‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 103 sur 433 · MARIAGES INTERNATIONAUX · texte numérisé non relu

MARIAGES INTERNATIONAUX

guisés en étrangers sans encourir pour ce motif aucune défaveur.

Mais il y a plus ; des mariages unissent les familles indigènes à des étrangers !. Epouses ou favorites, nubiennes, négresses ou asiatiques font souche d’Égyptiens légitimes. La famille royale même se prète à de telles unions : Thotmès IV, Aménôthès III et Aménôthès IV ne dédaignent pas de prendre parmi leurs femmes des princesses de Mitani ou de Babylone*. Ramsès IL suit leur exemple en épousant une princesse hittite, fille de Khitisarou?, son fils Si-Montou épouse rit, fille d’un capitaine de vaisseau au nom sémite Ben-Anati*. Ramsès III lui-même, après l'anarchie étrangère, associe au trône l’étrangère Houmazarati sous le nom d'Isis”. Des mariages entre personnage de moindre importance et des princesses royales, pouvaient comporter les plus graves conséquences : ainsi parviendront au trône les descendants du Libyen Bouïaoua, avec Chéchonq petit-fils de la princesse Mihitinouüs-

1 On le voit dans les portraits des tombeaux. Ainsi le seigneur Sokarkhäbiou, inhumé à Saqqarah sous la ur dyn., à pour femme Topès, nommée officiellement Hathornofirhotpou, d'un pur type nubien (Masrero, Guide, n°s 991 et 1,000, p. 213). — À Assouan, sous Ja vi dynastie, le scribe royal, féal des dieux d’Eléphantine, Hiqab, a la peau très foncée et les cheveux crêpus ; ses enfants ont les cheveux les uns lisses et les autres crépus : c’est donc ou un nègre qui a épousé une égyptienne et obtenu une situation en Egypte, ou le fils d’un seigneur égyptien et d'une négresse.

2 Thotmès IV épousa une fille d’Atartama, sœur de Choutarna, roi de Mitani (Cylindre d'El-Amarna : EnmAn, Everrs, WinckLer, Æ. Z., 1899, XXXVIII, 112-415). — Aménôthès Ill, outre Tü, épousa Giloukhipa et Tadoukhipa, fille et petite-fille du même Choutarna (Scarabées : Bron, ec. Past., At série, XII, 39-40; Brucscn, Æ. Z., 1880, XVIII, 81-87. Lettre de Douchratta : Wincxcer, Æ. Z., 1889, XXVII, 49-51 et T'hontafelfund, p. 17 sqq.) et de plus une sœur et une fille de Kallimasin, roi de Babylone (Lettres de Kallimasin : Bezozn-BunGe, Tablets, n° 1. p. 1-4; Wincrkcer-Agez, T'hontafelfund, p. 1). — Aménothès IV également épousé des filles de Douchratta (Winckzer, /Æ. Z., 1889. 49) et de Kallimasin (Bezozn, Tablels, n° 3). — Cf. DeLatrre, Mariages princiers, Rec. Quest. Hist., LI, 222-235; Correspondance, ibid. p. 362-379; Pr. S.B.A., 1890, XIII, p. 552; Hazévy, Rev. S'émit., I, 51; Maspero, H. Or., II, 281-282, 297-298. — Quand un roitelet de Palestine, Rammannirar parle de « son père le roi d'Egypte Ma- » nakhbia (Thotmès III) qui l’a mis sur le trône » (Winckcer, Æ. Z., 1889, 52), peut-être n’use-t-il pas de métaphore : plus tard les Ptolémées enverront leurs cadets régner à Cyrène ou en Chypre.

3 Stèle de l'an XXXIII (L. D., III, 196 A; Cf. Masrero, H. Or., II, 405-406; MARIETTE, TEA D CNRIPEISE

4 Ostracon 2262 du Louvre (Devéria, Catal., XI, 4; Srrecezperc, 2. Tr. XVNII, 64-65). — Un de ses descendants sous la xxue dynastie, le général Nemrod indique sa mère du nom barbare de Panorkhens, comme fille d’un chef étranger (Statue à Vienne : Berc- MANN, Hier. Inscr.,3 et 4; et Æ. Z., 1890, 36-37).

5 Lepsius, Kœnigsouch, 490-491; Maspero, H. Or., IT, 281, n. 8.

6-Par exemple le prince des Machaouacha Takoulouti avec la mère de Chaouimennams, femme de sang royal et chanteuse d’Amon (Maspero, Guide, p. 307).

khit‘, lequel pour plus de sûreté maria son fils Osorkon à la fille de son prédécesseur Hor-Psioukhanou. Si la domination du sémite [risou fut honnie, c'estsans doute qu'iln’eut pasle temps de la préparer ou de Ja légitimer par un mariage. Les dynastes éthiopiens n'étaient pas des étrangers à Thèbes, où leurs aïeux exerçaient la charge de grands-prêtres d’Amon; mais certains d’entre eux”, comme Kachto et Sabakon, ne se rattachaient à la famille Thébaine que par leurs mères ou leurs épouses. Cambysès revendiquait le trône d'Egypte au nom de sa femme, fille d'Apriès*. Les particuliers n’hésitaient pas à suivre des exemples partis de si haut.

Toutefois les Grecs, derniers venus dans ce concours de populations, eurent plus de peine à se faire adopter par le peuple égyptien. Des préventions religieuses éloignaient d'eux : comme les Grecs mangeaient de la vache, dit Hérodote, ni homme ni femme n’eussent voulu baiser l’un d’eux sur la bouche, ni faire usage de son couteau, de ses broches ou de sa marmite *. Malgré cela, 1ls y parvinrent : à Memphis des Hellénomemphites et des Caromenphites, plus ou moins bien vus peut-être des deux partis de la population, comme ailleurs les mulâtres, formaient néanmoins trait d'union entre les Grecs et les indigènes ÿ.

Expansion hors d'Égypte.

Les besoins du commerce entretenaient un va-et-vient incessant, par terre et par mer, des Egyptiens hors de leur pays et des étrangers en Egypte. Déjà les pyramides et les mastabas renferment,

1 CF. Masrero, H. 4., p. 359, n. 1, les diverses hypothèses sur l'origine libyenne, asiatique, babylonnienne, susienne ou assyrienne de la xxire dynastie.

2 MarieTtE, M. D., pl. 48 s; ne Roucé, Mél., I, 87-88.

3 Héropote, LIL, 1, 2. — Cf. Raner, Rev. Et. anc. juillet 1909.

4 Héropore, IT, 41 (WiepemanN, Herodots II Buch, 187-188; Maspenro, A. Or., II, 797).

5 AriSTAGORAS DE Micer (fragm., 5e éd., MüLer, Fragm. Hist. Græc., I, 98) d’après ETIENNE DE Bizance : EX XyyKdy ka) Kapixdy, rômor ày Meur, dy y EXkyvoueroir ar Kai Kapopeuvireu, &c ‘Apisrayopac. — Kapixdy, réroc lidGuy à» Mépoi, Eva Käpes oikpoavres, émiyanias mo Meuviracs rorgcaueyor, Kapopepoiro Ek\yügaar. » (Cit. ap. Maspero, H. A., 100, H. Or., III, 796). — Par exemple, Apynchis, fils d'Inarous (Pap. gr. Salt 967; Brit. Mus. n° L; Rev. Eg., NII, 187.

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