‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 172 sur 433 · PROVISIONS EN NATURE · texte numérisé non relu

PROVISIONS EN NATURE

temple”, — celle du prince Anebna, donnée par Hâtchopsou et Thotmès IL?, — celles de Sanmout, architecte et favori de Hatchopsou, retrouvées par Lepsius” et per miss Benson dans le temple de Mout, — celles de Amonhotpou-Houi, ministre d’'Aménôthès IE, devant les pylônes de Karnak ?, celle de Nesihor, préfet du Midi, dans un temple d'Éléphantine °.

L'importance de ces statues était d'autant plus grande qu’elles assuralent aux défunts, comme les stèles et mieux encore, des prières, et par là-même la jouissance de tous les biens de l’autre monde”. Par elles, ils se trouvaient associés aux dieux du temple où elles étaient déposées et prenaient leur part de « tout ce qui » sortait sur les tables » de ces dieux.

Sur tous ces objets précieux, décernés en guise de cadeaux, armes, vases ou patères, statues ou stèles ‘, on a bien soin de graver une inscription commémorative : « Donné en récompense » (ou en signe d’éloge) de par le roi °?. »

On peut se demander si le collier d’or et l'or de la vaillance ne sont point des inventions du nouvel empire thébain. Nous ne connaissons pas de mention de l'or de la vaillance antérieure à linscription d'Ahmès le marin, au commencement de la xvm® dynastie. Les stèles d'Amonisonbi, datées du roi Zérenrà (xm° ou xiv° d.)

1 xixe d., Louvre À, 74 (Prenrer, /nscr., I, 11). « Que ma statue reste dans ton temple » pour recevoir des offrandes chaque jour.» Elle n’a pas la mention dou m hostou nt kher souten.

2 xvuie dyn., Brit. Mus.: art m hostou nouter nofert (Suarre, Æg. Ins., 1, 56 p, 1; Lepsius, Auswahl, 11 ; Bincu, Patère, B. Egq., IX, 232; Serne, Urkunden, IV, 464).

3 Mus. de Berlin 2.296 (L. D., III, 25 :-N; Suarre, Zg. Ens,, Il, 107; Setue, Urk., IV, 403-406; ErmAn, Verzeichniss 86; Maspero, /Z. O., Il, 245, fig.). — Cf. Mus. du Caire, nos 333 et 341 bis.

4 Mus. du Caire, no 329 (AR. Tr., XIX, 213; Bexson-Gourcay, Temple of Mut, 300 sqq.; Serue, Urk., 407-415).

5 4e : Mus. Caire, n° 212 (Marierre, Xarnak, pl. 36-37; pe Roucé, /. Æ., 23-28; Baucsca, Æ. Z., 1876, 96-101; Gesch., 403-406; Prec, Pet. Et., 36); — 2%: Mus. Caire, n° 327, cf. no 4 (Danessv, Æ. Tr., XIX, 213 ; Lecrain, Rapports, Annales, 1901, 11, 272 ; MAspero, note, 4bid., 281; Guide, 1908, p. 141 fig.) -

6 xxvie d., Louvre À 99 (Prerrer, Rec., I, 24; WienemanN, Æ. Z., 1878, 4).

7 Cf. Morer, Royauté, p. 201-202, 204-205.

8 C£. infra, p. 353-354.

3 Au sujet de cette mention : Dou m hostou nt kher souton, cf. Bincu, Patère, B. Eg., IX, 228-233: Devéria, Bakenkhonsou, B. Eg., IN, 319-314. — La statue d'Anébni se distingue par la variante art n hostou noutrit nofrit où entre un peu de dévotion galante pour Hâtchopsou (British Museum : Lersius, Auswahl, xx, 5). — Sur les stèles placées dans les temples, la mention de don royal est rare, n'étant pas obligatoire comme sur les statues (Masreno, Æ. O., 302, n. 5).

montrent bien paré d’un collier le personnage auquel le roi rend l'honneur divin ; mais il n’est pas question de ce collier parmi les dons du roi, qui paraissent d’une nature à la fois plus humble et plus pratique : un jeune veau avec la valeur de dix offrandes en pains et autres provisions de bouche. La partie postérieure d’un veau, morceau d'honneur sans doute, accompagnait un deuxième ordre laudatif communiqué au nom du roi'. Toutefois remarquons que, sous la xvin* dynastie, dans la tombe de Nofirhotpou, où la remise du collier est figurée, l'inscription mentionne seulement comme « récompenses de la part du roi : millions de toutes » choses bonnes en argent, or, étoffes, parfums, pains, breuvages, » viandes, gâteaux »°. « Les présents d'or, d’argent et d'objets » de luxe, conclut de Horrack à propos d’Amonisonbi, n'étaient » point encore d'usage ordinaire. » Sans doute on connaissait depuis longtemps les métaux précieux; mais avant le nouvel empire, on ne s'en servait pas encore couramment comme de signes d'échange, moins encore comme de monnaie. Dans la maison que le roi lui donne, d’après le conte vraisemblablement contemporain de ces stèles, Sinouhit trouve « des richesses », « de » l’argent » et « des décorations divines », mais surtout des provisions en nature*. La richesse alors consistait surtout en biens fonciers, ou en objets de consommation courante.

Des vivres : voilà donc le cadeau royal le plus usité aux anciennes époques *. Pour honorer et remercier le magicien Didi, Khoufou ordonne qu'on le mette dans la maison du fils royal Dadoufhor, pour y demeurer avec lui, et qu on lui donne un traitement de mille pains, cent cruches de bière, un bœuf et cent couffes de légumes *. Le roi est le nourricier de tout son peuplef. Mais à ses amis, à ses meilleurs serviteurs, il donne les provisions les plus abondantes.

; Stèle d’Amonisnib, metensa d'Abydos (Louvre C 12, 1. 13-45 : be Honrack, ap. CHapas, Mél., IV, p. 205; — Cf. stèle C 11).

2 Supra, p. 336, n. 5. -

3 Sinouhit, (Contes, p. 127).

{ C’est pour ainsi dire un supplément de solde aux fonctionnaires et travailleurs de tout genre. Cf. supra, ch. vi, p. 255-257. 5

5 Pap. Westcar, 1x, 19-21 (Contes, p. 76).

6 Cf. supra, ch. vi, p. 251 sqq.

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