surcroît, écoles du soir et contenant, d’après le rapport officiel sur la situation de l’enseignement moyen en 4907-1908 — mais dont les chiffres paraissent être incomplets — un personnel enseignant de 310 professeurs et une population scolaire de 5.467 élèves. Les cours, en général, y durent de 2 à 3 ans et la rétribution scolaire y varie extrêmement, au point que certaines sont presque gratuites, comme l'école publique d'Amsterdam pour la formation des domestiques, tandis que pour d’autres le maximum peut atteindre 650 florins.
De ces 24 écoles, 18 reçoivent une large subvention de l'Etat, de la province ou de la commurnte, quelquefois des trois. C’est ainsi qu’en 1907, l'Etat a fourni à l’enseignement professionnel féminin 83.745 florins de subsides, les provinces 26.220 florins et les communes 68.745 florins, pendant que des subventions leur venaient de particuliers ou de sociétés pour une somme de 24.486 florins.
Signalons enfin parmi les écoles professionnelles spéciales aux jeunes filles une école privée à Amsterdam pour les métiers d'art, rangée parmi les écoles d’artisans, une école commerciale privée, toujours à Amsterdam, et deux écoles de l'Etat pour la formation de sages femmes : à
Amsterdam et à Rotterdam avec respectivement 25 et 33 élèves.