LE ROI ÉMULE DU SOLEIL VIVIFICATEUR
oblige aussi bien les barbares que les Egyptiens, car il est aussi leur soleil S leur souverain et leur bienfaiteur, « soleil de l'Egypte » lune (Je toutes les terres'-, Nil de l'Egypte et abondance de tout » humain, montagne d'or et d'électrum pour tout pays» ^ .
Le soleil fait vivre. Il est « le père des dieux, Tauteur des » hommes, les producteurs des animaux et des plantes » '. Le roi aussi est « le maître de la création comme Aton » "' , l'auteur de la vie pour tous les êtres ^ un « renouveleur ou multiplicateur de » naissances » \ Pure grâce de sa part! « Le monde entier existe » par son amour - », fait dire de Ramsès II un poète parle chef des Khétas à celui deQadi. Preuve aussi de sa prudence ! « Tu vivi- » fies les habitants de la terre par ta sagesse » ^ dit Ptah à Ramsès II; ou, selon la variante de Ramsès III: « Tu connais par- » faitement les secrets de la vie et tu vivifies les hommes à ton » gré 'S) ; ou encore, plus dramatiquement : « Tu es le soleil de » l'Egypte, tu parais et les hommes vivent » ^'.
Le soleil réveille le monde et le tire de sa léthargie nocturne, image de la mort. Le roi aussi « dont tous les actes sont réelle- » ment comme des souffles de vie », tire son peuple de rabattement et de l'inertie quileslivrentaux ennemis: par son activité, son ardeur, la confiance en sa valeur « il a forcé les hommes à détes- » ter le repos » '-.
I Sur le roi « Soleil Hos Barbares, Hd Peltiou », voir supra, ch. i, p. lo, n. 3 f, 4 et ^. ^ Rà H Kainif, Aah n toou nebou : Séti I'% Karnak (supra, p. IS, n. 3 h). — Bd n
Kamit, Aah n keftou : Ptolémée II, Philte (L. D., IV, 7 b, 1. 7; Sethe, Urkunden, II, 109, cf. 15, n. 1 h); — « Prince de l'Egypte, Soleil des Barbares » : Ramsès III, Médinct- Habou, 2« cour, mur N. (Daressy, p. 120).
3 Ptolémée II, Philœ (loc. «"/., 1. 10 et 5).
* Hymne à Amon-Rd du pap. de Boulaq, 1. 6-7 (Grébaut, p. 5).
5 Àï, Hagi-Qandil {R. Tr., XV, 40-49).
^ « Chef de naissance divine qui donne l'existence aux deux mondes, dli meses nuteru, « skheper tati « ; Ramsès IV, an IV, stèle d'Abydos, 1. 1-2 (Piehret, R. Arch., p. 279). — Ai, an III, stèle de Saqqarah (Daressy, R. Tr., XVl, 123).
' Ouahem mestou. Ce titre servit d'abord de nom d'Horus à Amonemhâït I". Sinouhit l'ayipliquait à l'éloge de Sénouserit (Contes, p. 103); il devint dans la suite synonyme du mot roi (Chabas, Mél., II, 37, 72).
» Pap. Anastasi II, II, 3 et An. IV, VI, 8 (Chabas, Et., p. 278).
9 Décret de Ptah : Abou-Simbel, 1. 7.
'f* Médinet-Habou, !'"■ pyl., iJérret, 1. 12.
II Médinet-Habou, mur N., o^ tabl. (Daressy, 87). — Cf. : « Tu es le roi qui éclaires » l'Egypte, paraissant pour faire subsister les deux terres. » [Ibid., 4« tabl., p. 188).
12 Ménéptah, Karnak, 1. b.
Le soleil donne la vie et la santé : « la vie est dans ta main ; la » santé est en toi ; la Fortune et TAbondance (Chaï et Rannouït) » sont dans ton poing » ^ Le roi a le même privilège- ; il « assainit » la vie des humains- ». « Tu ouvres la bouche », dit Ptah encore à Ramsôs II, « pour fortifier qui tu veux, car tu es Noum ; ta » royauté est vivante en force et en puissance comme celle de Râ » depuis qu'il gouverne rp]gypte ''. »
On appelle le soleil « père et mère des humains' ». On donne le même titre au roi*^, Séti P' « le beau vivandier qui donne la vie » à ses soldats » est également « père et mère de tout le monde ^ ». Le roi crée la vie et il la conserve. De lui chacun peut dire que le « maître des deux terres a fait son double'^ ». Sa sollicitude constante lui donne aussi des droits à ce nom de père '' : « Je suis » le souverain qui vous garde, dit Ménéptah; je veille pour étu- » dier [ce qui est utile à votre bien-être ; je suis un père :] en » est-il parmi vous un semblable pour faire vivre ses enfants? "^ » On connaît Tanecdote de Charles II d'Angleterre qu'un flatteur nommait un père pour ses sujets : « Oui, rectifia un courtisan, ou » du moins père de beaucoup d'entre eux ». Plus véritablement, aux yeux d'un l^^gyptien, le roi étend sa paternité à tous ses sujets et à chacun d'eux. Comme en Russie, quand on parle du Père
1 Hymne à Amon-Rd : Inscr. de Roniâ à Karnak, 1. 3 (Stekn, M. Z ., 1873, 74-75 ; Ghabas, Ib. 137-138).
- « Tout salut, toute vie, toute stabilité, toute vie, toute santé, tout contentement » dépendent de lui comme de son père Rà chaque jour. » Autel de Séti P'j Mus. Vienne {R. Tr. XII, 6). — Cr. celui de Taharqa (L. /)., V. 13).
3 Ouza ànkh hamou. Protocole d'Epiphane {Décret de Memphis).
^ Ramsès II, Abou-Simbel, I. 13.
■'■> « Mère de la terre et père des humains » (Pilier du grammate Iloui-chera au Louvre, C, 76 (De Rougé, Catal.. p. 71 ; Pieruet, Rec. II, 9-11).— Hymne à Osiris (^. Z., XXXVIII, p. 31) : « Tu es père et mère des hommes, ils vivent de ton souffle et se nourrissent de » la substance de ton corps. »
<> Le roi Akizzi écrit à Aménôthès III que les Khàtis ont envahi la banlieue de Qathna, incendié, pillé, enlevé les images des dieux, entre autres celle « du Soleil, dieu de mon » Père » c'est-à-dire d"Amon-Rà, dieu du Pharaon (Bezold-Budge, Tablets, n» 36, p. 76, 1. 47-53 ; Maspero, R. Tr., XIX, 65. Cf. Delattre, Chanaan, p. 8'i-87).
7 Inscr. de Radésiéh (L. />., III, 140 b, /.'. Tr.,Wl\, 77).
* Tomb. du grand-prêtre Râ à Abd-cl-Gournah sous Aménôthès II (L. D., III, 62 c ; BiRCH, Patère, B. Ëg., IX, 263).
'■> L'un des noms (|Ui désignent le roi, ati, n'est-il pas en relation avec les mots ai, émanation, ad rosée, at vulva, ni ou (id enfant, al ou atef père, et n'ét]uivaudrait-il pas à « patriarche » ou quehjue chose d'analogue ?
i« Karnak, 1. 16-17 (Maiuette, pi. 52 ; Ciiabas, Et., p. 193; Cf. Maspero, //. Or., 11. 433).