‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 102 sur 182 · ARCHIVES DE TELL-EL-AMARNA · texte numérisé non relu

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se relâchent, se détendent tout à fait et laissent place à de simples alliances : les formules protocolaires des correspondances^ avec les rois de TAlasia, du Naharaïna, ou du Mitani en font foi. Des royaumes indépendants s'étaient dressés devant les armées égyptiennes ; des souverains, au lieu de se courber devant les pharaons, en apportant leurs tributs, se contentaient de les assurer de leur amitié, d'échanger avec eux des cadeaux, et de les traiter de frères, voire même de gendres-.

Les « messagers royaux » vont jusqu'aux extrémités du monde connu ; inspecteurs ou proconsuls en Syrie, ils ne sont plus qu'ambassadeurs au Mitani, en Assyrie, à Babylone, ou dans les îles grecques ^ ; du fond de la Mésopotamie arrivent des messages khaldéens^. Correspondances et ambassades traitaient de sujets fort divers^: questions politiques intéressant les rois, intrigues, alliances, compétitions, querelles armées, rébellions, mariages princiers, cadeaux envoyés, marchandises demandées, — questions intéressant les simples particuliers, marchands détroussés ou séquestrés, voyageurs morts enterre étrangère, artisans émigrés et extradés. A défaut dun droit international reconnu, l'amitié et l'intérêt bien entendu des souverains obtenaient des restitutions ou des indemnités; peut-être, à la suite de négociations ^ les solutions adoptées formaient-elles précédents et jurisprudence.

Quand à leur tour Assour, Ninive ou Babylone amalgamèrent les peuples de l'Asie en de vastes empires, l'Egypte cessa d'être le pivot du monde. En dépit de la légende de Sémiramis, elle ne fut pas encore entamée ; mais l'Asie lui échappa. Depuis les crocodiles et hippopotames envoyés à Tougoultipalécharra (Téglath-Phalazar, vers iiOO)^ la diplomatie égyptienne s'efforcera tantôt de

1 Delattre, Corresponda7ice asiatique (Rev. Quest. hist., LIV, 334-361), • Maspero, H. Or., II, 279.

2 Lettres de Douchratta, roi de Mitani (Winckler, Thontafelfund, p. 17 ; Maspero, p. 282. S'wpm, p. 211).

3 H. Or. II, 277, n. 2.

^ Lettres de Kallimasin et de Bournabouriach, rois de Babylone (Bezold, Tablets, n»^ 1-3 ; Maspero, p. 280, n. 1 ; 282, n. 1 ; 280, n. 2).

6 a. Or., II, 27h sqq.

* Lettres de Bournabouriach et Douchratta (Bezold, op. cit.,n«^ 3, 11 ; Maspero, 288, n. 2).

' Obélisque brisé, col. I, 1. 29-30 {Lotz, Inschr. Tiglathpileser's I, p. 197; Oppert, Mém: sur les rapports de l'Egypte et de l'Assyrie, 1869, p. 10 ; Maspero, H. Or., II, p. 658).

se concilier la bienveillance des potentats asiatiques, tantôt de leur susciter des ennemis ou des rivaux. Palestine et Judée, Damas, Phénicie et Syrie furent des marches disputées par les influences ou les armes. Psioukanou II s'allia à Salomon ' ; Chéchonq (940) pilla Juda et Israël ' . L'Assyrie descendit lentement par le Nord ; Assouraazirpal et Salmanasar III (860-825) conquirent la Syrie du nord ; Téglathphalasar III abattit Damas et démembra Israël; malgré les promesses de lEgypte, Samarie succomba devant Sargon (722), Les deux empires arrivaient à se heurter : le général égyptien Chabé défait à Raria(720) abandonna la Basse-Egypte; son maître Bokkhoris fut renversé et brûlé par l'Éthiopien Chabakou (Sabacon) ; et Stéphinatès, roi de Sais, envoya des présents à Sargon (714). Quarante ans après, Taharqou .avait secouru la Judée contre Sennakhérib : mais Asarhaddon le vainquit, donna Memphis au saïte Nikhao P"", saccagea Thèbes (672) et laissa garnison en Egypte ; Assourbanipal acheva la ruine et démembra la monarchie (667). Voici que les Mèdes renversent Ninive (608) et fondent un nouvel empire ; la Khaldée se relève ; TÉgypte l'avait devancée ; elle recouvra (vers 650) son indépendance, son unité, sa gloire avec la dynastie saïte de Psamitik P"" et Nikhao II. Mais la Khaldée eût voulu hériter de la suzeraineté d'Assour ; Nikhao s'empara de la Syrie, tantôt ennemi, tantôt allié de ses peuples et des prophètes de Juda ; Nabuchodorossor l'en chassa (605), et rasa Jérusalem (586) malgré l'appui de Ouahibrî (Apriès) qui ne put que recueilhr les fugitifs. L'ambition des Perses réconcilia les adversaires menacés par le péril commun ; une alliance offensive et défensive unit avec le Lydien Krœsos, Ahmasis II d'Egypte, Nabounahid de Babylone et les Lacédémoniens ; mais Kyros, conquit la Lydie (546) et Babylone (539), etKambysès s'empara de l'Egypte (525). Les Grecs devaient venger les vieux empires : Ahmasis avait échangé avec eux des ambassades ; la rébellion d'Inaros s'appuya

1 I Rois, III, \.

2 Listes de Karnak (L. D., III, 252; Champollion, Not., II, H3 sqq.; Maspero, M. Z., 1888, 44-49).

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