Des écoles moyennes privées
L'initiative privée s’est montrée aussi ingénieuse et “aussi féconde dans le domaine de l'instruction moyenne
que dans celui de l’enseignement primaire. Nous l’avons déjà rencontrée à différentes reprises en traitant des établissements publics et ses institutions étaient même parfois tellement mêlées à ces derniers qu'il était -presque impossible de les séparer. Il importe cependant de jeter un regard d’ensemble sur l’œuvre de l'initiative privée dans les différentes parties de cet enseignement.
A) Ecoles moyennes inférieures.
Dès avant la loi de 1863, des particulièrs avaient fondé deux des établissements qui allaient être rangés plus tard dans cette catégorie : c'étaient, à Leyde, l’école libre inaugurée en 1851 par la Société « Mathesis Scientiarum Genitriæ » et comprenant, en 1907, 377 élèves, et, à Rotterdam, l’Académie des Beaux-Arts qui réunit à l’heure actuelle plus de 1.450 élèves. Mais, ces écoles demcurèrent les seules de ce genre, et ce médiocre développement est une conséquence du peu de faveur rencontrée parmi la classe ouvrière par cette branche de l’enseignement moyen.
B) Ecoles moyennes supérieures.
Ici encore, l’enseignement privé n’a pas pris une très’ grande extension. En 1876, il n’existait en fait d’établissements moyens supérieurs que l’école d'Enschedé fondée en 1863 et comptant 52 élèves, et une école catholique à Amsterdam créée dix ans plus tard et qui en ‘comprenait 48.
En 1907, ces deux premières écoles avaient disparu, mais on en comptait 5 autres: à Nimègue (Canisiuscollege), à Rotterdam (Christelijk hoogere burgerschool), à Voorschoten, à Katwijk-sur-le-Rhin (Willebrordus-
college) et à Rolduc. Ensemble, elles contenaient une population scolaire de 527 élèves. Toutes sont à cours quinquennal et, sauf l’école protestante de Rotterdam, n’admettent pas de jeunes filles à leurs cours. Ajoutons qu’à l’école catholique de Rolduc, dans le Limbourg, tous les élèves qui, en décembre 1907, étaient au nombre de 157, sont, contrairement à la règle générale, internes.
C) Ecoles professionnelles.
C'est surtout sur le terrain de l’enseignement professionnel que l'initiative privée s’est donné libre carrière. À l’origine même de cet enseignement, nous rencontrons l’école établie à Amsterdam par la « Société de la classe ouvrière » et l’école libre d'agriculture de Haren. La nécessité de ces études professionnelles se faisant sentir de plus en plus, les établissements privés se multiplièrent pour préparer aux différentes carrières de la vie concurremment avec les établissements publics.
a) Enseignement agricole. — Si beaucoup d'efforts furent inutiles ou ne donnèrent que de maigres résultats, ce serait pourtant une erreur de croire que l'initiative privée s’est désintéressée de l’enseignement agricole. Les sociétés d'agriculture, notamment, qui sont très nombreuses en Hollande, ont pris à cœur la prospérité des études agric les. Presque toutes ont leur professeur ambulant ou leur consulteur. C’est ainsi que la Société néerlandaise d’horticulture a ses professeurs ambulants qui, durant l'hiver 1907-1908, ont donné 77 leçons suivies par 2.802 auditeurs, que l'association « L’Enseignement agricole » à Middelharnis possède un consulteur agricole, que, dans les différentes provinces, ont été institués des cours pour les soins du bétail et pour la
ferrure des chevaux, cours suivis pendant l’hiver 1907- 1908 par plus de 1.100 élèves, etc. La plupart du temps, ces sociétés reçoivent une subvention de l'Etat.
D'un autre côté, un ancien officier de cavalerie, M. le major Van Swieten avait, vers 1890, fondé en Frise un groupe de trois écoles : une école d'agriculture, une école forestière et une école d’horticulture. De ces trois institutions, une seule est restée : l'école d'hiver d’horticulture, à Frederiksoord. À la fin de 1906, cette école comptait 35 élèves. Elle reçoit annuellement du gouvernement une subvention de 5.000 florins.
b) Ecoles d'artisans. — Ce sont les particuliers ou les associations de particuliers qui ont créé cette branche de l’enseignement professionnel et, maintenant encore, sur 43 écoles d'artisans, 38 sont libres. Elles ont servi de modèle aux établissements publics et sont organisées de même façon. La durée des études y est la même. Elles exigent aussi une rétribution scolaire de leurs élèves et reçoivent des subsides des pouvoirs publics.
c) Ecoles de dessin et de Beaux-Arts. — Plus nombreuses encore sont les écoles de dessin dues à l'initiative privée. De puissantes associations se sont occupées de les appeler au jour : La Société du Bien public, en particulier, qui, érigée en 1784, a eu une influence considérable sur la marche de l'instruction en Hollande, en a créé plusieurs ; d’autres associations ouvrières comme « Patrimonium » ou la Ligue populaire des Catholiquesromains l'ont imitée sur ce point, tantet si bien qu’en 1907, sur 189 écoles de dessin avec 12.028 élèves, il y avait 160 écoles privées comprenant 10.667 élèves. Ces chiffres montrent éloquemment l'élan donné par l'initiative privée à cet enseignement.
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L'enseignement des Beaux-Arts lui-même, est donné dans sept établissements libres fréquentés par plus de 1.500 élèves.
d) Ecoles de commerce. — Pour l'instruction commerciale, les écoles privées ne font pas défaut. On comptait en 1907, 10 écoles libres de jour et de nombreux cours du soir. Deux sociétés : celle d'Amsterdam et celle de Rotterdam, s'occupent de fournir une instruction commerciale supérieure. Du reste, grâce à l’activité de l'inspecteur de l’enseignement moyen chargé de la surveillance des écoles de commerce et aux efforts de l'Association nationale pour l’enseignement commercial, cet enseignement s’est beaucoup développé durant ces dernières années.
e) Ecoles de navigation et de pêche. — Plusieurs de ces écoles que nous avons examinées plus haut, sont l’œuvre de sociétés privées qui veillent concurremment avec les communes à la formation professionnelle des marins, des pilotes et des pêcheurs. Presque toujours, elles reçoivent des subventions de l'État ou de la commune pour aider à atteindre leur but.
D) Enseignement moyen pour les jeunes filles.
Sans parler des nombreux pensionnats qui existent en Hollande pour l'éducation des jeunes filles des classes aisées. il faut signaler les quatre écoles moyennes libres de Ubbergen, Amsterdam, Hilversum et Bloemendaal, et surtout les écoles professionnelles féminines inaugurées par la Société du Bien public et arrivées au développement considérable que nous avons constaté en examinant l’enseignement public.