LE 1 MÈRE
Par des moyens purement naturels, l'Ecole Naturiste, s'inspirant, au fond, des mêmes principes, cherche à parvenir aux mêmes résultats (CARTON).
Au nombre des systèmes naturistes qui ont eu leurs enthousiastes, il nous faut citer un contemporain, peutêtre même un précurseur de SINGER : C'est SCHROTH, Qui, par la cure de soif, prétendait guérir les maladies les plus incurables.
A vrai dire, Scaror. observateur remarquable et empiriste de talent, employait un régime fructo-végétarien et les pratiques naturistes habituelles {vie au grand air, exercices physiques, hydrothérapie). Son originalité était de faire observer un régime sec extrêmement sévère, coupé tous les trois ou quatre jours, d’un jour de boisson.
Cure des plus pénibles, qui provoquait des incidents fréquents, à cause de la déshydratation et de la désintoxication trop rapide, elle n’a donné de résultats, semble-t-il, qu'entre les mains de Scarora lui-même. Son application demandait un doigté infini et une surveillance constante, dont ses élèves n'ont pas été capables, quand la cure fut appliquée en grand à Lindewiese, en Silésie.
= SCHROTH N'a guère employé sa cure en thérapeutique pulmonaire, et les résultats qu’il a obtenus sontdus plus aux principes naturistes qu'il appliquait, qu'à la sévérité de la restriction liquide. Au contraire, le régime sec dans le traitement des suppurations bronchiques (SixGEr) réussit quel que soit le régime alimentaire employé.
SINGER, peut-être inspiré par les idées de ScHroTH, alors fort en vogue, employait un régime atoxique, et assez naturel; par contre, Guirreuor et Micaur y attachaient une bien moindre importance, et le Docteur BERTHOUMEAU et moi-même, nous avons employé un régime carné et abondant, autant par raison de commodité, que pour ne
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pas nous heurter à des préjugés en vogue dans notre
clientèle hospitalière, persuadée qu'il est indispensable de
se nourrir et d'accumuler des forces en pense de jours moins favorables.
Certes, les pulmonaires, comme tous les malades affaiblis, ne peuvent tirer que des avantages d’un régime végétarien et des cures naturistes, mais la cure de soif, qui les guérit, est absolument distincte des pratiques naturistes.
En premier lieu, la cure de soif doit ses résultats à la réduction des liquides qui soulage le cœur (lF1EssiNGEr), les émonctoires (Carrox), la circulation porto-cave et la petite circulation (Lonpe).
En second lieu, la restriction des liquides tend à empêcher la formation de pus. Les résultats que l'on obtient avec la cure de soif chez de grands buveurs, montre combien l’ingestion exagérée de liquide « gonfle », entretient la lésion. Ce phénomène est important et sans entrer dans des considérations pathogéniques et biologiques, qui dépasseraient l'intention de cette thèse, qui est avant tout une étude clinique, il est intéressant à connaître aussi bien en pathologie pulmonaire qu’en pathologie générale.
« Le mode d'action de la cure de soif, écrit JanBon, paraît évident. La déshydratation qui en est la conséquence, entraîne, comme corollaire, la diminution de l’imbibition des tissus, apaise l’exubérance des réactions inflammatoires, tarit les sécrétions bronchiques et le flux purulent. »
Le rôle de la seule déshydratation lui paraît si manifeste, qu'il écrit plus loin: « Lorsque l'état général est mauvais, la déshydratation n'est pas exempte de dangers. Sincer, HELLwaNx, proposent alors de remplacer la cure de soif par des injections intra-veineuses de solutions salées
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de concentrations rapidement croissantes : ils injectent 9 à 30 cc. de solutions salines hypertoniques, dont le taux croît progressivement de 1.8 à 30 %. Le mécanisme de ces injections est analogue à celui de la cure de soif. »
On conçoit done combien il est important, dans le traitement des suppurations bronchiques, d’abord, d’apaiser l’hypersécrétion, puis, d'éviter d'entretenir la lésion par une ingestion exagérée de boisson.
De même que chez les cardiaques ou les rénaux, la réduction des liquides est un moyen de dissiper les œdèmes, puis, d’en empêcher la récidive ; de même, le régime sec améliore l’hypersécrétion bronchique et peut l'empêcher de récidiver. Le régime sec ne doit donc pas être seulement employé de façon transitoire (cure de soif), mais doit être aussi un traitement prolongé (traitement hygiéno-diététique). On conçoit l'étendue et la complexité de son action ; d’une part, mécanique par la simple diminution de la masse sanguine ; d’autre part, biologique par la modification de l’état physico-chimique des tissus.
La restriction des liquides est, en somme, aussi
précieuse en thérapeutique pulmonaire qu’elle l’est en thérapeutique cardiaque ou rénale.
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