SECOURS AUX VEUVES ET AUX ORPHELINS
11 « tranquillisera celui qui pleure : il n'opprimera pas la veuve » K On ne verra « ni enfant mineur qu'il ait mis en deuil, ni veuve » qu'il ait dépouillée » - ; il se gardera bien « [d'enlever le pain » de la bouche] des enfants, ou de se tenir sur la portion de la » veuve pour détruire ses ressources, » ^ ou encore de « chasser » l'héritier de son patrimoine » *. C'est à propos de la veuve sans doute que Khiti dit quil n'a « pas enlevé Tenfant à sa mère, » rimmble à sa femme, ni gâté les choses qu'ils aimaient » '. Au contraire, il sera « secourable à la veuve » ^ ; il voudra « proté- » ger les veuves », privées de maris ou d'amis, et rendre aux orphelins les biens de leurs parents ' ; il distribuera du blé à « la » veuve et à son fils » ^ ; il assumera envers les orphelins toutes les charges et les devoirs de la parenté : il abritera, il vêtira, il nourrira les délaissés. Il sera « le mari de la veuve » " « le père du » petit^'^ » et « du faible^' », « l'asile de l'orphelin »^-,le« soutien^"» ou le « vêtement de qui n'a plus de mère » ^^, le « nourricier des » enfants » '' et le « frère de la jeune femme » c'est-à-dire celui qui établira l'orpheline *^. La famille sans chef ne rend plus de service à l'État, mais elle est une réserve pour l'avenir; en outre, elle mérite pitié et le bon prince est bon pour tous. C'est pourquoi Amoni « donnait à la veuve comme à la femme qui avait un » mari » '".
I Pap. 1,H6 de Saint-Pétersbourg, § 8 {jE. Z., 1876, 107|.
-i Amoni à Béni-Hassan (L. D., II, 122; /?. Tr., I, 171).
•'• Téfabi à Siout (Mariette, iM. /).. pi. 69, p. 22, 1. 3: Gkiffith, Siul, pi. 13).
1 Menkhopeiv, tombeau ù Thèbes (J/. M. C, V, 332).
5 Khiti à Siout (Mariette, M. D., 69; supra, p. 494, n. 4).
6 statue d'Hor, fils d'Hor, ép. rom. (D.\ressv. R. Tr., XV, 158).
" Amonemhâït, xviip d. (Piehl, ^S. Z., 188>>, 132) : nekh kharl ariti hennouou-s..., di-n-f ...ou her ast atefou. — Rekhmarà (Newberry, R., vit. 21-22) : aou nekh-n-a khart an ha-s, men-n-a si àwou her nest atef-f.
* Khiti (loc. cit).
a Antef (Louvre C 26, 1. 18 : Chabas, B. Eg., IX, p. 18: cf. Contes, loc. cit., p. 12) : ha n kharit ; — Amonemhâït. xiii« d. [R. Tr., XVII. 4).
1» Sobkou à El-Kab (L. D., III. 13 c).
n Antef, 1. 17. Cf. Contes.
lî Antef, 1. 18 : haït n tefen (Wiedemann traduit tefen par « expulsé », de tef « cracher, » s'évader «, comme tefnouït « l'humidité » (R. Tr., XVII, 5).
" Antef, ibid.
1* Contes, loc. cit.
<6 Montounsisou (Louvre C 1 : Maspero, B. Eg., VIII, 157).
'6 Contes, loc. cit.
1" Amoni (L. D., II, 122 : R. Tr., I, 174).
SI 4 DEVOIRS KNVEnS LES INFÉRIEURS
Le soin des malades et des infirmes est mentionné rarement dans les épitaphes. Cependant, pour exceptionnelles qu'elles soient, de telles mentions se rencontrent, au moins sous les dernières dynasties. Tel bienfaiteur « chassait la maladie » ^ ; tel autre fut « le remède de qui était malade » -; un autre « l'œil de » l'aveugle, le pied du boiteux » ^ Rappelons cependant l'épidémie qui, avec la famine, désolait Aamaatour, quand Atéfi la secourut^. Ramsès II faisait mieux : il promet à ses sculpteurs de les préserver de toute maladie : « il n'y aura personne qui s'alite parmi » vous, ni homme qui souffre par pénurie » ^ Dans les correspondances des scribes, il est question parfois de malades. L'un, après une longue dissertation sur les chiens du voisinage, décrit, avec plus de détails réalistes que de sympathie apparente, les maux dont est accablé un collègue ^ L'autre parle de l'état d'un gendarme, victime d'une attaque de paralysie; il annonce l'intention de l'emmener avec lui pour se concerter avec son correspondant, et de faire tout le nécessaire ^ Une lettre, où des instructions précises visent l'organisation d'un chantier de travail et la distribution des ouvriers, défend absolument d'employer des malades à soulever des pierres ^ De fait, des notes au sujet du travail des ouvriers, prises au jour le jour sur des ostraca, indiquent que tel ouvrier a passé au lit un jour de chômage ^ ; que tels autres ont manqué à leur ouvrage un certain nombre de jours dans le mois parce qulls étaient malades. Même, parmi les excuses
1 stèle d'Haroua, xxvi» d. {supra, p. 504).
2 Stèle de Pétharpekhroudi, ép. saïte (supra, p. 505, n. 6).
3 Amélineau, Évolution, p. 147.
* Stèle d'Atéfi, xii« d. (supra, p. 508).
c Stèle de l'an VIII de Ramsès II, 1. 16, Musée du Caire (cf. inf?a, ch. xiv, | 3).
•> « Il y a un scribe comptable qui demeure avec moi. Tous les muscles de sa l'ace » tressaillent; Tophtalmie s'est mise dans son œil; les vers rongent ses dents. » (Pap. Anaslasi IV, xni,5-6; Maspero, G. Ep., p. 2^2; Pr. S.B.A., mai 18ul).
7 « Le soldat de police Nakhtsôti est tombé dans le marasme : il est inerte comme du » bois; il est comme tout homme Irappé du dieu Phrâ. S'il plaît à Amon de me laisser » vivre (assez longtemps) pour que j'aille au midi, j'emmènerai cet homme; je me » concerterai avec toi ; je verrai ce qu'il est m'ccssaire de lui faire et on le lui fera. » (Pap. de Turin, pi. 26, l". 2 sqq.; Maspero, G. Ep., p. 7). Pleyte (p. 26) et Chabas traduisent autrement,; pour eux l'homme était non un malade, mais un criminel.
8« Que nul quartier-maître (ouaou) malade ne soit chargé de dresser la pierre! » (Pap. de Turin, pi. v : Pleyte, p. 13; Maspero, G. Ep., p. 17). Selon Chabas (Mél., l, 92) : « Que l'ofïicier ne commande pas de malade pour lever la pierre ! »
9 Ostracon Gaillaud (Chabas, .-E. Z., 1867, 37; Devéria, B. Eg., Y, 259).