‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 69 sur 182 · PROMESSES DIVINES · texte numérisé non relu

PROMESSES DIVINES

« le protecteur de l'Egypte, dompteur des Libyens » ^ ou « des » nations » -, ou « des Neuf-Arcs » ^ « celui qui tient en respect » des centaines de mille, l'épervier dor très valeureux... qui » calme véritablement, qui donne la paix au double pays » ^, le « chef suprême qui prend soin de TÉgypte et qui dompte les » nations » ■■. Le nom des adversaires change suivant les époques et les règnes, ou même d'une inscription à l'autre. Ainsi, outre les exemples précédents. Ramsès II « réduit le pays de Kouch » (Ethiopie) au néant, et fait cesser dans le pays de Khéta toute » opposition à ses ordres » ^. Ménéptah « dompte Kazar, » empoigne les Libyens, endort la Syrie, taureau puissant contre » l'Ethiopie pour égorger le pays des Màzaiou' ». Ramsès III

« a fait prisonniers les Asiatiques a massacré les Neuf-Arcs

» frappés dans leur propre pays » '^ ; il « dépouille les Ta- » mahou et les Machaon acha devenus un monceau de morts » ^ ; il « agrandit l'Egypte et repousse les barbares » '^ ; « il » agrandit l'Egypte... et massacre les Tahonnou, sa crainte » est un bouclier pour l'Egypte » ". Au contraire, Psammétik s'applique à frapper Anou et Satiou '^ comme les rois archaïques.

Ces épithôtes correspondent à une partie des discours des dieux dans les scènes de remise de la khopech^^. Le décret divin est l'origine des victoires et par suite des qualifications du roi. Dans les

1 Séti II : Tombeau (Ciiampollion, ^ot. p. 459 ; AY.Y" d., 125.

- Mdk Kamit, oudfoii khastiou, Séti II : Stat. de Turin (Sharpe, Eg. Ins., II, 43 ; Chabas, XIX' d., 126) et Stat. de Karnak (R. Tr. XIV, 30).

5 Ouàfou Pcttiou : Rainsùs IV : Obélisque de Karnak (L. D., III, 6) ; Stèle d'Abydos (PiERRET, Rev. Arch, 1869, p. 273).

* Ramsès XII, Pap. Turin (Chabas, Et., p. 141).

3 Ali mdk Kamit, Ramsès III : Stèle de Médinet-IIabou (L. D, III, 218 ; Chabas, £"<., 290); Mèdinel-IIabou, an XII, Décret de Ptah (Dumichen, H. L, I, 7; Daressy, 64); an XI (DuMiCHEN, 13, Daressy, 69); « L'IIor d'or, etc. « (Daressy, p. 206).

e Ibsamboul, façade (L. D., III, 195).

7 Udfu Kazar, kef'a Robu, seser Khar, ka nakht r Kuch, r sma to Mdsaï.

Temple d'Amada (Bouriant, R. Tr., XVIII, 159).

* Médinet-Habou, an VIII (Ghabas, 246 ; Daressy, 92).

^ Ibid. an XI, 1. 11 (Dumichen, pi. 18; Lieblein, R. Tr., I, 96). 1" Ibid. an XI, 1. 24 (Dumichen, pi. 18; Dahessy, p. 82). " Ihid. an V, 1. 1-3 (Daressy, 108).

'- Sak Anou, dar (?) Satiou : Sphinx d'Alexandrie (Daressy, Aiin. Sera. Antiq., 1905, p. 14, n» 39).

1* Cf. supra, p. 84 sqq..

légendes des bas-reliefs, avant une expédition le dieu décrète le salut pour l'Egypte, la mort aux ennemis par les mains royales. Ainsi à Uadésiéh, Amon dit à Séti P"" :

« Prends ta khopech, roi fort, Hor puissant par tes arcs, pour abattre les grands de Kouch » la vile et couper leurs lètes ; tes âmes entrent anéantir leurs corps, comme Sokhmit » forte en sa tempête ^ m.

Sur un sphinx de l'isthme de Suez, Râ-IIarmakhis dit à Ramsès II :

« Je te donne... que ton sabre protège l'Egypte, élargissant ta frontière, que tu prennes » la Syrie, l'Ethiopie, les Libyens, les Arabes, les îles au milieu de la Grande Verte par

)) les prouesses de ton sabre [et .jue tu les amènes] vers l'Egypte Braves, forts,

» [terribles] sont tes deux bras, et ta vaillance est comme celle de Sît ; tu protèges » l'Egypte de tes deux cuisses et tu châties toutes les terres 2. »

La guerre terminée, au retour du roi, le dieu le complimente de ses actions, conquêtes et massacres. Par exemple :

« Amon-Râ... dit à... Ramsès III : Viens en paix, dieu bon, maître du glaive, qui t'es w emparé des barbares ; tu as été fouler les nations, tu as tranché la tête de leurs chefs : » les étrangers qui s'étaient approchés de tes frontières sont abattus sous ton couteau. » Des nations qui ignoraient l'Egypte viennent à toi, leurs tributs sur leur dos par » suite des victoires que j'ai décrétées pour toujours ■* ».

D'autres désignations dans le protocole disent encore la puissance du roi. De par ses droits solaires et à l'instar de son père Amon, le roi est a taureau fort »*, titre qui d'ordinaire suit immédiatement celui d'Horus. Ce symbole signifie la vertu créatrice qui répand partout la Y\e, ; mais il évoque aussi l'idée d'ardeurs belliqueuses, et tout naturellement s'y associe celle des combats et des victoires. Le roi s'appelle donc le « grand de forces » ou « de » victoires » ^ le « grand de victoires en tout pays » ^ le « grand » de forces, roi omnipotent » ^ le « maître de la victoire qui s'em- » pare de tous pays » ^ le « prince vainqueur » ^, le « grand de

1 L. Z)., III,, 139 a.

2MASPEno, R. Arch., 1877, II, 321-322 = S. Eg., yiW, 17-18.

* Médinet-Habou, salle hypostyle, mur S. (Daressy, p. 139).

* Ka nakht. Cf. supra, p. 120, n. 1, et infra, p. 136.

5 Ad-nakhtou : dans tous les protocoles de Ramsès II, qui détache spécialement l'épithète pour la joindre à son nom dans celui de la ville qu'il fonde dans le Delta. <> Ad nakhtou m toou nehou : Séti II, Stèle de Karnak [li. Tr., XIV, 30).

7 Dur nakhtou ati : Ramsès IV {jE. Z. 1884, 37 ; Rev. Arch., 1869, 273).

8 Neb nakht, di toou nebou : Tholmès III, Stat. de Karnak (Legrain, .4w«. 1902, p. 107).

9 Thotmès i", lac. cit.

Page 1