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La question de la divinité royale n’était pas d’ailleurs pur objet de spéculation théorique ou de vanité personnelle. Fils des dieux, leur image et leur incarnation, le pharaon est leur héritier *.
1 Et par conséquent il n'y a pas lieu de distinguer entre la naissance des pharaons tout-à-fait légitimes et celle des pharaons plus ou moins bâätards. La théogamie, s’accomplissant en partie double, est universelle selon la théorie de M. Morer (Royauté,
Po Abydos, Znser. dédic. 1. 54 (supra, p. 34, n. 7).
3 Livre des Morts. XNII 4; CXL, 7.
4 Ga-sen (ou awäd, ou as). — Héritier de Rà : Ptolèmée XI à Edfou (DümiIcHen, Æ. Z., 4870, p. 2, pl. I, 1. 12; Morer, Royauté, p. 10; — de Ptah : Ramsès à Ibsamboul (Naviuce, Tr. S. B. A. VII, p. 126 sq.; Moner, p. 5); — de Shou : Ptolémée XI à Edfou (RocnemonTeix, I, 68) — d'Osiris : Ramsès II à Abydos (Mamerrs, I, pl. 7., 1. 60, Moner ; p. 13), Ptolémée II à Pithom (Brucscu, Æ. Z., XXXIL, 75). Cf. supra, p. 32, n. 2.
La royauté lui échoit comme un héritage divin. Dans l’autre monde, il la revendique à ce titre :
« Donne que ce Pépi siège en vérité (md), que ce Pépi se lève en féauté (amkhi), que » ce Pépi se lève et prenne la féauté par devant toi comme Hor a pris la maison de son » père au frère de son père Sit par devant Gab {Sib) » 1.
Sur la terre, il exerce aussi la royauté de droit divin, comme héritier légitime des dieux ?. L'Égypte appartient d'abord au dieu maître du monde qui la transmet, comme un patrimoine, non seulement par tradition de fait mais par un décret formel* transcrit par Thot", au pharaon son fils.
Celui-ci donc tient des dieux, de toute éternité et pour toujours, sa couronne”, ses dignités ° et sa puissance’. Il
1 Pépi I, L. 435 ; R. Tr., VII, 166; Cf. 1. 338-341, R. Tr., NIL, p. 156.
2 Téti « maitre du trône de Gab, s’y repose, car il lui a donné son héritage, di-nef-nef udt-f (Pyr. Téti, 1.2; R. Tr., V, 3-4). Ce peut être à titre d’Osiris qu'il est dit fils de Nouït et l'héritier de Gab. Mais Pépi I et Pépi II se qualifièrent « héritier de Gab » dans leur protocole terrestre même (Pyr. Pépi I, 1. 65; Pépi IX, 1. 136 : 2. Tr., NV, 167; XII, 12). — Thotmès Ier siège « sur le trône de Gab,... quand il à pris son héritage » (Stèle de Tombos : L. D., Ill, 5 A; Preuz, Pef. ét., p. 1; Serne, Urkunden, IV, 82; Morer, Royauté, p. 11-12). — À Hatchepsou : « Amon... lui a légué en héritage le trône du » double pays, la royauté du midi et du nord; il lui à donné le circuit du Soleil, le do- » maine de Gab et de Nouït ». (Inscr. de Pount, Deïr-el-Bahari : DümicHeN, Die flotte; H. I, xx, 1. 1-6; MarieTTe, D.-el-B., pl. x; Serue, Urkunden, IV; Cnapas, £t, p. 156; Maspero, Qg. navig., B. Eg., NII, p. 83).
3 Les Égyptiens croyaient même à l'existence d’un écrit de Rà, inventaire et testament dans les formes légales, léguant son royaume à Horus puis au pharaon. Voir Hymne à Ramsès II (Erman, Æ. Z. XXX VIII, 40 ; Danessv, Catalogue Ostraca, n° 25204, p. 40, 1.9.) textes d'Edfou (de Roucé, £dfou, pl. 116, cf. 152 et 153 ; Brucsca, Thesaurus, p. 604-607). Cf. Morer, Royauté, p. 14-17).
4 &Il£a mis comme seigneur unique sur les deux terres pour gouverner l'univers » solaire : la couronne afef est posée sur ton front ; tu as pris la crosse et le fouet ; tes » inscriptions seront aussi durables que le ciel..., à Horus.…., grâce à ce que j'ai fait de » mes doigts, moi le Scribe suprême, par l’ordre de ton père, le Maître universel. » (Médinet-Habou, Pavillon, passage, mur sud : Danressy, p. 53). Cf. ci-dessus, p. 14, nJJetip lo ent”
5 Le Sphinx à Thotmès IV : « Moi, ton père, Harmakhis-Khopri-Toumou, je t'accorde la » royauté dans les 2 pays... tu en porteras la couronne blanche et la couronne rouge » sur le trône de Gabou,.. possédant la terre en sa longueur et en sa largeur. » (Stèle du Sphinx : L. D., III, 63; Brucscu, Æ. Z., 1876, p. 89 ; Maspero, À. O., II, 294). — En Ethiopie : « Depuis l’existence du ciel, depuis l'existence de la couronne royale, il (Amon), » la donne à son fils qui l'aime » ; et le roi Aspalout s’écrie à son tour : « Donne moi » la couronne en me montrant par là l'amour de ton cœur. » (Stèle de l'intronisation : Marierre, M. D., pl. IX; 4 pages, p. 11-12). — « De même qu'Horus fils d'Isis a pris la » couronne, le roi du Midi et du Nord, Ramsès a pris la couronne. » Formule du lâcher des oiseaux au couronnement (Médinet-Habou : Darxssy, A.-Æ., p. 126).
6 «Je te donne toutes dignités (aaui), fils bien-aimé. » (Amon à Ramsès II, Ibsamboul : CHampozLioN, Not., p.75.) « Tu l’établis dans ta dignité (auut) de roi du S et du N. en tant » que chef du circuit du disque solaire » (A Rà sur Thotmès I :L.D., III,1074 ; Morer, p.28).
7 «Ptah dit à son fils chéri de son flanc : … T'ayant placé comme roi pour l'éternité, » te confiant le gouvernement pour toujours... je Fai donné la dignité divine et tu gou- » vernes l'Egypte comme roi du Sud et du Nord. » (Décret de Ptah : Ibsamboul, 1. 40: et