OBÉISSANCE
taire de toute sagesse qui enseigne à bien vivre et à bien faire. Il faut donc l'écouter docilement et suivre ponctuellement ses indications, ordres ou simples conseils.
« J'ai été attentif à ce qu'il me disait, » déclare le prince Kliiti ^; et Nakht-Khem: « J'ai placé mon co3ur dans sa parole-. » Antef, quelque grand qu'il soit, donne à la fois l'exemple et le précepte de cette souplesse de l'esprit et du caractère qui acceptent l'autorité établie, se conforment à ses leçons et à ses commandements et y voient l'expression môme de la volonté céleste. Quant à lui, il a toujours suivi « la direction du roi et ses préceptes excel- » lents » :
« Je n'ai pas, dit-il, violé ses paroles ; j'ai craint de transgresser sa règle. J'ai pros- » péré.en augmentant mes talents, par l'exécution de ses ordres; je devins illustre sous » sa direction... Ceci est une leçon de Dieu qui est dans le cœur de tous les hommes : » « Celui-là prospère qui est dirirjé dans la bonne voie pour ses actions. » Ainsi ai-je » fait ^. »
La promptitude dans l'obéissance en augmente le prix. Toujours prêt à répondre sur l'heure aux désirs du roi, le bon sujet n'hésite point, ne discute point l'ordre donné', mais Texécute sans perdre de temps. Le conte du papyrus Westcar en offre un exemple typique. Le prince royal Hordidif a parlé à Khoufou, son père, d'un magicien fameux à qui les prodiges ne coûtent aucun effort. Aussitôt le roi envoie chercher Didi, cet homme merveilleux. Voici le magicien. Sa Majesté dit : « Qu'est cela, Didi, que je ne t'ai jamais » encore vu? » Didi lui dit: « Qui appelle, on vient. Sire, v.s. f. ; » on m'appelle, me voici, je suis venu^ » Ce petit discours, simple et naïf, définit bien l'obéissance sans discussion et sans délai.
1 Inscr. de Khiti à Siout (de Rocgé, /. H., pi. 288 ; Mariette, M. D., p. 22 ; pi. lxviii ", col. 11 ; Griffith, Siut, pi. 15).
2 « J'ai été vraiment l'ami du roi, connaissant tout ce qu'il a ordonné rta-n-i hdli-i
» khenti zodt-f, et je n'ai pas manqué au destin qu'il m'a fait. » (Louvre G 55 : Pierret, Rec, II, 90; Piehl, J. H., p. 12, pi. x).
3 Stèle du Louvre G 26, 1. 23-24 (de Rokgk, p. 88).
* « Je fus un des suivants du dieu bon, Aménôthès II (de Thotmès IV et d'Aménô- » thés III; sans discuter aucune de leurs paroles, et personne ne pourra dire qu'il ait » vu fait pareil : an nez r zod-sen neb, an zod redu ari petra art nen. » (Harmhabi, xviii» d., M. M. C, V, 433, pi. y).
5 Contes, p. 72.
L'exactitude ne s'apprécie pas moins. Il faut obéir sans rien modifier à l'ordre reçu, n'aller point au delà, mais surtout ne point rester en deçà. Le vieil Ouni a gagné l'amour de ses maîtres par son dévouement, en particulier « parce qu'il exécutait toutes choses selon l'ordre donné par Sa Majesté » *. C'est à qui s'acquittera le mieux de ce dont le roi l'a chargé ; tel Sénouserit-Ketta :
« J'ai été sage et obséquieux, un bon agent de celui qui m'a envoyé. J'ai accompli les » missions que m'a donné le roi : j'ai été récompensé au Cabinet à cause de cela 2. »
Des termes équivalents notent la ponctuahté d'Hirou contemporain des Saïtes : « Chaque mission que m'a donnée Sa Majesté, «je l'ai mise en œuvre soigneusement » ^ . Dans tous les travaux dont Rekhmarà a dirigé l'exécution, il a « suivi exactement les » désirs » du roi * . « Jamais je n'ai rien ôté à ses ordres », déclare le prince Râmès ^ . Et Tliotinofri semblablement :
« J'ai suivi le dieu bon, sans avoir jamais dévié en rien de ce qu'il ordonnait, et je » suis sorti avec ses louanges... Mon enfance s'est passée à l'endroit où était Sa Majesté, » faisant ce que disait mon maître... J'ai suivi le prince en ses déplacements, et je n'ai » jamais été faible en tous ses desseins ; et jamais personne ne m'a dit : « Qu'est-ce » donc qu'il a fait là?... J'ai toujours accompli mon devoir envers le maître des deux » mondes ^. »
Thoti, ministre du trésor et des travaux, n'était ni moins dévoué ni moins actif, ni moins ponctuel dans son obéissance :
« Excellent quand on lui donne des ordres, il parfait les projets qui lui ont été )) commandés; il n'a pas détourné la face de ce qui a été mis sous ses yeux; il connaît
» les choses splendides, excellentes pour l'éternité Je les comptais (les tributs de
» Pouanit) dans la grandeur de mon dévouement à son cœur, et mes louanges
» [s'accrurent] de sa part Je lui étais reconnaissant, et Elle (Hàtchopsou) me connais-
» sait pour un homme qui fait ce qui lui est dit Ma tête veillait; mon cœur se dévouait
» à ses maîtres 7. »
L'obéissance gagne un nouveau lustre encore à se montrer constante. Ne jamais se lasser dans le service du roi; y travailler jour et nuit ; y apporter un dévouement de toutes les heures et
1 stèle d'Ouni, 1. 49, vi« d.
2 Le trésorier Sénouserit-Ketta, xn» d. : Louvre G 174 (Piehl, pi. v », p. 8; Pierret, I, 55).
3 Stèle de Ilirou, xxvi» d. (Piehl, R. Tr., III, 67-68).
^ Rekhmarà, Cheikh-Abd-el-Gournah, xviii" d. {M. M. C V, 165),
5 Râmès, xvui» d., Gournah (Piehl, yE. Z., 1887, 37).
6 Stat. de Thotnofh, xviii" d., Turin n» 153 (B. Tr., IV, 127-128).
^ Stèle de Thoti, ou St. Northampton, 1. 9-12, 34-39 (Spiegelberg, R. Tr., XXII, 119-122; Sethe, Urk., IV, 420-430).