‹ Le régime sec dans les suppurations bronchiques chroniquesChapitre 10 sur 25 · LES CURES DE RÉDUCTION DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

LES CURES DE RÉDUCTION DES LIQUIDES

Les auteurs qui ont écrit sur le régime sec, ont eu la sagesse de n’émettre aucune hypothèse pathogénique ni aucune théorie, et j'imiterai sur ce point leur discrétion.

Par contre, il m'a paru intéressant de préciser la: position du régime sec dans les grands chapitres de la thérapeutique et de la diététique.

L'idée de réduire les liquides dans un but thérapeutique n'est pas nouvelle, mais n’a commencé à prendre corps qu’assez récemment. Ce sont (ŒrTEL, KARELL, puis surtout FiessisGer, [lucaar, Wipai, qui ont insisté sur la nécessité de réduire les boissons chez les cardiaques.

L'homme boit, en général, trop, et fatigue inutilement ses émonctoires (reins, poumons, peau, etc.) par une élimination exagérée de liquide ; la ration normale de l'adulte, qui paraît devoir être de 1200 à 1500 grammes de boisson, et qui peut sans inconvénient être ramenée à un litre, est très souvent et très largement dépassée.

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FiessiGer l'a très nettement mis en valeur, en thérapeutique cardio-rénale : &« Un moyÿen très simple, éerit-il, est à notre disposition pour tonifier le cœur : la réduction des liquides. C'est la diététique primordiale. Elle a pour effet de ramener la diurèse, de dissiper les œdèmes, de rendre de l’énergie aux battements cardiaques, de décongestionner le rein. Nous savons qu’une quantité de boisson atteignant un litre à un litre et demi de liquide par jour, assure une élimination suffisante, en même temps qu'il laisse reposer l'organe. Un rein se fatigue moins à excréter un litre et demi de liquide que trois ou quatre litres... Dans les cas graves, le chiffre des boissons peut être abaissé à huit cents grammes (mélange de lait et d'eau) jusqu'à apparition de la diurèse libératrice (KarELL). »

Le fait de diminuer la ration liquide chez les rénaux peut surprendre surtout lorsque ceux-ci présentent une oligurie marquée. Cependant, l'expérience clinique en montre tous les jours les bons résultats.

On a été quelque peu‘surpris, lorsque le Professeur Degré a introduit en France, à la suite des travaux de VoLxarp, le régime sec dans le traitement des néphrites infectieuses aigües de l’enfance. Il montrait qu’il n’était pas nécessaire de donner une grande quantité de liquide au petit malade, et que, au contraire, celui-ci voyait fondre ses œdèmes à vue d'œil, quand on lui imposait une réduction liquidienne sévère.

Ce serait dépasser le cadre de cette thèse que de s'étendre sur cetle méthode qui paraît être le traitement de choix des néphrites aigües de l'enfant. Mais, ici aussi, nous voyons la preuve de limportance d’une réduction hydrique au point de vue rénal.

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FMiessincer prévoyait l'importance d’une réduction liquide dans les manifestations pulmonaires chez les cardio-rénaux, et le régime sec a son importance dans le traitement de l’asthme cardiaque et de l'æœdème aigu du poumon. Il est certain que, en tout pulmonaire existe un cardiaque qui s’ignore, et soulager, voire soutenir le cœur, est toujours important chez ces malades ; mais, surtout, il ne faut pas perdre de vue que l’émonctoire pulmonaire, comme l’émonctoire rénal, est un des premiers à souffrir des irrégularités du métabolisme de l’eau : en effet, au cours de l'élimination journalière, on peut, très approximativement, établir que 1200 grammes d’eau sont émis par les urines, 800 par la peau, 590 par les poumons, 100 par les fèces. C’est dire l’activité de l’émonctoire pulmonaire, le troisième de l’économie, et les paroles de FiessiNGer, pour les reins, peuvent aussi bien s'appliquer au poumon, qui, à lui seul, élimine le quart des boissons absorbées ; aussi, ne soyons pas étonnés du rôle important que la réduction des liquides peut jouer en thérapeutique pulmonaire.

LonDE à mis en valeur l'importance de Ha surcharge hydrique et alimentaire, bien avant Sincer : « La diminution des liquides nous apparaît dans une foule de circonstances, comme curative par elle-même... Le rapport entre l'affection respiratoire et la surcharge digestive primordiale est indirect, mais évident, pour peu qu'on y regarde.» Et ailleurs, citant deux cas de bronchites guéries par le régime restreint, il écrit: « Il ne nous paraît pas douteux, par exemple, que les paroxysmes de fétidité au cours de la bronchite fétide, qu’elle soit ou non due au colibacille, sont le résultat de la surcharge d’une fonction gastro-intestinale défectueuse. » |

Le poumon et ses bronches d'une part, le rein et ses uretères d'autre part, sont situés symétriquement par

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rapport au diaphragme, et plusieurs auteurs se sont plu à relever entre ces deux pôles de l’organisme des similitudes nombreuses à toutes sortes de points de vue (PéLaDaN).

Sans insister sur ces curieuses et intéressantes spéculations, considérons seulement que, en pathologie pulmonaire (Sicer), Comme en pathologie rénale (Desré, FrssinGer), le régime sec est le traitement logique de deux émonctoires importants. |

Certes, on ne se préoccupe pas, habituellement, du fonctionnement de l'émonctoire pulmonaire, au point de vue du métabolisme de l’eau. Il est sûrement plus facile d'évaluer un bocal d’urine ou d'observer une sudation, que de rechercher la quantité d'eau émise au niveau du poumon. Cependant, quelques cliniciens se sont préoccupés, devant certaines expectorations abondantes, de poser le problème d’une suppléance pulmonaire à une insuffisance rénale.

On parvient ainsi, comme le voudrait l'Ecole Homæopatbique créée par Nesec (de Lausanne), à considérer que la bronchorrhée dépasse le cadre étroit d’une affection locale, et que les maladies chroniques émonctoriales représentent un vice d'élimination de substances toxiques et de poisons endogènes. La thérapeutique de Drainage préconisée par Nesec tend, en pratique, par une méthode phytothérapique selon les principes de l’homæopathie, à rétablir un fonctionnement normal au niveau des émonctoires, avant de procéder à un traitement actif et prolongé.

AiLenpy a montré à plusieurs reprises, l'importance de cette question, et par sa grande érudition autant que par l'originalité de son esprit, il en a tiré des conclusions extrèmement intéressantes.

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