‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 101 sur 433 · MERCENAIRES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

MERCENAIRES ÉTRANGERS

sorte de gendarmerie chargée de la police intérieure. Les Machaouacha combattaient alternativement contre les Égyptiens et dans leurs rangs. Les armées des Thotmès et des Ramsès entrainaient des corps de Libyens et même d’Européens : ils participent à la campagne de Kodech, chantée par Pentaour. Dans les combats contre les peuples de la mer, des auxiliaires blancs luttent contre des frères de leur race *: parmi les tableaux de Médinet-Habou on voit des Sardanes dansles deux flottes ?. Des siècles après, les Grecs à leur tour jouent le rôle de mercenaires : on réédite pour Psammitik la légende des hommes d’airain ‘ avec lesquels il restaure la monarchie égyptienne : mais la faveur qu’il accorde à ses Joniens et Cariens détermine la sécession des Asmakh 5, comme plus tard les jalousies que soulèvent les complaisances d’Apriès pour les Grecs ouvre le chemin du trône à Amasis révoltéf. Mais la milice indigène ne suffisait plus à soutenir le parti de l’indépendance nationale: Amasis même s’entoure de Grecs”, Néforit [, Hakori, Nectanébo I, Takhos et Nectanébo IT s’appuyèrent sur des aventuriers grecs, chypriotes, athéniens ou spartiates * pour résister aux Perses. Comme autrefois les Sardanes, on vit des Grecs dans les deux partis : Khabrias se mesurait avec [phicratès, Lacratès avec Philophron.

Les arts de la paix attirent aussi en Égypte les étrangers. Des émigrants arrivent aux frontières : chassés de leur patrie par les révolutions ou la famine, guidés par la renommée de la fertile Terre Noire, ils implorent qu’on leur abandonne un coin de champ à cultiver en paix en élevant leurs troupeaux. Tels, sous la xn° dy-

2 « Les Sardanes que tu as ramassés de ton glaive, — font prisonniers leurs propres » tribus. » Pap. Anastasi II, pl. v (Masrero, A. A., p. 257).

8 Cf. Daressy (A.-H., 191) qui remarque au contraire que dans le 8 tableau du mur N. les mercenaires grecs ne prennent pas part au combat naval.

4 Héropore, Il, 30 ; Dropone, 1, 67; etc. Ce me semble un nouvel avatar de la légende de la conquête par les Forgerons d’'Horus.

5 Wigpemann, Gesch. Æq., p. 134-138; Herodoles gweites Buch, p. 128-133; MALLET, Grecs en Egypte, p. 11-82 ; Masrero, Bibl. Eg., NII, 398-402; Æ. Or., HI, 498-500.

6 Héronore, II, 161 et IV, 159.

7 Héropore, II, 178.

8 Dropore, XV, 28, 29, 41-43, 192 - XVI, 46-51; Connezius Neros, Chabrias, Datames, fphicratès, Agésilas; XÉNornoN, Hellenica, V, 1, Agésilas; ISOcRATE, Panégyrique, $ 160-161; Evagoras; PLuranque : Agésilas, Artaxercés; RevizrouT, Chronique démotique de Paris, R. Eg., I, 55-59; Masrero, /7. A., 590-593, 638-657.

nastie, les trente-sept Bédouins asiatiques, Amou, qui sous la conduite de leur chef Abicha se présentent avec armes et bagages, femmes et enfants, devant le fils de Khnoumhotpou, gouverneur de Mihi, et lui offrenten hommage deux bouquetins et du fard vert”. Tels par la suite Jacob et sa famille, « venus pour séjourner dans » le pays parce qu'il n’y a point de pâture pour les brebis de tes » serviteurs, car la famine est très grande au pays de Kanaan », et par suite établis au pays de Gossen avec Pautorisation du roi dont ils élèvent les troupeaux ?. Tels plus tard encore, sous Haremhabi*, puis sous le fils du grand Ramsès, ces Iduméens accueillis en Égypte, selon le rapport encore conservé d’un scribe contemporain *.

Loin de repousser les étrangers, on cherchait à les attirer pacifiquement. Des ordonnances royales leur assuraient certaines garanties. Celle de Sénouserit IT, gravée sur les rochers de Semnéh, est une sorte de charte de pénétration accordée aux étrangers :

« Frontière établie em l’an VIII sous la majesté du roi de la Haute et de la Basse « Egypte Khäkaourâ, vivificateur éternel. Qu'aucun Nègre ne la franchisse en descendant » le courant, sauf dans les barques transportant gros et petit bétail appartenant aux » Nègres, et à l'exception du Nègre qui viendrait se mettre à gages à Aken, y étant » appelé. Qu'il soit fait à ceux-ci, au contraire, tout espèce de bien.

« Qu'il ne soit permis à aucune barque de Nègres de passer devant Hah (Semnéh) à » jamais 5. »

1 Tombe de Khnoumhotpou à Béni-Hassan : (CHampozrron, Mon., IV, pl. 361-362, Noë., p- 410-412; Lettres, p. 76-77; RoseLzinr, Mon. Stor., pl. 28-29: L. D., Il, 131-133; Newperry, Beni-Hasan, 1, pl. 30-31. — Cf. Cuaras, ÆE., 109-113; Brucscu, Æ. d'Eg., p. 63, 2e 6d., p. 99-100; Maspero, À. 4°, p. 100-101 ; Æ. Or., I, 468-470 fig).

2 Genèse, 41, 4-6.

3 D'après un bas-relief de Berlin, un fonctionnaire d'Haremhabi accueillit des barbares qui fuyaient l'incendie et la famine, leur promit l’appui paternel du roi, s'ils restaient dans les limites assignées (Wiepemanx, Pr. S.B.A., 1886-89, XI, 425: BERGMANN, Z. VAE 1889, 125-127). Maspero (7. Or., II, 350) voit en eux des vaincus transplantés.

# « Autre chose qui contentera le cœur de mon maître : [C’est pour lui rendre compte » de ce que] nous avons laissé passer les tribus des Chasou, du pays d’Adoum, à la » forteresse (khetan) du roi Ménéptah-Hotpouhimâât — qu'il vive, qu'il prospère! — » laquelle est dans le pays de Toukou du côté des lacs de la ville de Patoum du roi » Ménéptah-Hotpouhimäät, laquelle est dans le pays de Toukou, pour nourrir leur bétail » dans le domaine du Pharaon qui est le bon soleil pour tout le monde. L'an VII... » (Papyr. Anastasi IV, pl. 1v, L. 13 sqq. : Bnucsou, Hist. d'Eg., p. 144; CHapas, Mél. U 155-156). Il s'agissait peut-être de remplacer les Hébreux émigrés depuis peu. RES

5 Inscr. de Sénouserit IIT:à Semnéh (L. 2., Il, 4361, an VIIL; cf. Il, 436 x, an XVI: Cuapas, EE, 135; DE RouGé, Znscriptions de Semneh, R. Arch., N, NI, IX: Bincu, Æ. fe in 50 et sqq.; Brucsca, Géog., Inse., t. 1, s. d.; Gesch., 775-780; MasPero, 2 Os

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