‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 123 sur 433 · POLICE INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

POLICE INTÉRIEURE

certains privilégiés, et les requêtes des simples particuliers !. A leur arrivée, toutes ces pièces sont remises aux ministres du roi qui les lisent, les classent, préparent des réponses et les présentent au roi pour que lui-même en prenne connaissance et donne ses ordres. Xénophon ? admire l’administration des Perses et le contrôle exercé sur les satrapes par des officiers royaux qui chaque année parcourent toutes les provinces et qu’on appelle « les yeux » etles oreilles du roi ». Soit rencontre fortuite, soitemprunt fait par les Perses, lamême métaphore existait en Égypte ?. Le « héraut » royal », un des officiers les plus importants du Palais, s'intitule € la bouche du roi » * ou « la langue du roi »°. Certains grands personnages y joignent la qualification de « les yeux du roi »°, ou avec plus de développement « les yeux du roi dans la terre » entière »”, cles yeux du roi dans Karnak” », les yeux du roi qui » scrutent les entrailles, les oreilles de l’'Horus dans son palais »?, — «les yeux du souton (roi du midi), les oreilles du bat (roi du » nord) » °— « les deux yeux du roi dans les villes du midi, ses » deux oreilles dans les nomes du nord : » !! Quant à la fonction même de ces sortes d’inspecteurs ambulants ou de missi domi-

.1 CF. infra, ch. vir, $ 2 recours au roi.

2 Cyropédie, VIII, vr, 16.

3 Cf. Brucscu, Ægyptologie, p. 206-207.

4 Ro ni souton, ouahem ni bat : Maïa à Saqgqarah (L. D., IIT, 241 c). — Cf. Pap. Hood, 1. 14 (Masrero, £4t. EG., Il, 26, n. 2; énfra, ch. 1x, $ 1, cérémonial.

5 Stèle d'Antef, Louvre C 26.

6 Antef, /bid.; Rekhmarä, xvure d.

7 Harmhäâbi, xvure d. (A.M.C., NV, 416); Amonhotpou Farchitecte, xvme d. (Socle de Silsiléh : Lecrai, Ann. Serv., IV, 209); — Cf. Thouti-nofir, « yeux [du roi] dans la terre » entière » (Stèle de Turin; Orcurmi, n° 46; Liescein, n° 583; Prieur, 2. Tr., IV, 122; Mas- PERO, À. Tr., IN, 126).

8 Zodkhonsouaoufänkh, xxrre d., Statue, Louqsor (2. Tr., 56-57).

9 Râ, Sarcophage, Mus. Caire (Æ. Z., 1888, 118).

10 Miriti n souton, ankchou n bat: Anonyme, Abd-el-Gournah (L. D.,62 c); Tenna, Thèbes, xvie d.) Peur, Z. Æ., pl. 109, p. 81); Staouän, prince de Kouch, Stèle d'Ibsamboul, xuxe d. (L. D., LI, 195 8); le prince Harmakhouit, statue de Karnak, n° 735 (LeGRAIN, Ann., 1906, 188); Pétosiris, Ptahmès, Palette du Louvre (Bruescn, Thes., p. 963), Stat. Caire 28,766 (T. Tr. XV, 259); Pétamon, Louvre À 92 (Prerrer, Rec. I. 28) ; Anhouramon, chef des guerriers, Stèle de Vienne (Remnisou, pl. 43; BeRGmANN, pl. 8, p. 11); — Ouahabrinofir (MarieTTe, M. D., pl. 34 À, 1.2, p.9) qui s'intitule à l'inverse miriti n bat, anhchou n souton, Statue de Mitrahinéh (pe Roucé, Z. Æ., 45); l'amiral Samtefnakht (/bëd., 34 6, 1. 3), ces deux derniers « pénètrant partout chez le roi »; Pachérenptah, grand-prêtre sous Ptolémée XIII (Stèle, L. 3: Reniscx, Chrestom., pl. 21; Brucscu, Thes., 944). — CE. Amonemhabi, « bouche du souton, oreilles du bat » (M.M.C., V. 270 et 275).

4 Tomb. de Khâämhäit (L. D., I, 768; Paisse, Mon. pl. 39 ; pe Roucé, Ahmès, p. T5). Statue anonyme du Caire, Ep. gr. (2. Tr., XV, 161).

12 Des femmes portent des titres analogues (L. D., TIT, p. 272).

nici, on la retrouve dans l’administration des Ptolémées ’. Probablement date-t-elle de temps bien antérieurs. Peut-être ne paraîtra-t-il pas trop hardi de l’assimiler aux missions du dévoué Khouou, fils d'Antef, homme de confiance de son roi, « envoyé » pour tout poste secret, et faisant le rapports pour toutes ses mis- » sions à son seigneur » *

La police veillait à la sécurité des routes, à la tranquillité des campagnes, à la paix publique dans les villes, au bon ordre dans les nécropoles. Elle était organisée de toutes pièces. Elle comprenait une force armée et des bureaux civils. Depuis leur défaite par Amonemhâït et Sénouserit, les Madjaïou, bédouins du désert Libyque, étaient enrôlés pour former une sorte de gendarmerie qui prôlait main-forte aux commissaires civils”. Ceux-ci, scribes de carrière, surveillaient la circonscription confiée à leur garde, intervenaient dans les disputes, relevaient les infractions et consignaient leurs observations sur des carnets que, de temps à autre, ils remettaient à leurs supérieurs hiérarchiques. Ces derniers centralisaient les carnets individuels, semblables à ceux dont un des papyrus hiératiques de Turin, tenu au jour le jour, note l’arrivée et résume le contenu * ; ils en relevaient les données sur leurs propres carnets, dont ces papyrus sont des spécimens, et rédigeaient des rapports généraux pour leurs chefs de service. Toutes ces paperasses formaient des dossiers que l’on consultait à l’occasion, comme cette «liste de voleurs » dont la garde Boukaaf extrait un jour, pour la fournir au tribunal, une iiste de gens suspects®. Ce nom de « la » garde Boukaaf confirme l'emploi d’auxiliaires féminins, dont 1l existe d’autres indices 7. Ces femmes rele-

1 Lumproso, Économie politique.

2 Stèle de Khouou, fils d’Antef, Mus. Caire (2. Tr., X 83, an XI du roi

$ Sur la police et les Madjaïou. Cf. Brucsou, Ægypt., p. 243-247 et 399 à 301.

4 Cf. CHapas, Carnet d’un surveillant de la nécropole, Mél. IV, p. 44-58; LErman, Gerichisverfahren, Æ. Z., 1879, p. 71-83; 150; Caparr, Zsquisse, p'19; 5 « 10 de Pakhons : chômages des ouvriers... bois 100: conduit Pimadja..……… scribe Khâmès du quartier funéraire, selon les paroles du carnet de Pi (neter). » « 16 Paoni : arrivée des carnets du contrôleur Khäouab aux ordres du grand magistrat de locci- » dent de la ville. » (LræBLEenN-Cnapas, 2 pap. hiérat. du Musée de Turin, 1868, pl. 1x, : 1. 21; pl. mi, 1. 7: ap. Caparr, Esquisse, p. 17). |

6 Pap. Harris C2, 1 sqq. (Srrecezserc, Sfudien, p. 83).

7 Le pap. Amhurst nomme un intendant des surveillantes du temples d'Amon-Rà (LADEE

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