LES ENSEIGNES
que la théorie relatée par les auteurs grecs. Quoi qu'il en soit, cette théorie contient au moins une part de vérité ; plusieurs faits sont acquis et confirment les rapports établis, aux époques les plus reculées que nous atteignions, entre la guerre et le culte. Les monuments, les plus anciens comme les plus jeunes, les sculptures des temples de Philæ ou d'Edfou, sous les Ptolémées !, comme la stèle de Mourkaou?, celle d’Honitsen* fille de Khoufou, le basrelief triomphal de celui-ci au Sinaï‘, la palette de Nar-Mer’, des plaques ou autres monuments des premières dynasties®, représentent de ces sortes d’enseignes militaires surmontées d’oiseaux ou de quadrupèdes divins. Les nomes ont conservé comme armoiries et comme hiéroglyphes de leurs noms des enseignés analogues, identiques souvent aux hiéroglyphes de divinités connues. Les fondateurs de l'empire pharaonique suivaient donc à la guerre l’image du dieu, esprit, animal sacré ou {otem, de leurs nomes ou des tribus qui plus tard se sont réparties entre les nomes”. Chaque unité militaire se groupait autour de son dieu éponyme, le chacal Anubis ou Apouaïtou, l’ibis Thot, le levrier Sit ou Ach, les éperviers ou faucons Hor ou Harchéfi, les flèches Néïth, la boucle de cheveux Khonsou etc., comme plus tard l’armée de Ramsès se divisera en régiments d’Amon, de Ptah, de Phrà et de Soutekhou. À toute époque, le soldat attend de son dieu, qui combat
1 Les enseignes y sont groupées généralement par 4 ou 7.
2 Cette stèle (Louvre, C 15; Gaver, X77e dyn., pl. 54) en offre une série de 12 curieuses et variées.
3 Stèle refaite sous la xxve d., d’après l'original de la rv° (Mus. Boulaq Caire n° 82, Marierre, Album, pl. 27; Masrero, H. Or., I, 413, fig.; Guide, 1908, p. 68).