‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 5 sur 433 · PLAN DE L'OUVRAGE VIL · texte numérisé non relu

PLAN DE L'OUVRAGE VIL

au moins similitude constante entre les principes de la morale individuelle et privée et ceux de la morale sociale. Si les uns et les autres se retrouvent également au fond de la nature humaine, ceux-ci n'ont-ils pas été formulés du moins avant ceux-là ? Mais cette similitude et cette antériorité proviennent-elles simplement d’un jeu du hasard? ou bien s’expliquent-elles par un lien de causalité, comme entre des principes généraux et une application particulière ? Ces questions PEER une réponse ou au moins une discussion.

Quel plan suivrons-nous ?

Le pharaon est le cœur de l'être collectif de l'Égypte. Si l’on rejette toute métaphore empruntée au monde organique et si l’on refuse toute réalité au corps social, disons du moins que le pharaon est le centre de toute vie sociale, économique, religieuse et morale. Cest donc par lui que doit commencer notre étude.

Or on ne saurait comprendre le rôle du pharaon, si l’on n’examine d’abord la nature qui lui était attribuée. Dès la plus haute antiquité, le pharaon apparaît comme un dieu. Quelles que soient nos idées et nos hypothèses sur les origines de la religion et des cultes égyptiens, nous constatons à travers tous les âges cette assimilation du roi aux dieux. Que la croyance aux dieux soit sortie du culte des morts, de l’animisme naturaliste, de réflexions sur la fécondité de la terre, du spectacle des phénomènes célestes ou de toute autre cause, il est certain que le spectacle de la royauté a influé sur le développement des idées religieuses. C’est à son image que l’on a conçu les dieux comme des seigneurs et des souverains, maitres d’un autre monde qu'ils gouvernent, y assignant des terres à leurs féaux, exigeant des redevances, jugeant à leurs tribunaux, finalement châtiant les crimes et récompensant le dévouement et les vertus. À leur tour, les conceptions religieuses ont réagi sur les conceptions politiques et sociales. Notre objet n’était pas de débrouiller le chaos des idées religieuses, où

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