‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 266 sur 433 · HIÉRARCHIE DES ARTISANS DA · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE DES ARTISANS DA

papyrus de Bologne parle d’une mésaventure arrivée à ce personnage :

« Les cultivateurs de la métairie royale qui est sous l'autorité de mon maïtre se sont » enfuis devant le chef de culture Nofirhotpou. Je l’ai fait châtier. Vois les lerres de la » métairie royale restent sans personne pour les labourer 1. » Son châtiment nous est connu par une satire d'Amonemanit : c’est une mise à pied, le retrait de son emploi et de ses serviteurs, et les travaux d’atelier comme simple ouvrier?

Ce sont là les capitaines et les lieutenants de l’armée du travail : les menhet en sont les conscrits, sinon les caporaux ; les fourriers sont sans doute les apouti honouilou « messagers de la cul- » ture », nommés au papyrus de Leide *, qui portent les ordres de la ferme, siège de l'administration, aux champs où labourent et moissonnent les serfs. Cependant ces gens ne sont pas tout à fait des prolétaires, à plus forte raison des esclaves, car, dans le testament d’Aouarod, nous les trouvons comme petits propriétaires parmi les vendeurs des terrains dont l'apanage à été constitué *.

Les artisans (astiou), qu ils travaillent à des métiers agricoles ou industriels, apparaissent dès l’ancien empire groupés selon une hiérarchie toute semblable à celle des prophètes (noutri honou) ou des prêtres (ouabou) ou des scribes (sekhaou). Le tombeau de Râchopsès donne bien le sens de cette hiérarchie. Le maître est un prince, allié à la famille royale, et porte le titre de « secrétaire d'État de tous les artisans du roi » (hër secheta ni astiou nebl ni souton) : il est tout naturel qu’on trouve des artisans figurés dans sa tombe; en effet, ce sont eux qui apportent les grains et les bestiaux des provisions funéraires. Les chefs de domaines (kigou häïlou) les guident; puis viennent les (marou astiou) chefs des artisans, leurs bâtonniers ou primats(#horpou), leurs surveillants (sehazou). leurs scribes (sekhaou). Leur attitude marque les différences : le mir astiou se tient deboul en

4 Pap. de Bologne 1094, p. 3, 1. 1-5, 5o lettre (Cnapas, Mél., IV, 146).

2 Infra, ch. xiv, p. 588. — Pap. Sallier I, p. vu, 1. 2-4; Anastasi II, 7, 1-3 (MASPero, G. Ep., p. 35-31).

3 Pap. de Leyde, I, 348, p. 1x, L. 4.

4 Stèle d'Aouarod, xx d. (ErmAN, Æ. Z., 1897, 13-24).

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avant; il prime évidemment les Æhkorpou astiou qui le suivent, courbés sous de gros vases! ; les autres jouent des rôles secondaires dans d’autres scènes.

Dans la nécropole de Thèbes on trouve pour le grade de mir astiou divers synonymes, tels que le « lieutenant du travail » (atennou n ta ast), le « supérieur » ou le « grand des artisans » (hir ou dà ni astiou), sans compter les architectes (mirou kalou) et les scribes?. Ainsi dans un ostracon de Florence”, le « grand des artisans de Khonsou » inspecte les provisions de grains; dans un autre, toute une délégation procède à l'inspection de la maison des artisans : le scribe Amonnakht, deux officiers (atennou), un lieutenant (ouahmou) et un suivant (chemsou). à

Tous ces chefs d'ouvriers ne sont pas tellement au-dessus de leurs subordonnés que leur grade les dispense de tous travaux manuels. Si le plus souvent ils dirigent et surveillent, parfois ils mettent la main à la besogne. Les primats d'artisans de Râchopsès portaient des jarres. Au tombeau de Maïa, on voit figurés et nommés l’architecte de la demeure d’éternité, le scribe et le chef (kèr) des peintres et le maître maçon de la maison blanche de son maître“; ce dernier s'attelle à la remorque du catafalque avec la foule anonyme des autres serviteurs.

Les artisans pouvaient être réquisitionnés pour servir dans l’armée ou la marine’. Naturellement, ils sont alors soumis à toute la hiérarchie militaire. Mais on leur donne en plus des chefs spéciaux tirés de leurs rangs. Ainsi Amonhotpou-Houi, scribe royal en chef des jeunes ou recrues, c’est-à-dire ministre de la guerre sous Aménôthès IT, réorganisa l’armée en comblant ses vides avec des prisonniers de guerre mêlés aux sujets indigènes pour barrer les chemins du désert aux Bédouins au moyen de cette

! Légende : ant mir astiou hend khorpou astiou.T. de Rächopsès (L. D., II, 61 et 62).

2 MasPero, 22. Tr., II, 169-192 ; J. Baïzzer, Voms de l’esclave, p. 35-36.

$ Ostr. de Florence ne 2625 et sans n° (Æ. Z., 1880, 97).

# Mir spsu m pir haz n neb ma khrôou : Tombeau de Maïa à Saqqarah (L. D., III, 142 »}.

5 Selon Erman, c'est même la caractéristique de leur état, et il voit en eux la caste des mäipor d'Hérodote (Æg., p. 186; cf. J. BaïzLer, Voms de l’esclave, p. 20-22 : aouaïtou : supra, p. 448, n. 2).

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