TERREUR SACRÉE
Horus, « l’épervier du ciel du Sud, et Thot du il du Nord », il met « la flamme en contact avec les rebelles » !. Il enlève toute force à ses ennemis par la crainte qu’il leur inspire, parce qu'il est Horus et qu'Horus a définitivement écrasé les ennemis de son père dans « cette nuit du combat et du renversement des mau- » vais », qu’on appelle encore la nuit « du jugement de ceux qui » ne sont plus », ce qui signifie, suivant la glose du texte sacré, » la paralysie des forces des âmes des fils de la rébellion » ?.
C'est à ce vertige sacré, ouvrage des dieux, à cetteterreur, que les rois vainqueurs rapportent leurs succès guerriers ou diplomatiques. « Depuis qu’il est parvenu à l’adolescence, une divine pro- » tection le suit. Il réunit les forces de tous ses membres, et les » Asiatiques sont pris d’une grande crainte de lui et suc- » combent*. » Shou, Sokhmit, Amon, Ptah, Montou, Osiris ou autres, interviennent en faveur du roi, terrifient ses ennemis et les lui livrent sans défense. Entre les dieux règne une rivalité amicale qui ne dégénère jamais en querelle, et dont toujours le roi profite. Selon le poème de Pentaour, écrit à Thèbes ou pour Thèbes, c’est Amon qui donne la victoire à Ramsès IT sur les Khétas ; dans l’inscription d’Abou-Simbel, Ptah s’en attribue le mérite et se vante de « leur avoir mis au cœur de prévenir eux- » mêmes Ramsès par les hommages qu’ils lui rendent »". Cest Osiris que Ramsès IV remercie de la domination qu'il exerce”, tandis qu'Horsiatef en rend grâces à Amon‘.
Somme toute, cette protection n’est pas gratuite ; en dernière analyse, le dieu profite de ce qu'il donne autant que le roi. Sans le ton fiial, ce serait calcul.
1 Livre des Morts, LXXI, 4.