‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 102 sur 433 · CHARTES DE PÉNÉTRATION. — COMMERCE · texte numérisé non relu

CHARTES DE PÉNÉTRATION. — COMMERCE

L'Egypte était fermée aux pirales, mais ouverte aux commerçants et aux travailleurs,

La domination des Hycsos rompit toutes les digues en faveur des Asiatiques. Après leur défaite, l'Égypte ne renonça pas à ses traditions d’hospitalité. Beaucoup de Sémites restèrent dans le Delta soit comme sujets égyptiens, soit comme esclaves!, et furent contraints aux travaux publics ou se livrèrent aux métiers pacifiques, à l’agriculture et au négoce.

Les conquêtes en Asie, des Thotmès et des Ramsès, en reculant les frontières, rendirent les rapports plus étroits. Autour des temples de Thèbes, de bourgs entiers? abritaient les colonies étrangères, syriennes ou éthiopiennes * composées d’otages, d’anciens captifs et de mercantis. La Syrie, communiquant activement avec l'Égypte, y mit à la mode ses produits { et même sa largue : on sémitisa mème à la cour des Pharaons”.

Quand la monarchie égyptienne se replia sur la vallée da Nil, les Phéniciens saisirent un lambeau de son héritage, et accaparèrent le commerce de la Méditerranée : ils eurent des comptoirs

1 Ahmès employa ses prisonniers hycsos et asiatiques aux carrières de Tourah (Vyse- PErriN6, Pyramids, II, p. 99, pl.; cf. L. D., IN, 3 À; Masrero, 7. Or. Il, 93, fig.)

2 Près de Memphis était une Butte ou Bourg des Khétas, af na Khetaou (Stèle de Saqqarah, an III d’Aï : Daressv, 2. Tr., XNI, 123, n° cv); Borcaanor (Æ. Z., 1898, 84) lit a[hil{ na Khetaou. 3

3 Inscrip. d'Aménôthès [IT (Stèle FI. Petrie, 1. 7 et 30). L’Aménôthium est « entouré » d’un quartier Syrien colonisé par des fils de princes » ou « colonisé par les enfants » des chefs des Anou de Nubie ».

— De même au retour d’une expédition en Pouanit sous Ramsès III, « les enfants des » chefs des Terres divines, il les donne au cycle de tous les dieux d'Héliopolis pour » faire offrande chaque matin ». Pap. Harris, pl. 78, 1. 1 (Cnapas, X/Xe dyn., p. 60; Masrero, Og. navigations : Bibl. Eg., VII, 107) cf. pl. 40, 1. 15-16, Thèbes ; pl. 81, L. 8, Héliopolis ; pl. 51 À, 1. 7-9, Memphis (Borcuanpr, loc. cit.).

— À Anibé était une colonie Chypriote, le Champ de Arosa, ahil ta Aïrosa (L. D., M 229 «a, 1. 12; Borcaaror, loc. cit.).

— Autour du temple funéraire de Thotmès IV sont établies une « colonie de la Maison » de Thotmès composée de Syriens que S. M. à faits prisonniers dans Kazar » et une « colonie de misérables Nubiens que S. M. à ramenés de ses campagnes » (Perrie, Six temples, pl. x, nos 7-8, p. 9 et 20-21; Borcuarpr, Æ. Z., 1898, XXX VI, 84).

4.Cf. Brucsou, Gesch., 342-345; Erman, Ægypten, 681-682 ; Bonnr, Hebraisch phonisischen Lehnwôrter, p. 24 sqq.: Max-Muzrer, Asien und Europa, p. 305-309; Masrero, A. Or., II, 284-286.

5 MarieTtE, Mél. arch., 1, 91-95; et Pap. Boulag, t. 1, n° 3, dernière page, 1. 2-3: Maspero, G@. Ep., p. 9; A. À., p. 356-358; I. O., IL, p. 495: Brucsc, À. d'Eg., ch. xr-xn : Le sémitisme en Egypte et la domination des étrangers, p. 129-179; Erwan, Ægypten, p. 682-684; Laura, Semitische Lehnwôrter (Zeit. d. Deut. Morgenländ Gesell., XXV, p. 618-644); Bonnt, op. cit.

et des entrepôts dans toutes les grandes villes de la Basse-Egypte . Ramsès-Anakhtou, Tanis, Mendès, Saïs, Bubaste, Memphis ; en cette dernière ville, leurs établissements au quartier Ankhtôoui devinrent une ville véritable '. Après la chute de Samarie et de Jérusalem, de nombreux Juifs se refugièrent en Égypte où ils se firent marchands. Malgré les souvenirs antérieurs à l’Exode, les Juifs, par reconnaissance de l’hospitalité égyptienne, accueillaient plus volontiers dans leur cité les fils de Misraïm que ceux d’Ammon, de Moab ou d’'Edom, leurs parents. À leur heure, les Grecs succédèrent aux Phéniciens dans leur hégémonie maritime et commerciale sur la Méditerrannée orientale : Psamitik [°' les établit sur la branche pélusienne et laissa les Milésiens s’implanter sur la branche Bolbitine ; Amasis les transporta à Memphis? ; puis il fonda pour eux, sur la branche Canopique, une ville nouvelle entièrement grecque, Naucratis, qui s'enrichit rapidement grâce au privilège de son port seul ouvert aux étrangers * : de là les fables de Protée et de Busiris.

A la suite des aventuriers et des marchands pénétreront en Egypte les savants, voyageurs, sages, législateurs, historiens, philosophes ‘

Introduits en Égypte, les étrangers n’y vivaient pas toujours cantonnés dans des forteresses, des camps ou des comptoirs. Ils se mêlaient à la population indigène qui les regardait, à vrai dire, de plus ou moins bon œil. Cependant ils ne sont point des parias. Même, les rois ne dédaignent pas toujours de s’entourer de fonctionnaires étrangers, Dans les procès de conspiration de Penhouiban sous Ramsès IIT, la moitié des juges et des accusés portent des noms déterminés par le signe des étrangers : palais, cour, armée, tribunaux sont remplis d'étrangers ou d’Égyptiens dé-

1 Le camp des Tyriens, Lo Mt (Héronore, IT, 412. ‘Cf. Brucsen, Æ. Z., 1863, 9; MAsPero, 7. A., p. 237-237).

2 Me ol IT, 454; Sn ROVER

3 Héropore, Il, 178-179 etc. Cf. Perrie-Garpner, Vaulkratis, X et IT, 1884-1888 ; MaLLer, Grecs en Egypte, 1893, M.M.C., XII; Masreno, A. Or., LIE, 497 et 647-649.

Cf. Gurscummn, Æleine Schriften, 1, p. 35-149, 168-183; Lernonne, Civilisation égyplienne, p. 11-12; Lumsroso, Economie, p. 222-293; Maspero, A. Or., 189-804: WVIEDEMANN, Æg. Gesch., p. 103-117; MALLET, PETRIE, 0p. cit.

$ Devéria, Pap. judiciaire de Turin. — I] est vrai que depuis plusieurs siècles on voyait parfois des Egyptiens pur sang s’affubler de noms étrangers.

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