‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 171 sur 433 · ANNEAUX, STATUES · texte numérisé non relu

ANNEAUX, STATUES

indifféremment : « remise de l'anneau (signe) de la fonction de » fils royal », ou : « transmission de la fonction au fils royal »!, Dans les décrets de Canope (art. 2) et de Memphis (art. 12), instituant des prêtres des dieux Évergètes et du dieu Épiphane, on n'omet pas de dire que ces prêtres « graveront leur titre sur » l'anneau qu'ils portent au doigt » : ce sera leur consécration officielle.

D'autres fois encore le roi donnait des plats ou patères, comme nos musées en possèdent plusieurs spécimens. On en voit un au Louvre, dont Thotmès III gratifia le général Thoti, celui dont la légende s’empara et auquel elle attribua la prise de Joppé par des siratagèmes que renouvelèrent Zopyre et Ali-Baba°. La patère du Louvre porte cette inscription * « don de faveur, de la part du roi » i.

Parfois le roi faisait présent d'un objet d’art et de dévotion tel que la statue d’un dieu ou la sienne propre, que le fidèle sujet introduisait dans son laraire domestique. Aïnsi le roi Aménôthès IT « renouvela ses faveurs » pour le prophète Nébouaïou et lui donna une statue de son père Thotmès IIL°. Un autre favori du même roi fit représenter dans son hypogée les statues, sphinx et colliers, présents du roi et mentionne ses cadeaux du premier de l’an : un char orné d'or et d'argent, des statues d'ivoire, de l’ébène, des pierres précieuses pour colliers, etc. ‘.

Il ne faut pas confondre ce don avec celui d’une statue à l'effigie du destinataire, qui la déposait dans la salle du mobilier de sa tombe, ou encore recevait en même temps l’autorisation de la mettre dans tel ou tel temple’. Celle que Sinouhit reçut pour sa

1 Tomb. de Houi, Thèbes, xvime d.(Bruasca, Thesaurus, V, 1135; Moner, À. 77. XIX, 1%4).

2 Maspero, Contes, p. 150.

3 Aou m host nt kher souton (Bircu, Patère : Soc. Antiqg. Fr. 1858, €. xxiv, B. Eq., IX, 295 sqq. Cf. Masrero, Æ. Or., II, 277; Perrie, ist., II, 142).

4 Une dédicace analogue orne un vase d’albâtre donné à une nourrice de prince royal ; arit m hosou nti kher souton hositou n nouter nofer (British Museum, Eg. room, 4499 4: Brrcx, 0p. cit. p. 232).

5 Ouahm-ni hostou (Devéria, Mon. biogr. de Bok-ni-khonsou, p. 43: Biron, Æ. A 1876, 5) : Stèle de Nébouaïou, 1 prophète d’Osiris (Mariwrre, Abydos, ZI, 33 À).

6 Tomb. 13 d’Abd-el-Gournah (L. D, UI, 63 À) dou m hosou nt lcher souton Ad-khopirou-lia.

‘7 Les contrats d'Hapi-Zaoufi avec son prêtre de double et les prêtres du temple de Siout, apprennent que de lui deux statues étaient déposées, l’une dans le temple d'Ouapouaïtou, seigneur de Ragririt, l'autre dans son hypogée, d'où à certains jours on la

tombe comme faveur suprôme de Sénouserit [°", après tant d'autres libéralités, « était ciselée en or avec une robe de vermeil et ce » fut Sa Majesté qui l'introduisit» : € Ce n'est pas », pouvait: ajouter, « un homme du commun à qui il en a fait autant; et, en » vérité, je fus dans la faveur du roi jusqu'au jour du trépas » *. Moins précieuses par la matière, mais également honorables comme signe de bienveillance du roi, étaient les statues de pierre. Le ministre Montouhotpou mentionne sur sa stèle que « par ordre » du roi..…, on lui à fait une statue placée dans la salle divine » comme à un serviteur du dieu grand »*. Le prince d'Hermopolis, Thot-hotpou, a fait raconter et peindre dans son tombeau la fète de l’arrivée de sa statue colossale « faveurs reçues du roi »,. « faveurs du roi solides et perpétuelles », € récompenses splen- » dides obtenues comme faveurs du souverain »*. Un inventaire de la xu° dynastie nous fait connaître la présence des statues en bois de deux comtes monarques et de cinq autres fonctionnaires royaux, à côté de celles de Sénouserit IT, de Sénouserit IE et des membres de Ja famille royale dans le temple de Kahoun, dédié au premier de ces rois“. On à retrouvé soit dans les hypogées, soil autour des temples et parmi les ruines, particulièrement à Abydos et à Karnak, un certain nombre de ces statues érigées par de bons sujets avec permission spéciale du roi’. Telles celle du scribe du harem Oïronkhou de Memphis, érigée dans le temple du roi à Abydos°, —celle de lintendant des greniers Siisit, au même

transportait au temple du dieu Chacal; on rendait un culte à l’une et à l’autre (Inser. de Siout, 1. 8, 39, 49, 52 : Grirrirn, Siué, pl. 6-8, 1..276, 307, 317, 320; Maspero, B. Eg., I, p. 64-74). — Cf. infra, p. 355, n. 3, les statues d’Amonemhabi.

1 Pap. Berlin I, 307-309 {Maspero, Æ. Z. 1879, 52; Contes, p. 129-130). —'La variante de l’Ostracon du Brit. Mus. attribue aux fils du roi le cadeau de la statue.

? Stèle de Montouhotpou, xn° d. (Marrerrte, Abydos, III, ne 617, vo, 1. 2-8: R. Tr. X, 145-148). — La « salle divine » peut être ou la « grande salle ousekhit » du tombeau, ou plutôt celle du temple d'Osiris, le dieu grand.

3 Hostou nt kher souten, — hostou nt souten men ouah, — aatou noz m hostou afr ee Tomb. de Berchéh (L. D, III, 134; Cnapas, Mél. IV, 113; Masrero, 2. EJ, Lot 59-60). ;

4 Pap. de Kahoun, 2: trouvaille (Borcarpr, Æ. Z., 1899, XXX VII, 96-97).

5 Mamerre, Xarnak, pl. 8, p. #2; Catalogue de Boulaq, p. 65; Devéna, B. Fan AiNE 312; Masrero, Documents relatifs aux statues, B. Egg 6181 TMOr T'302Nn 5 Ler£pure, Ailes, p. 8-9; Morer, Royauté, p. 200-202: LeGrain, Rapports, (Ann, S'erv. 1901, sqq.); 2. Tr,, XXVII, 61-82; Catalogue des Mon. trouvés à Karnak

$xre où xt dyn., Mus. du Caire (MarierTe, M. D., pl. 27, p. 7).

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