‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 279 sur 433 · LES PETITS : ESCLAVES ET PROLÉTAIRES LEURS MISÈRES ET LEURS DEVOIRS · texte numérisé non relu

LES PETITS : ESCLAVES ET PROLÉTAIRES LEURS MISÈRES ET LEURS DEVOIRS

$ 1. L’ESCLAVAGE : GAPTIFS, SERFS, PROLÉTAIRES ; POSSESSION, NOMS, ENREGISTREMENT. — $ 2. LES TRAVAUX MANUELS : OPTION, MÉTIERS, MISÈRES. — $ 3. TRAVAILLEURS LIBRES ET CORVÉABLES : SALAIRE, TRAITEMENT, BANS ET RÉQUISITIONS, USURPATIONS. — $. 4. DIGNITÉ DES PLUS HUMBLES : PERSONNALITÉ, FAMILLE, HONNEUR, DROITS CIVILS, GRÈVES. — MisèREs ET PITIÉ.

Au bas de l'échelle sociale, le menu peuple travaille et peine.

Ce petit monde n'a pas écrit ses mémoires. Ses sépultures sont sans faste. [Il croit et espère en une autre vie; mais un embaumement sommaire, un trou dans le sable à la limite des cultures lui suffisent; un puits briqueté, près de la tombe d’un grand, comble ses ambitions. Point de monument, de chapelle funéraire, de syringe ! Point de stèle ou d'inscriptions personnelles ! Le silence de l'histoire lui garantissait-il le bonheur, en ce pays où lon considérait la survivance du nom comme une condition de survie et de félicité ?

Il nous faut chercher des notions sur les petites gens dans les monuments des autres. Les inscriptions officielles mentionnent des prisonniers réduits en servitude. Les tombes des grands personnages montrent leurs serviteurs au travail. Les compositions des scribes raillent les travailleurs manuels. Les notes de police, les dossiers judiciaires les présentent sous un jour désavantageux.

$ 47, — Esclavage ou prolétariat.

La première question qui se pose à leur sujet est celle de la condition des personnes et du régime du travail. L’esclavage existait-il ? enserrait-il la majorité de la population et pesait-il lourdement ?

Tous les travailleurs n'étaient pas libres; mais tous n'étaient pas esclaves.

Les Grecs ont trouvé l'esclavage en Égypte. Hérodote et Diodore, énumérant les diverses classes de la population, distinguent dans les rangs inférieurs les agriculteurs, les artisans, les pâtres ; ils ne nomment pas à cet endroit les esclaves ; mais les porchers leur apparaissent comme des sortes de parias tenus à l’écart par tous les autres. Ailleurs, Diodore cite comme une preuve de la douceur des mœurs, une loi qui interdit le meurtre d’un esclave sous les mêmes peines que celui d’un homme libre et celle qui assimile l'enfant d’une esclave à celui des femmes légitimes ‘.

L'esclavage était-il autochtone en Égypte ou d'importation étrangère, récent ou antique ? Y était-il héréditaire ?

Pour les temps les plus récents, la réponse n’est pas douteuse ?. Les Égyptiens possédaient des esclaves : ils se les transmettaient par vente * ou par héritage * ; et chez eux, le fils de l’esclave héri-

4 Dronore, Bibl., I, 80.

? Pour l'esclavage au temps des Perses et des Grecs, d’après les papyrus démotiques, cf. Revizzour, Cours de droit égyptien, 1* vol., L'état des personnes : % leçon (p. 64-114) l'esclavage et la liberté. j

3 « Je te cède Thrinéferrekh, fille de Hélou ; Kérou, fils du laboureur Bal: ete.., lesquels » sont tous dans le lieu de tes demeures... Is sont tes gens depuis le moment ci- : » dessus. Personne au monde ne peut les écarter de toi à partir de ce jour. Je ne puis » moi-même écarter aucun d'eux... Je ne puis emmener aucun de ces gens hors de » tes lieux d’habitation depuis le moment ci-dessus. » Contrat de Petkech, an 17 d'Évergète Ir (Pap. démot. : Revisrour, Rev. Eg., I, 119; Droit ég., I, M; Parure, La Femme, p. 72).

4 « Tu viendras en partage avec mes enfants..…, pour tous mes biens présents et à » venir, maisons, terrains, esclaves mâles et femelles, argent, etc. » Reconnaissance d'enfant par Pétésé (Pap. démot., an V de Darius : Revizcour, Droit ég., 1, 102 et 229).

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