LE ROI ENGENDRÉ PAR LES DIEUX
Cette cérémonie n'est pas, comme on croirait, de l'invention du clergé de Napata, A Thèbes, sous la xxi® dynastie, toute question importante était régulièrement soumise au dieu, qui, par un geste ou un signe de tète, exprimait sa volonté '. Mais cet usage datait de temps bien plus anciens. Pour Télection des rois, en particulier, elle remonte au moins jusqu'à la xviii*' dynastie. C'est ainsi, en effet, que ïhotmôs 111 explique son accession au trône. Fils d'une concubine de Thotmès I, il servait comme aîioiwiaoulef àa-ns le temple de Karnak; or, un jour de fête où le roi venait au temple :
« Amon, dit-il, me plaça dans l'hypostyle nord du temple », puis, après le sacrifice « royal, <' Amon fît le tour de la salle en ses deux moitiés, sans que personne put saisir » le motif de ses actions, et chercha Ma Majesté partout. Lorsqu'il m'eût reconnu, il s'ar- » rèta en face de moi et me fit venir sur l'espace vide; je me tins les bras ballants devant » lui et il me plaça devant Sa Majesté » c'est-à-dire il le désigna au roi comme héritier présomptif. Le roi en effet l'associa aussitôt à la visite du dieu en son sanctuaire. « Alors Rà lui-même m'intronisa, il m'honora de ses grands diadèmes et son urœus fut » placée sur [mon front]... il m'imposa des titres lui-même -. »
On retrouve bien là, avec quelques circonstances différentes, les éléments principaux de la coutume de Napata. Le roi n'est pas encore mort et les prétendants ne défilent pas tous devant le dieu. Mais il y a l'élection arbitraire d'un héritier non nécessaire et sa désignation par un geste de la statue divine^.
Mais le roi n'est pas seulement le fils adoptif de Dieu. L'élection divine, quoique manifestée seulement à l'avènement du prince, a eu ses effets avant sa naissance, dès l'heure de sa conception.
Le fds du Soleil était seigneur et roi « depuis le jour qu'il est sorti du sein » *, et même « dès le sein de sa mère » ^, ou, selon
* Cf. Naville, Iiiscr. hlslor. de Pinodjem.
2 Inscr de Karnak, Jeunesse de Thotmès III (Mariette, Karnak, pi. 14-16 ; dk Rougé, /. //., 106-17.3 ; Brugsch, Thés. VI, 1281-1290; Breasteu, A new chapter of Th. III, Uulersuchungeii de Sethe, II, 29 sqq. ; Maspero, /. Sav., Oct. 1902, p. 531-532; Sethe, Urkunden, lY, 153-176).
^ On peut comparer à cette cérémonie d'élection celle où chaque nouveau roi de Babylone saisissait la main de Bel.
* St. d'Hammamat, an III de Ramsès IV (L. D., III, 219), etc. 5 St. de Piànkhi, 1. 68.
le terme égyptien, « roi dans l'œuf, connme la Majesté d'Horus » ^ Le fils des dieux est vraiment leur progéniture : « épervier divin » dès la sortie du sein, œuf parfait et admirable d'Harmakhis, » monarque,, chair parfaite des dieux, enfante à leur image sur » terre » -. Le texte même qui raconte l'élection de Thotmès III affirme cette filiation préalable : « C'est lui (Amon) [qui a créé] » ma Majesté. Je suis son fils à qui il a commandé d'être sur » son trône, tandis que j'étais encore comme l'oisillon en son y> nid, car il m'a engendré en pleine conscience » ^ Entre les dieux et tous leurs héritiers, il y a la communication et la similitude de nature que la génération étabUt. « Tu es véritablement le fils » d'Amon, ta nature est semblable à la sienne », disent à Ramsès m les chefs captifs de Libye et d'Amaor. Réellement le sang divin coule dans les veines royales.
Cependant nous ne voyons rien chez les Egyptiens d'analogue aux généalogies débitées par les Grecs pour le compte de leurs héros et de leurs souverains. Agamemnon, fils d'Atrée, par Pélops et Tantale descendait de Jupiter. Les rois historiques de Sparte énuméraient aussi la série de leurs ancêtres pour remonter à Hercule et par son intermédiaire à Jupiter même. Les rois d'Egypte ne procèdent pas ainsi. Ils ne se donnent pas seulement pour descendants du Soleil, plus ou moins éloignés; tous, même les plus récents, se croient, au même titre que leurs ancêtres les plus reculés, fils authentiques du Soleil, fils de ses œuvres (ar-ni-f), fils de son corps (si ni ^ei-ef)^, fils de son ventre (si ni khet-ef), fils de sa procréation {si ni kheper-fy, ses
1 M souhit : Pap. Anastasi II, pi. ii, 1. 87, etc. «Je suis un roi de naissance, un souve- » rain qui ne s'est point fait ; j'ai gouverné dès l'enfance : j'ai été imploré dans l'a-uf, j'ai » dominé sur les voies d'Anubis et il m'a haussé jusqu'au Seigneur des deux moitiés du » monde, dès le temps que j'étais nourrisson ; je n'étais pas encore échappé des langes )) qu'il jn'avait déjà intronisé maître des hommes, me créant lui-même à la face des morn tels, il m'a fait trouver faveur devant l'Habitant du Palais (le roi qui le choisit parmi » ses frères) quand j'étais adolescent. » (Dédicace d'Héliopolis par Senouserit I : Stebn, » JE.-Z., 1874, p. 87 ; Maspeuo, ff. 0., I., 505).
2 Médinet-Habou, an IX, 1. 1 (Ghabas, p. 24G ; Dahessy, p. 92).
•'' Inscr. Karnak, Op. cit., supra, p. 37, n. 2; Maspeho, loc. cit., p. .530-531. I
* « 0 Rà-Toum, ton fils vient à toi...., c'est ton fils de ton corps à jamais » (Pyramide
d'Ounas, 1. 294).
s Cf. « Son père qui a créé son corps », dit par exemple le Khcm de Coptes pour Rani-
sès IV, à Hammamat (L. D., III, 219, 1. 8).
THÉOGAMIE RÉALISTE 39
héritiers naturels, parce qu'ils sont sa chair {àâ ni-f)K L'idée d'une Hgnée divine, plus facile à admettre, a-t-elle précédé celle de la filiation particulière de chaque roi ? A-t-elle persisté dans le peuple ou parmi les grands et les lettrés? C'est possible, c'est vraisemblable. Mais elle ne semble pas avoir été seule acceptée officiellement. C'est à l'autre que se rapportent la plupart des allusions.
Aussi bien le roi n'est-il pas le descendant, mais httéralement le fils d'un Dieu : il a été non adopté mais engendré par lui, réellement et matériellement. Le pharaon tient directement de son père tous les éléments corporels et spirituels de sa personne : « C'est ton fils, dit l'Énnéade à Amon, ton émanation, celui que » tu as engendré et que tu munis de ce que tu lui as donné, à » savoir ton âme, ton cœur, ta volonté, les enchantements de ton » diadème » -. Dans les expressions déjà citées, « fils de son ventre » {si ni khet-ef) etc., l'on pourrait voir une métaphore ; mais certains textes sont formels et ne laissent pas de place à cette interprétation. Celui-ci, par exemple : « Amon-Rà... l'a choisi » comme seigneur, l'a créé de sa race (littéralement : lui a donné » sa semence), l'a fait sortir de sa chair » ^ A Ibsamboul, comme à Abydos, Kamsès II affirme nettement cette filiation matérielle : ici il se fait dire « ton corps est le corps du Soleil » * ; là il explique ses succès parce qu' « étant fils des œuvres de Hà, il fait cesser les révoltes'. Il exprime même plus crûment encore ses prétentions : ({ Ainsi parle Ptah... : C'est moi qui suis ton père, je t'ai » engendré comme dieu; tous tes membres sont divins; j'ai pris » la forme du bélier de Mendès et me suis approché de ta royale
1 Cf. infra, p. 43, n. 4.
2 Naville, Deïr-el-Bahari, III, pi. 56. Cf. Gayet, Louxor, pi. 73 ; et Pépi II, I. 855 : « 0 Râ, ce Pépi est ton fils, il a une âme, une volonté, une puissance (émanées de toi). » (MonET, Rojjmité, p. 77).
3 Médinet-IIabou, Inscr. de Mésori an XI, 1. 27-28 (Daressy, p. 82). ■i Abydos, G^e inscr., 1. 55 (Op. cit., supra, p. 34, n. 7).
s Oun mou Rd (Ibsamboul, g'^e salle, S» tab. sud ; Champollion, Mon.; fi. Tr., VIII, 124) m. à m. « étant le sperme de Râ » et non pas son « essence pure ». pas plus que dans le texte où Osorkun I parle ainsi de sa descendance : a ta-i piri m mou, pir m haou-i, les » enfants issus de mon eau, issus do mes chairs » (Bloc de Tanis, de Rougé, /. //., I, 71 ; Cf. B. Tr. XVIII, 49).
» mère » '. Ni les rois ses successeurs, ni le sacerdoce, ni le peuple ne voyaient là matière à critique ^ puisque Ramsès III reprit le même texte et se l'appliqua parmi les inscriptions d'un autre temple'^ Dans une des salles fermées du temple de Louqsor S la décoration des murs montre en une série de tableaux et d'inscriptions l'origine divine et la naissance d'Aménôthès 111% d'une manière très explicite ^ Quand Khnoum a modelé sur son tour à potier le germe et le double du futur roi, Amon-Râ, maître de Karnak et seigneur de Thèbes, se rend près de la reine Maoutemouat. On les voit assis sur le lit nuptial, échangeant des caresses, et le commentaire en dit encore plus long^ Dans les scènes suivantes, la déesse Hâthor vante à la reine, déjà persuadée, l'honneur que lui a fait le dieu. Puis quand l'enfant est né, les déesses s'empressent autour de lui ; Amon accueille le « fils de son ventre » ; il le présente aux triades divines de Thèbes et à tout le panthéon égyptien qui assiste à l'apothéose du nouveau souverain. En cette aventure le couple royal joue de singuliers personnages. Sans
1 Décret de Plah : pour Ramsès II, Ibsamboul, 1. 3 (Naville, Tr. S. B.A., XII. p. 122), pour Ramsès III, Médinet-Habou, {"x pylône sud (Daressy, p. 64).
2 II ne faut voir sans doute qu'une métaphore dans l'expression : « Bouc de Mendès », désignant Ptah, comme dans cette autre qualification de Ménéptah, ou la métaphore est indéniable ; « issu de Râ, enfant engendré du taureau de On » (Pap. British- Muséum : Grébaut, //. à Ammon-Rd, p. 45).
3 Médinet-Habou (de Rougé, /. H., pi. 131; Naville et Daressy, //. cit.)
i Champollion, Mon., pi. 199, 265, 339-341 ; Lepsius, D., 111,74-75; Bouriant, R. Tr., IX. p. 84 ; LoRET, L'Egypte, p. 61-68 ; Gayet, Louxor, M. M. C, XV, pi. 63-67. " Amenhotep, Amonhotpou, Aménophis.
6 Les mêmes scènes avec des textes presque identiques se retrouvent à Deïr-el-Bahari pour la naissance d'Hatchepsou (N.wille, D.-el-B., II, 1896. pi. 46-55; Maspero, /. des Sav. 1899, 401-444) au Ramesscum pour Ramsès II (Daressy, Médinet-Habou, p. 12), et à Erment pour Ptoléraée Césarion (L. D., IV, 60). Outre le Décret de Ptah, divers textes font allusion à des détails de lathéogamie : modèlement par Khnoum (Ramsès II à Beit-Oually, L. D.. III, 177), allaitement par Amon (Harmhabi, statue à Turin : Birch, Tr. S. B. A. III, p. 486), allaitement au sein des déesses (passim; cf. supra, p. 27, n. 6 et 7). Les représentations des mamisi s'appliquent à la fois à Ilorus et au pharaon. Cf. Moret, Boijauté, p. 48-73.
7 « Il (Amon-Râ) se transforme en la Majesté de cet époux Râ-men-khoperou. Il trouve » la reine couchée au milieu des splendeurs de son palais. Elle s'éveille environnée de » parfums divins, elle demeure en extase devant la Majesté d'Amon. Il s'approche d'elle » pour la posséder ; il se montre à elle dans son activité divine. Après qu'il s'est retiré » d'auprès d'elle, elle reste en joie à la vue de ses splendeurs. L'amour du dieu circule « en tous ses membres, le palais s'emplit de parfums divins exhalant toutes les sen- 1) leurs de l'Arabie. » Aux remerciements et aux effusions de la reine, Amon répond : « Aménôthès, — c'est le nom de mon fils, — est en ton sein. Apprends-lui, par les paroles » qui sortiront de ta bouche, qu'il est destiné à exercer la royauté souveraine sur la » terre en son entier, que mon âme est avec lui, et que je lui lègue ma couronne afin » qu'il gouverne l'Egypte aussi longtemps que durera le soleil. »
THÉOGAMIE DE LOUQSOR 41
doute, comme Jupiter chez Alcmène prend la figure d'Amphitryon, Amon-Kâ prend celle de Thotmès IV. Mais Jupiter ne se laisse connaître qu'après la nuit terminée, tandis qu'Amon au contraire fait annoncer par Thot ce qui va se passer; malgré la ressemblance des situations, Maoutemouat sait à qui elle a affaire ; enfin, Amphitryon se fâche tandis que Thotmès IV écoute béatement les compliments du maître des dieux.
A vrai dire d'ailleurs, Amenôthès III à Louqsor, n'avait fait en cela qu'imiter son aïeule Halchopsou qui, dans son sanctuaire de Deïr-el-Bahari, fit représenter aussi les mystères de sa naissance '. Même l'attitude du père humain y paraît encore plus singulière à des modernes. C'est Thotmès I lui-même qui présente sa fille à ses sujets comme l'engendrée d'Amon, leur déclare qu'elle « est ^) bien divinité, la fille du dieu » et que les dieux la protègent pour obéir au ordres de « son père le maître des dieux » -. Les sujets ne manifestent aucun étonnement ; « ils publièrent le nom de Sa » Majesté..., car ils connaissent le père de la fille divine » '.
Malgré les analogies, malgré même la dérivation probable, il n'y a point parité entre la légende grecque et la doctrine égyptienne. Là, Jupiter ne recherche qu'une satisfaction libidineuse ; ici Amon accomplit un mystère sacré : la vie des pharaons doit participer au mystère de la vie des dieux. Jupiter ne prend que l'apparence d'iVmphitryon ; Amon-Râ s'identifie au roi régnant. Amon-Rà, le dieu suprême, s'engendre lui-même éternellement et chaque jour au sein de sa mère qu"il quitte chaque matin, de même il s'incarne successivement dans toute la lignée des rois ; son double anime le fils après le père, comme Osiris se perpétue en Horus, comme Bitias renaît de sa propre épouse après avoir été tué plusieurs fois.
Un texte du temple de Ménéptah prévient encore d'une autre façon le scandale, si les Égyptiens avaient pu en être effleurés.
* Naville, Deir-el-Bahari, II, loc. cit. et R. Tr., XVIII, p. 92. La même légende qui sert à Hatchopsou est répétée pour les naissances des dieux à Philœ, Esneh, Edjou, Dendérah.
2 Deïr-el-Bahari, Inscr. de l'intronisation, 1., 18 (R. Tr., XVIII, p. 99).
^ Ibid.,\. 26.
Amon-Râ-Sonter s'adresse précisément au même Aménothès III dont Louqsor représente l'histoire : « Mon fils de mon sein, lui » dit-il, mon aimé Nib-mat-Rà, ma vivante image, qui a créé mes » membres, que m'a enfanté xMaout, la maîtresse d'Achrou à Thè- » bes, la souveraine des Neuf-Arcs, qui t'a élevé comme monar- » que des hommes {rekhion) » '. De même au début du texte relatif à sa royale mère et au bouc de Mendès, Ramsès II s'intitule « le fils de Rà, né de Totounen, mis au monde par la puissante » Sokhmit'», tandis qu'à Abydos Isis lui dit ' : « Ta personne est » sortie de mon sein, tout comme Horus ». Et de même encore les dieux déclarent de Séti I que « le taureau Qamoutef l'a créé de » même que son propre corps, la vache Isis l'a formé pour l'héri- » tage du trône de Toum^ ». Ainsi ce n'est plus la reine qui a reçu Amon ou Ptah et enfanté l'héritier du trône, c'est Maout, la déesse associée à Amon dans la triade Thébaine, ou Sokhmit, l'épouse divine de Ptah dans la triade Memphite, ou Isis, la fidèle épouse d'Osiris et la mère d'Horus. Plus anciennement le prince Montouhotpou quaUfie la reine, mère de Sénouserit I, « l'unie aux » membres de Sokhmit^ », et déjà Pépi I s'intitulait dans son cartouche même « fils de Toumd'On et d'Hàthor de Dendérah » ^ Si le dieu a pris l'apparence du roi, la déesse se cachait sous les traits de la reine ^ : il n'y a donc rien de mortel dans la génération d'un pharaon ^ La théogamie ne mésalUe point le divin et l'humain
1 stèle d'Aménôthès III (Spiegelberg, R. Tr,, XX, 43). — De même Ramsès IV dans son protocole même se qualifiait à la fois « fils d'Amon et de Maout, Amon si, mess Moût. » (Stat. de Ramsès IV, n» 8 : Ann. du service des antiq. 1902 : Legrain.p- 7).
2 L. 1 . Abou-Simbel.
3 Abydos, Inscr. . dédie, 1. 10 (Mariette, pi. 5; Maspero, p. 8).
^ Tableau d'Abydos (Mariette, Ab., I, pi. 28<i ; trad. Moret, Royauté, p. 329). s Khnum m haou Sokht : St. de Gournah, 1. 1 (Souriant, Mél. — Daressy, R. Tr. X, 145).
« Fragm. de Bubastis (Naville, R. Tr., X, 100). — Cf. p. 26, n. 4.
' On peut rapprocher de ces te-ttes cet autre bien antérieur, s'il ne veut point parler seulement d'une renaissance dans le monde surnaturel : « C'est la naissance de Pépi » aujourd'hui, et les dieux ne connaissent pas Pépi : sa première mère ne connaît «pas Pépi, que Nouït vient d'enfanter avec Osiris. » (Pépi II, 1. 1242-1243; R. Tr., » XIV, 139. Cf. Pépi I, 1. 643, supra, p. 26, n. b).
^ Les acteurs humains y voilent l'action divine : de même dans la fixation du protocole, quand les grands et les maîtres de cérémonies, khrihabiou, choisissent et proclament les noms royaux, ils réalisent une prédestination, « car le dieu mit en leur cœur de l'aire » ces noms comme il les avait faits auparavant ». Deïr-eî-Bahari, Insc. de l'intron., 1. 35 [R. Tr. XVIII, 100; Setiie, Urkunden, IV).