‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 110 sur 182 · ANARCHIK ET MORT NATIONALE · texte numérisé non relu

ANARCHIK ET MORT NATIONALE

l'attente d'un successeur, on ne se sentait plus vivre. Tous poussaient vers Amon-Râ le cri des Éthiopiens avant l'intronisation d'Aspalout : « Donne-nous un maître pour nous faire vivre* ». On se rappelait sans doute les troubles qui avaient accompagné la transmission du pouvoir, les intrigues de palais, les querelles de princes, la sécession des provinces, les luttes armées, la guerre civile.

Tels les temps qui suivent la mort de Séti II. Déjà depuis Ménéptah, les compétitions de princes avaient affaibli le pouvoir royal. Après Séti II, ce fut la débâcle. Les chefs des nomes revendiquèrent leur indépendance : aucune autorité centrale ne les comprimait pour le bien général. Anarchie et guerre civile désolaient le pays. Aucune sécurité, ni pour les biens, ni pour les personnes. Le grand papyrus Harris décrit en termes énergiques ces temps sinistres : le pays entier était en désordre, le grand trône d'Egypte était souillé ; tout était bouleversé :

« Le pays de Karait s'en allait à la dérive; les gens qui s'y trouvaient, ils n'avaient » plus de chef suprême, et cela pendant des années nombreuses, jusqu'à ce que vinrent » d'autres temps ; car le pays de Kamit était aux mains de chefs de nomes qui se tuaient » entre eux, grands et petits. D'autres temps vinrent après cela, pendant des années de » néant (m. à m. années vides), où un Syrien, nommé Irisou, fut chef parmi les nomes » et força le pays entier à prêter hommage devant lui ; chacun complotait avec le pro- » chain pour piller les biens l'un de l'autre; et, comme on traitait les dieux de même » que les hommes, il n'y eut plus d'offrandes faites dans les temples 2. »

Au sortir de cette anarchie mortelle, Nakhtséti et son fds Ramsès III firent renaître le monde :

Nakhtséti « fut comme les dieux Khopri et Soutkhou en sa violence, remettant en état » le pays entier qui était en désordre, tuant les barbares qui étaient dans le Delta, puri- » fiant le grand trône d'Egypte; il fut régent des deux terres à la place de Toumou, » s'appliquant à réorganiser ce qui avait été bouleversé, si bien que chacun reconnut un » frère dans ceux qui avaient été séparés (litt. murés) de lui pendant si longtemps, réta- » blissant les temples et les sacrifices, si bien qu'on rendit aux cycles divins leurs » hommages traditionnels <*. »

Après lui, Ramsès III continua son œuvre :

1 Stèle du Gebel-Barkal, 1. 13 (Mariette, 4 pages, p. 11; Maspero, B. Eg. VU, 141). ^Grandpap. Harris, pi. lxxv, 1. 2-6 (Einsenlohr, Trans. S.B.A.; Ghabas, Recherches, 1-23; Maspero, Lettre sur l'Exode, B. Eg., VII, 119). 3 Jbid., p. Lxxvi, 1. 8-9 (Ghabas, XIX" d., p. 23-27; Maspero, H. A., p. 26G.

« J"ai fait vivre le pays tout entier : misérables, nobles, clans, mortels, hommes et » femmes; j'ai relev6 tout homme de son crime et lui ai pardonné; je l'ai sauvé du » puissant qui pesait sur lui. J'ai placé tous les citoyens sur leur voie dans leurs villes. » — J'en ai fait vivre d'autres par l'autel * de la porte. — J'ai pourvu de nouveau le » pays qui était dépouillé. Le pays est bien rassasié pendant mon règne 2. »

La nature et les humains, les peuples et les individus, doivent donc également toute leur existence à la divinité solaire et au roi.

Les sujets se félicitent de cette action créatrice perpétuellement sage et bienfaisante du roi. De lui seul ils attendent vie et bonheur; et leurs actions de grâces s'animent de l'enthousiasme poétique, comme dans ces strophes de Sehotpouabrî que Ton pourrait intituler Y Hymne du sujet fidèle :

« Commencement de l'instruction qu'il a faite à ses enfants : » Je dis bien haut : Je vais vous faire entendre,

» * je vais vous faire savoir des choses qui donnent l'éternité, » * des choses qui donnent une vie nouvelle et une existence longue et paisible. » Adorez le roi Amonemhâït \\\ en vos seins, ' ayez toujours Sa Majesté présente en

» vos cœurs, » car le roi est le dieu omniscient, * qui vit dans les cœurs

» et dont les yeux pénètrent tous les seins; 'c'est le dieu Soleil dont on voit

» les rayons.

» l\ éclaire les deux Égyptes mieux que le disque du soleil; ' il fait fleurir le pays mieux

» que le Nil à l'inondation; » il remplit les deux Égyptes de force et de vie ; " il donne la fraîcheur au nez ; » il donne des provisions à ceux qui le suivent, ' des vivres à ceux qui marchent

)) dans ses voies 3.

» C'est la vie que le roi; ' c'est l'abondance que sa parole;' c'est une création perpé-

» tuelle que son existence.

-» C'est un dieu Khnoum qui modèle tous les membres, * un générateur qui produit les

» êtres intelligents; » c'est une déesse Bast qui protège les deux Égyptes, ' quand on adore le geste

» de sa main ; » mais il est une déesse Sokhmit ' contre qui viole son ordre *. »

L'éloquence ou la poésie des éloges paraissent se nourrir un peu trop de métaphores et autres figures de rhétorique. Cepen-

1 Khd ni aa, bureau de la porte, c'est-à-dire de l'aumône.

2 Pap. Ilarris, p. 78, 1. 13; 79, 1. 1-2 (Ghadas, XIX^ d.. p. 72).

•' Cf. Textes funéraires et Hijinne à Arnon-Rd de Boulaq, 1. 7: ouadj hotepou,ar zefaou, « faisant croître les produits de la terre, producteur des provisions ».

* Stèle de Sehotpouabrî à Abydos sous Sénouserit III et Amonemhâït III, xii" d. (Mahiette, ylZ;?/rfos,II, pi. 24-26; t. III, p. 183-185, n« 670; Maspero, Guide, p. 71-72; Sur une stèle, 1' congrès = B. Ey., VIIl, p. 144).

sÉcuurrii extérieure 24 i

dant, si par elles-mêmes elles manquent de précision, elles correspondent néanmoins à des idées précises. Aussi convient-il, sans entrer toutefois dans une étude technique de l'administration égyptienne, de rechercher quelques renseignements plus détaillés.

I 3. — Le roi gardien de la vie.

Le roi faisait florir TÉgypte et permettait à ses sujets de bien vivre en leur garantissant la sécurité du jour présent et de l'avenir.

Du côté de l'extérieur, il les protégeait par sa vaillance guerrière ^ Mais la crainte inspirée aux ennemis n'étant pas toujours mortelle, ni même suffisante pour les tenir à l'écart, une administration prévoyante ne négligeait aucune précaution défensive.

Fortifications et places de guerre garnissaient les frontières. Gomme la Chine, l'Egypte reposait derrière une grande muraille, ou plutôt deux grandes murailles. Au sud, un long mur de douze kilomètres s'étend encore entre Assouan et Philœ, protégeant les abords de la cataracte : on la disait l'œuvre du roi Zosiri de la m^ dynastie -. La xn" la restaura, mais reporta plus loin la frontière, élevant de distance en distance des forteresses, comme celles de Derr, Koubàn ou Semnéh^; un camp retranché commanda le Nil en face de Philœ, quand la frontière y fut ramenée'. Le nord aussi possédait sa muraille qui barrait l'isthme. Quand Sinoulîit s'enfuit, à l'entrée du Ouady-Toumilât, il se heurte aux murs qu'Amonemhâït I" avait « construits pour repousser les » Sittiou et pour écraser les Nomiou-Chaïou », et du haut

1 Cf. supra, ch. m, p. 118-137.

- Stùle do la famine, 1. 11 (Brugsch, 7 Jahre der Ungernoth, p. 55-56). — Cf. Lancret, Descr. de l'E(j., I, p. 5-7; Letronne, Rec. des insc, II, 211, sqq., qui aUribue le mui' à DiodOtien; Maspero, /?. Tr., XIII, 204; et H. Or., I, 428.

s Stèle triomphale de Sénouserit I à Florence (Gh.\mpoluon, Lettres, p. 124 (2» éd.); Mon., I, pi. I et p. 34-36, etc.); — Inscriptions de Semnéh (L. D., II, 130 i et h, 151 e; DE RouGÉ, Rev. Arch., h s., t. V, p. 312 sqij. etc.); — (Cl'. Ghabas, Inscr. des mines d'or; Maspeuo, h. Or., II, 478-488).

* Il y eut toujours aux frontières naturelles de l'Egypte des forteresses et des garnisons. HÉRODOTE (II, 30) mentionne aux trois points extrêmes, celles d'Éléphantine, Daphnée et Maréa, établies par Psamitik I, et plus tard occupées par les Perses.

desquels veille « la garde relevée chaque jour » K Mais Amonemliâït avait sans doute seulement consolidé ou refait une construction de l'ancien empire, car dans les pyramides une muraille détermine le nom du lac Salé^; et Snofrou avait laissé son nom à plusieurs citadelles en ces parages^; peut-être môme fallait-il se reporter au règne des dieux et aux bienfaits de Râ^'. En tout cas, le mur du pays de Goclien hanta longtemps les imaginations populaires et elles trouvaient tout naturel de comparer le roi à ce remparts Les Pasteurs le jetèrent bas ou le laissèrent tomber; mais des prophéties nationalistes en promirent la réédification ^ Diodore mentionne un mur élevé par Sésostris de Péluse à Héliopolis ^ : ce qui est sûr, c'est que les xviii^ et xix^ dynasties reconstruisent à travers l'isthme plusieurs forteresses comme celle de Zalou ^ et Ramsès II fît travailler les Hébreux à une ville forte de son nom ^ . Sous les Ptolémées, le mur existait encore^". Mais l'Egypte même avait débordé sur l'Asie, conquis la Syrie et rencontré comme voisins et comme adversaires non plus des hordes d'envahisseurs ou de pillards, mais de grands empires. Dresser contre eux des places fortes ne suffisait plus; l'Egypte s'entoura d'une triple ceinture d'états-tampons, sujets, tributaires ou alliés^*.

Les Aménôthès épousaient des princesses de Mitani ou de Babylone; Ramsès, une fille du roi des Khétas; Psioukhanou prenait Salomon pour gendre ; les émissaires des Chabakou et des

1 Pap. de Berlin n» 1, 1. 16-19 (Chabas, Les Pap. de B., p. 38-39, 81-82, 91; MéL, II, 128; Maspero, Contes, p. 99; H. Or., II, 4ë9). — Gt. Ode de Kahoun [supra, ch. m, p. 126).

2 Pépi I, 1. 27 = Téti, 274 — Mirinrî, 38 et 142 (cf. Erman, M. Z., XXIX, 45).

* Pap. Berlin, I, 1. 16-17; Pap. de Saint-Pétersbourg I; Inscr. d'Ouni, 1. 21 (Maspero, //. Or., 3S1-3S2).

* Maspero, H. Or., I, 170.

5 Cr. Ode de Kahoun, supra, eh. m, p. 126, n. 1 et 3.

*> Dans le pap. 1.116 de Saint-Pétersbourg, attribué au règne de Tliotmès III ou de son fils, la prédiction d'un roi sauveur qui viendra du sud se termine par : « On bâtira un » mur, celui du Prince, afin de ne pas laisser entrer les Aamou dans l'Egypte » (Golé- NiscnEFK, R. Tr., XV, 89).

7 280 kilom. (Diodore, Bibl. Hist., Il, 57 ; Maspero, H. Or., II, 469). — Sésostris hérite ici probablement de la renommée de Sénouserit (cf. Setiie, Sésostris; Maspero, J. des Sav., 1901, p. 593 sqq. ; J. Baillet, Ilev. Univ., 1902, p. 354-255).

8 Maspero, H. Or., II, 122.

9 Cf. Chabas, Ramsès et Pithoni, Mél., II, 108-164 ; Naville, The store city of Pithom. ^** « Le grand mur du côté est, dont la hauteur est de 100 (?), en vérité, pour écarter

» les rebelles de devant les dieux. » Stèle de Pithom, 1. 16 (Navu^le, ^. Z ., XL, 72, pi. m). " Cf. Maspero, //. Or., II 277-279, Cf. supra, ch. v, p. 211-215.

JOIF.S DK LA PAIX 243

Nikhao intriguaient pour élever une barrière de petits royaumes qui amortiraient le choc des conquérants et épuiseraient leur ardeur : la politique et la diplomatie remplaçaient la maçonnerie.

D'une manière ou d"une autre le roi, capable de mener rigoureusement la guerre, assure à ses sujets les bénéfices de la paix, gage de bonheur et de bien-être :

« J'ai fait, dit Amonemhâït, que l'endeuillé ne lût plus en deuil, et sa plainte n'a plus » été entendue; — les batailles perpétuelles, on n'en a plus vu, — tandis qu'avant moi » on s"était battu comme un taureau oublieux du passé, — et que le bien-être de per- » sonne, ignorant ou savant, n'était stable *. »

Il fait vivre même ses ennemis de ces bénéfices de la paix et les force à vivre heureux :

« J'ai fait se reposer de mon temps infanterie et cavalerie. Les Ghardanas elles Kahaks » sont dans leurs villes, couchant la hauteur de leur dos ; ils ne se préparent plus (à » combattre); Kouch n'attaque plus. Les misérables Kharou, leurs arcs et leurs » armes reposent dans leurs magasins; ils se gorgent et s'enivrent dans la jubilation; » leurs femmes sont avec eux, leurs enfants près d'eux. Ils ne regardent pas en arrière; » leur cœur a cédé. Je suis pour eux comme un vainqueur disposant de leurs membres 2. »

La reconnaissance des sujets, pour la sécurité que le roi leur assure par sa force et ses victoires, est d'autant plus chaude que les angoisses avaient été plus grandes, la paix plus troublée, les maux de la guerre sentis de plus près et plus longtemps. Après l'envahissement des Libyens et des peuples confédérés, lorsqu'enfin Ménéptah triomphe, TÉgypte respire et sa joie de vivre dans la liberté reconquise s'épanche en fêtes et en acclamations. Les poètes officiels trouvent des accents nouveaux, des métaphores inédites et des traits d'un réalisme caractéristique pour chanter le roi victorieux et libérateur :

« Il dissipe les orages amoncelés sur l'Egypte; il fait voir à la terre d'Egypte les rayons » du disque ; — il renverse une montagne d'airain de la nuque du peuple; il donne les » souffles aux gens qui étaient en captivité.

1 Instructions d' Amonemhâït, | V : Pap. Sallier II, pi. 1, 1. 7-9 (H. 0., I. 465).

2 Pap. Harris, p. 78, 1. 9-12 (Ghabas, XIX» d., p. 71). Ne faisons pas état de cet autre passage de V Éloge de Ménéptah (Pap. Anastasi II, p. 4, 1. 12-13) où semble respirer l'amour de la paix due au roi : « Qu'il est agréable de se reposer sur le dos, à cause de » Mériamon. Les braves guerriers viennent s'incliner devant lui en victoire et force. » (Ghabas, XIX' d., p. 93). Maspero (//. A., p. 257) traduit tout différemment : « Très amis » de qui a courbé son échine devant Miamon, v. s. f., ses soldats vaillants épargnent » celui qui s'est humilié devant son courage et sa force. »

244 PHARAON BIENFAITliUR ET VIVIFICATEUH

» Il libère le cœur de Memphis (de la terreur) de ses ennemis ; il donne à Ptah la joie » du triomphe sur ses rebelles ; — il ouvre les portes de la citadelle qui étaient closes ; » — il fait recevoir à ses temples leurs offrandes.

» Le roi Ménôptah I", — qui à lui seul affermit les cœurs des cent mille et des

» millions, (jui par son regard lait pénétrer les soulïles dans les narines.

» Oui, l'Egypte, depuis (le règne) des dieux, est la fille seule et unique de Râ;

» c'est son fds celui qui est sur le trône de Shou; — il ne montre pas un cœur indulgent » pour qui en attaque les habitants

» (Anion dit :....) Qu'il soit le défenseur de Memphis, qu'il soit lo champion d'Hélio- » pohs; — qu'il ouvre des cités qui étaient fermées; qu'il déhvre les foules prisonnières

» en tout nome; — ; — qu'il permette aux grands de reprendre leurs biens ; qu'il

» permette aux petits de retourner dans leurs villes.

» Il fut le champion de qui était opprimé par tout pays étranger : — que lui soit » léguée l'Egypte comme héritage ; car il la gouverne bien pour l'élernilé.

» Que ses victoires en protègent les habitants, les femmes, les enfants toujours; que » sa vaillance devienne le souffle de vie pour ses vaillants guerriers; — qu'ailluent les » biens à ceux qui sont sans malice; que ses angoisses s'abattent sur ceux qui tra- » vaillent au mal.

» Une grande allégresse règne en Egypte; des cris de joie s'élèvent du Pays

» égyptien

» Il est agréable de s'arrêter à seule fin de bavarder, à qui va se promenant sur la » route, sans qu'il y ait plus aucune crainte dans le cœur des hommes. — On quitte les » forteresses ; les sources sont rouvertes ; les messagers circulent.

» Les bastions des foi'ts se reposent au soleil, jusqu'à ce que s'éveillent leurs gardiens, » — les gendarmes qui sont couchés et dorment, les- Naou et les Tektina qui vont dans » les champs comme ils veulent.

» Les bestiaux sont aux champs, lâchés dans les pâturages, sans bergers pour passer » les marécages du Nil; — ne se crie plus d'appel dans la nuit « Halte ! alerte, alerte 1 » :>) de la bouche des gens.

» Qui marche va en chantant; il n'y a point de plaintes d'hommes qui gémissent; — » les villages sont prêts à revenir à leur premier état; celui qui laboure ses moissons, » c'est lui qui les mangera i. »

A l'intérieur, la tutelle du roi s'exerçait par une bonne police : Le roi sait tout ce qui se passe dans le pays. Comme dieu, il connaît tout et peut tout ; mais comme homme, il a besoin de renseignements et d'auxiliaires. Une administration bien stylée, une police vigilante, aident sa clairvoyance naturelle et sa pénétralion surnaturelle. Chaque jour afflue au palais une masse de rapports qu'envoient de toutes les parties de l'Egypte, sur tous sujets, tous les fonctionnaires attentifs à leurs devoirs. La voie hiérarchique les apporte. 11 s'y joint les correspondances directes de

1 Chant triomphal de Ménéptah, Stèle d'Israël (Spiegelberg, JE. Z ., 1896, 1-25; I'etiue, Six temples, pi. 13-14, p. 20-28).

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