‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 13 sur 182 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

çait de distinguer au cours des siècles des nouveautés, progrès ou simples transformations, n'encourraient-ils pas le reproche d'empirisme étroit, de positivisme décevant, d'érudition sans intérêt? Ne réclamerait-on pas, en dehors du spectacle d'une humanité évanouie, une leçon pour l'humanité présente et future ? A la connaissance plus ou moins fragmentaire des faits authentiques ne voudrait-on pas superposer des principes permanents et des lois universelles ? Parmi les idées des hommes du passé, ne chercherait-on pas surtout les éléments de théories nouvelles sur la nature et la destinée de Thomme ? Si un anthropologue moderne peut déclarer les sauvages, auxquels il consacre son étude, peu intéressants sinon comme image de nos ancêtres préhistoriques S l'histoire du plus ancien peuple civihsé risque de se heurter à l'indifférence, à moins que l'on n'y touche du doigt ce dont lui est redevable l'homme d'aujourd'hui et la contribution qu'elle apporte à la science de l'homme en soi^

Il s'imposait donc à moi de terminer mon étude par des conclusions philosophiques ou même métaphysiques aussi bien qu'historiques. Après avoir montré dans le détail quelles étaient en Egypte les vertus du roi, des grands et du peuple et leur correspondance, ne convenait-il pas de reprendre d'ensemble la question et d'étudier comment s'opérait l'accord, comment s'étabhssait le caractère moral des actes et des sentiments louables, et si, entre le gouvernement et les idées morales, existait autre chose qu'une harmonie préétablie ? J'ai signalé une influence directe mais réciproque, des pratiques et des principes du gouvernement sur la morahté et les jugements moraux ; j'en ai exphqué les réactions par la loi des deux courants inverses d'imitation et d'idéalisation et d'un perpétuel échange ; et c'est pourquoi mon étude môme avait suivi dans son plan les degrés de la hiérarchie, noté l'impor-

1 « Après tout les Aruntas et autres black fellows sont peu intéressants en tant que » sauvages ; ce qui nous attire vers eux, ce qui nous fait trouver profit à les étudier, » c'est qu'ils nous offrent l'image de ce que pouvaient être les ancêtres des Grecs, des » Celtes, des Germains, etc., à une époque que l'histoire n'éclaire pas. » (Salomon Reinach, L'Anthropologie, 1902, p. 669; Cultes, I, 84-85).

- Cr. Waddington, Rapport sur le concours, 1893 (G.-R. de l'Académie des Sciences morales, CXL, p. 578-579 =: La philosophie ancienne, 1904, ch. n, p. 43-45).

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